‹ Traité de physique industrielle, production et utilisation de la chaleur (volume 2)Chapitre 170 sur 182 · PROCÉDÉS D'APPLICATION · texte numérisé non relu

PROCÉDÉS D'APPLICATION

La ventilation et le chauffage des enceintes habitées constituent deux opérations, en général simultanées, mais qui doivent être nettement distinctes. L^intensité de chacune d'elles doit pouvoir être modifiée séparément. La ventilation, en effet, varie suivant Taffectation des salles et le nombre des occupants ; le chauffage dépend de la température extérieure.

Dans tous les cas, lorsqu'on veut chauffer une enceinte, il convient de pouvoir augmenter ou diminuer à volonté la quantité de chaleur émise dans ce local, sans troubler ni modifier les conditions de la ventilation (1189).

De plus, il est important de ne pas perdre de vue que Tair de ventilation doit être très peu chauffé. Au point de vue de la santé et du bien-être, la majorité des hygiénistes est d'accord sur ce point qu'il est préférable à tous ^ards de respirer de l'air aussi frais que possible.

Chacun a pu constater que l'air porté à une température trop élevée perd, en partie, ses propriétés hygiéniques. En général il a une certaine odeur, il dessèche la gorge, il est désagréable à respirer et fatigue les poumons.

En pratique, la température de l'air de ventilation doit, de préférence, rester un peu inférieure à celle qu'on veut maintenir dans l'enceinte desservie.

Il résulte de cette exigence qu'il faut bien se garder, comme cela se fait trop souvent, de se servir de l'air de ventilation

pour transporter les calories destinées à compenser les pertes de chaleur par les parois des enceintes. En effet, à moins d'exar gérer la ventilation, il faudrait alors élever la température de Tair d'autant plus que le froid est plus intense.

Quand on chauffe une salle par émission d'air chauffé, ce fluide est porté à une température qui dépasse parfois 5o* et même 60*", afin de réduire les dépenses de chauffage. Cet air chaud monte directement au plafond.

Le même mouvement ascensionnel se produit lorsqu'on installe un appareil de chauffage au milieu d'une enceinte. L'air s'échauffe au contact des parois de l'appareil et s'élève vers le plafond en conservant les calories qu'il a emmagasinées. Si on

Fig. 788r

Fig. 789.

dispose alors les bouches d'évacuation près du plafond (fig. 788), toute cette chaleur sera perdue pour le chauffage. Afin d'éviter une dépense exagérée de combustible, résultant de cette mauvaise utilisation, on est conduit à disposer les bouches d'évacuation près du sol. L'air chaud accumulé au plafond redescend à mesure qu'il se refroidit au contact des parois froides. Il se produit donc, à la surface de ces dernières, des courants descensionnels d*autant plus intenses que les causes de refroidissement sont plus importantes et plus actives. C'est ainsi que, dans les temps froids, le séjour près d'une baie vitrée, même calfeutrée avec le plus grand soin, est absolument intolérable au bout de peu de temps.

Fig. 790.

L'emploi des bouches d'évacuation basses permet de réaliser une économie sur la dépense de combustible (cette dépense reste cependant toujours supérieure à celle qu'exige un système

de chauffage rationnellement établi), mais par contre on rend la ventilation défectueuse. L'air, dans la zone habitée, est alors mélangé avec les gaz viciés produits par la respiration et par le fonctionnement des appareils d'éclairage.

Quand on supprime la ventilation dans le chauffage, pendant la nonoccupation des locaux, Tair, dans son mouvement, suit le chemin indiqué par les flèches (fig. 790). On constate le long des parois froides les mêmes courants d'air que dans le cas de la figure 789.

Il est cependant possible de chauffer rationnellement une salle par émission d'air chaud. Il faut alors avoir la précaution de séparer et de chauffer à des températures différentes lair destiné à la respiration et celui qu'on veut employer au chauffage.

L'air de ventilation, très peu chauffé, est émis aussi près que possible des personnes, afin qu'il puisse être respiré avant d'avoir subi aucune violation. L'air de chauffage porté à une température suffisamment élevée est émis au bas des parois refroidissantes de l'enceinte ; il monte le long de ces parois et compense leur refroidissement; dans la zone supérieure, il rencontre l'air vicié par les occupants et le mélange s'échappe par les bouches d'évacuation réservées près du plafond.

Pour qu un même appareil puisse fournir de l'air à des températures variées, on dispose les gaines de prise d'air et les conduits de chaleur de façon à permettre de faire des mélanges d'air chaud et d'air froid en proportions variables, et d'obtenir la température convenable.

M. Somasco a réalisé dans sa maison de Creil un emploi rationnel de l'air chaud, ' en le faisant circuler entre des murs doubles pour annihiler l'effet du refroidissement extérieur.

Cette solution n'est pas toujours applicable; par exemple, lorsqu'on se trouve en présence d'édifices déjà construits. Même dans des constructions neuves, il n'est pas toujours possible d'accepter l'établissement de murs creux.

M. le professeur Emile Trélat propose alors d'émettre directement dans les salles, pendant la période de non-occupation, de l'air porté à une haute température, afin de chauffer fortement les murs et le mobilier.

Dès l'arrivée des occupants, on cesse le chauffage et les murs dépensent au profit de la salle la chaleur qu'il ont emmagasinée ; l'air de ventilation peut être modérément chauffé dans un appareil spécial ou même introduit froid par des vitres perforées. Cette solution a été appliquée à l'Asile municipal de Villers-Cotterets.

Dans beaucoup de cas, on dispose, comme nous l'avons indiqué, des surfaces rayonnantes au bas des murs froids. De plus, on garnit la base des murs, sur tout leur pourtour, d'un cordon ou ruban de chaleur, de manière à compenser en chaque point les pertes par les parois. Cette disposition a permis d'obtenir des résultats très satisfaisants et fort appréciés.

Nous allons rappeler brièvement les dispositions qui sont le plus souvent préférées et qu'on retrouvera, en général, dans les exemples d'installation que nous donnons plus loin.

— Pour les locaux collectifs, tels que salles de parlement, salles de théâtre, amphithéâtres, etc.

Introduction d'air pur par pulsion au travers de bouches nombreuses réparties sur toute la surface occupée et percées d'une infinité d'orifices de très petite section, le dit air introduit seulement à une température de i8 à 20 degrés en hiver et rafraîchi en été ;

Absence de tout chauffage direct des locaux occupés, sauf pour les murs et parois exposés au refroidissement extérieur;

Neutralisation de la salle proprement dite, aux points de vue du refroidissement et des courants d'air descensionnels, par le chauffage des couloirs et des parties enveloppantes ;

Evacuation de l'air vicié par le haut.

— Pour les salles d'hôpitaux spécialement : Disposition de chauffage et de ventilation permettant Tou-

verture des orifices d'aération naturelle aussi souvent que possible.

Surfaces chauffantes longeant le bas des parois froides et présentant un développement proportionné à l'importance du refroidissement ;

Introduction d'air par des vitres perforées en contrehaut des batteries chauffantes;

Évacuation d'air vicié par le plafond. Pour le cas particulier de maladies où on redoute les entrées d'air froid au voisinage des malades et l'puverture des fenêtres, on peut utilement recourir au procédé de pulsion mécanique.

— Pour les salles de classe, d'études et autres locaux scolaires :

Chauffage au moyen de surfaces directes longeant le bas des parois refroidissantes.

Entrée d'air neuf par des vitres perforées doublées de vasistas pleins et mobiles, permettant de régler l'introduction ;

Évacuation de l'air vicié par des gaines verticales ascendantes et partant du plafond des salles.

— En général, pour toutes espèces de locaux : Installation des appareils de chauffage de manière à combattre

le refroidissement des parois extérieures et à empêcher à leur contact, la production de courants descendants froids et viciés. Dans les grands vaisseaux, comme églises, etc. : Emission de chaleur sur les bas côtés exclusivement.

— En ce qui concerne la ventilation des laboratoires et des ateliers où se dégagent des vapeurs nuisibles ou des poussières :

Ventilation par aspiration à l'aide de procédés mécaniques, pour éviter la dissémination de ces vapeurs et poussières ainsi que pour produire le plus vite et le plus énergiquement possible leur évacuation.

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