‹ Traité de physique industrielle, production et utilisation de la chaleur (volume 2)Chapitre 59 sur 182 · ACCIDENTS DES CHAUDIÈRES · texte numérisé non relu

ACCIDENTS DES CHAUDIÈRES

908. Les fuites sont les accidents les plus fréquents qui se produisent dans les chaudières. Il faut y remédier dès qu'on s*aperçoil de leur existence. Pourtant, quand elles sont légères et ne compromettent pas le service, on peut, à la rigueur, remettre leur réparation au premier arrêt de la chaudière, si celui-ci doit avoir lieu à bref délai.

Quand la fuite est abondante, elle peut devenir gênante et empêcher la chaudière de fonctionner. Si, par exemple, elle se manifeste au-dessus du foyer, comme c'est souvent le cas, elle éteint les feux. Il suffît d'ailleurs d'une section de fuite relativement faible pour donner passage à des volumes considérables d'eau et de vapeur et produire des brûlures et des asphyxies. La rupture d'une clé de robinet, d'un levier de soupape de sûreté, ont suffi quelquefois pour causer les plus graves accidents.

Supposons qu'il se produise brusquement, au-dessous du niveau de l'eau d'une chaudière, une ouverture de 10 centimètres carrés de section (o™,o35 de diamètre environ) ; si la pression effective est de 5 kilogrammes par centimètre carré, la vitesse d'écoulement de l'eau sera :

v=z\/ 19,62 X iox5 = 3i",32

et, en ne tenant pas compte de la contraction de la veine liquide, le poids écoulé par 1" sera

^r=o,ooi X 3i,32 X 1000 = 31,32 kilog.

La température de celte eau tombant de iSS"* à loo"", il y aura mise en liberté de 1816 calories (3i,32x58) qui produiront 3"*,38 de vapeur à loo® en i", soit environ 2o3 kilogr. en 1'. Le volume de cette vapeur serait de 338 mètres cubes.

Il est bien peu de chambres de chaudières ayant 100 mètres cubes de capacité ; le plus souvent elles sont étroites et resserrées, surtout dans les bateaux, et les effets désastreux, asphyxie, brûlures, etc., que nous venons d'indiquer, seraient d'autant plus rapidement produits que la chambre serait de dimensions plus restreintes.

Si une ouverture de cette dimension se produisait au-dessus du niveau de Teau dans la chaudière, les effets seraient à peu près les mêmes.

Le poids de vapeur que laisserait écouler par seconde un orifice de 10 cmq serait, en négligeant la contraction (i7o),

Ce sejrait un peu plus du tiers de celui que nous venons de calculer dans l'hypothèse que l'ouverture est faite au*dessous du niveau de l'eau, et cette quantité suffirait pour produire en trois minutes les mêmes effets de brûlure et d'asphyxie. La rupture d*un levier de soupape d'une chaudière de bateau a occasionné un tel dégagement de vapeur dans la chambre de la machine qu'elle a causé la mort des personnes qui s'y trouvaient.

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