APPAREILS DE DISTILLATION A EFFETS MULTIPLES
936- La chaleur absorbée par le bouilleur d'un alambic pour produire la vaporisation de Veau à distiller passe dans Teau du condenseur et, en général, se trouve complètement perdue. On peut utiliser une partie de cette chaleur en alimentant le bouilleur avec Teau chaude qui sort du condenseur. Mais, comme la chaleur latente de vaporisation rendue libre par la condensation d'un kilogramme de vapeur à loo degrés est de 537 calories, et qu'un même poids d*eau chauffé à cette température absorbera au maximum 100 calories, on voit qu'on perdra encore plus des quatre cinquièmes de la chaleur dépensée.
Nous allons décrire un dispositif ayant pour but d'utiliser cette chaleur à produire Tébullition d'une nouvelle quantité de liquide dont les vapeurs seront employées à leur tour de la même manière. Cette opération, qui pourrait théoriquement se répéter un nombre indéfini de fois, est en pratique très rapidement limitée par suite des pertes de chaleur à travers les parois des appareils, de la température que conserve le liquide condensé et de la différence de température qu'il est nécessaire d'établir entre les différentes chaudières successives.
Pour qu'il y ait pratiquement transport de la chaleur d'un appareil au suivant, il faut qu'il existe entre ces deux appareils une certaine chute de température, c'est-à-dire que l'ébuUition dans ce dernier se produise à une température moins élevée que dans le précédent, ce qui ne peut arriver que si la pression va en baissant quand on passe de l'un à l'autre.
Voici comment cette condition se trouve réalisée en pratique.
L'appareil (fig. 5 18) se compose d'une première chaudière C chauffée soit directement à feu nu, soit par la vapeur provenant Sbr. il — 20
d'un générateur ou de l'échappement d'une machine; à la suite vient une série d'autres chaudières AA'A'A" renfermant chacune un serpentin H en communication avec la chaudière précédente, et débouchant dans des réservoirs fermés BB'B'B". La dernière
chaudière A" communique avec l'atmosphère et contient m liquide Froid condensant les vapeurs qui arrivent dans le dernier serpentin. Le liquide à distiller est amené par la conduite OD' communiquant avec les chaudières par des tuyaux munis de robinets bb'b"b"'.
Quand on chauffe avec de la vapeur d'échappement, il esl nécessaire de faire le vide dans l'appareil au commencement de l'opération ; on envoie ensuite la vapeur dans C, et l'échelle des pressions s'établit d'elle-même. On peut faire le vide, soit avec une pompe à air en communication avec chacune des capacités, soit en remplissant celles-ci de vapeur que condense ensuite le liquide froid k traiter, lorsqu'on l'introduit dans les chaudières.
Quel que soit le procédé employé, on ouvre d'abord les robinets aa'a'à" permettant d'établir la communication entre les chaudières et la conduite ËE' qui correspond soit à la pompe, soit à l'arrivée de vapeur. Lorsque le vide est opéré ou que les chaudières sont remplies de vapeur, on ferme naVa' et on ouvre les robinets bh'b'b" par lesquels arrive le liquide à dis-
tiller; on les ferme successivement à mesure que les chaudières sont suffisamment remplies.
L'alimentation des chaudières peut s'effectuer en marche, mais pour vider les vases BB'B^'B'^ il faut ou rétablir la pression atmosphérique dans chacun d'eux ou les mettre en communication avec d'autres vases dans lesquels on fait le vide.