COMBUSTIBLES AGGLOMÉRÉS
Les menus de houille, de coke et de charbon sont en général d'un emploi difficile. Ils ne tiennent pas sur les grilles, passent à travers et tombent avec les cendres dans le cendrier ; l'air ne les traverse qu'avec un fort tirage, et une partie est entraînée avec le courant.
Pour mieux les utiliser on les agglomère de manière à former des espèces de briquettes qui sont employées comme de la gailleterie.
46. Briquettes de houiUe. — Pour cette agglomération, il suffit quelquefois, avec les charbons gras, d'une forte compression et d'une température élevée. Pour les charbons maigres on est obligé de recourir à un agglutinant spécial qui est quelquefois de l'argile, le plus souvent du goudron ou du brai.
L'argile ne donne aux briquettes qu'une faible ténacité et augmente naturellement les cendres de toute la proportion d'argile ajoutée, soit i5 à 20 p. 100 au moins. On n'obtient par son emploi que des combustibles inférieurs.
Le goudron, ou mieux le brai, qui sont des combustibles très riches, conviennent beaucoup mieux.
Le brai sec est du goudron de houille concentré jusqu'à 280* ou 3oo'' et dont on a extrait par distillation 35 à 4op. 100 de ma-
lières volatiles. Il devient mou et pâteux vers 80** à loo**, mais ne fond pas. Il peut se broyer à froid.
Le brai gras a été produit à 200® et on a retiré du goudron seulement 20 à 25 p. 100 de matières volatiles. Il se ramollit au soleil et devient fluide bien avant 1 00^.
Le brai sec convient mieux et donne des briquettes plus compactes. On le broie et on le mélange intimement dans un malaxeur avec le charbon lavé dans la proportion de 8 p. 100 environ. Il est en même temps ramolli à 80 ou 100* par de la vapeur surchauffée. Le mélange arrive ensuite dans les moules d'un appareil compresseur, actionné par une presse hydraulique ou autrement. On obtient ainsi des briquettes dures, sonores, homogènes, peu hygrométriques et à peu près dépourvues d'odeur. A 6o* elles ne se ramollissent pas. Bien préparées, elles ne doivent pas renfermer plus de 7 p. 100 de cendres.
Dans ces conditions elles font un excellent service et peuvent être comparées à la bonne gailleterie. Leur puissance calorifique est à peu près la même et leur prix n'est pas très inférieur. La densité moyenne est de 1,20.
Les briquettes présentent l'avantage de pouvoir se ranger régulièrement de manière à bien utiliser la place, dans les chantiers et les soutes de navires.
47. Charbon de Paris. — Le charbon connu sous le nom de charbon de Paris, et employé dans beaucoup de ménages de Paris, est un combustible artificiel produit par l'agglomération de débris charbonneux de toute nature avec du goudron ou du brai. Les débris charbonneux sont du poussier de charbon de bois ou de tourbe, des résidus de fonds de bateaux ou de magasins, du tan épuisé, des brindilles de bois, du poussier de coke, etc.
Ces résidus sont pulvérisés et broyés ensemble en proportion convenable, mélangés avec l'agglutinant, goudron ou brai, de manière à former une pâte homogène qu'on moule sous forme de cylindres. On fait sécher à l'air, puis on carbonise dans des
caisses en tôle placées dans des fours à mouffles pendant douze heures. On retire les caisses qu'on lute pour arrêter la carbonisation et produire Vétouffage.
La combustion du charbon de Paris est très lente à cause de la grande quantité de cendres qu'il renferme, ce qui est avantageux pour Tusage des cuisines.
La puissance calorifique dépend de la proportion de cendres. Elle est à peu près égale à celle du charbon pur contenu.