MANIÈRE DE TENIR
l’état des organes recouverts seulement par les parois des cavités et par le tégument, sans augmenter encore cette difficulté par l’interposition de tissus épais, contenant de l'air, et qui pourraient compromettre la certitude des résultats obtenus. Une chemise très-empesée, sur laquelle on percute , donne des sensations sclérosiques, qui, pour des personnes inattentives, pourraient faire croire à la présence d’indurations profondes. Toutefois, dans certaines circonstances, alors surtout que l’on a affaire à des malades très-méticuleux et très-exigeants, si l’on ne se sent pas assez d'autorité pour leur imposer à propos sa propre volonté, on peut se croire obligé de percuter avec la médiation d’une robe, d’une flanelle plus ou moins épaisses. Alors, 1l faut déprimer très-énergiquement les tissus interposés avec le plessimètre, tenu de la main gauche. .
235. On parvient ainsi, jusqu’à un certain point, à apprécier, par la percussion profonde, l’état des organes situés à distance; mais, il faut le dire et le répéter, une semblable manière d'agir est tout à fait inférieure au plessimétrisme pratiqué sur la plaque d'ivoire mise en contact direct avec la peau.
236. Il peut se faire encore que, par un scrupule exagéré, par un sentiment de pudeur très-mal entendu , on se refuse à ce que le plessimètre soit appliqué à nu sur le tégument. Alors, on recouvre la peau avec une toile souple, dont le mince tissu, ne gênant en rien les résultats de la médio-percussion, reçoit les dessins et les mesures que l’organographisme trace (1). L’inconvénient réel de l’interposition d’une pièce de linge, entre le plessimètre et le tégument, est que ce linge, s’il n’est pas très-bien fixé par des aides, se déplace facilement, et que les mesures qui sont indiquées sur lui cessent alors d’être exactes. Pour éviter qu'il en soit ainsi, on peut se servir d’une plaque de diachylum appliquée sur la peau, et qui, n’étant pas mobile, reçoit parfaitement les marques de crayon que l’on juge utile de faire. Jai cherché à me
(1) Je n'ai fait ces dernières recherches qu’à l’occasion d'une dénonciation en règle, qui fut faite en plein conseil des hôpitaux, sur le peu de décence des médecins qui, disait-on, en explorant les femmes mettaient leur peau à découvert. Orfila releva, comme il convenait, cette impertinente accusation ; seulement, comme il n’est pas commun de rencontrer un homme énergique et juste comme Orfila, j'ai eu souvent recours, dans mes leçons cliniques faites dans les salles de femmes et chez des gens du monde dont la pruderie l’exigeait, au linge intermédiaire dont il vient d’être parlé, et je crois que dans plus d’un cas les autres médecins feront bien de m'imiter en cela.