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I. EMPLOI D'UNE SOURCE DE LUMIÈRE BLANCHE

68. Généralités. — Dès ses premières recherches, Biot reconnut que le pouvoir rotatoire d'une substance active augmente lorsqu'on diminue la longueur d'onde de la lumière employée [142]; plus tard, il constata que la loi de dispersion n'était pas exactement la même pour toutes les substances [143], et il découvrit également les anomalies présentées par les solutions d'acide tartrique, qui peuvent produire des rotations plus grandes dans le vert que dans le violet [144] ; aussi insistait-il constamment sur la nécessité de toujours joindre aux mesurés de- rotation des mesures de dispersion rotatoire [145]. Mais la complexité des mesures de dispersion rotatoire, opposée à la simplicité obtenue pour les mesures polarimétriques en prenant comme source la flamme jaune du sodium, a fait longtemps méconnaître la valeur des conseils de Biot ; de nombreuses études ont été faites avec cette seule lumière monochromatique, qui n'ont pu conduire à aucune conclusion, alors que des mesures de dispersion auraient été sans doute susceptibles d'une interprétation simple.

Le procédé le plus simple pour l'étude de la dispersion rotatoire d'un corps est d'éclairer successivement le polarimètre avec différentes sources de lumière monochromatique, dont les longueurs d'onde soient convenablement réparties dans le spectre. Nous verrons dans la seconde partie de ce chapitre quelles sont les sources les plus utilisées; en particulier V emploi de Varc au mercure avec un monochromateur est aujourd'hui aussi commode, et même plus commode que l'emploi de la flamme de sodium : aussi les mesures de dispersion rotatoire ont-elles repris dans les laboratoires de Chimie l'importance qu'elles auraient dû toujours avoir.

Pour la plupart des corps, la mesure de la rotation pour les quelques raies que peut fournir l'arc au mercure suffit à tracer avec assez d'exactitude la courbe de dispersion rotatoire; pour d'autres, au contraire, il est indispensable de connaître un plus grand nombre de points de cette courbe; enfin, il existe des cas où elle présente des anomalies telles que l'ensemble des points que peuvent fournir les sources monochromatiques, en nombre assez limité, utilisables à la technique .polarimétrique, est nettement insuffisant à la déterminer. Il est alors nécessaire de pouvoir faire varier de

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