I . T. I, p. 93 et suiv
5i4 TRAirp DE ppf^TJQUE.
}\ n'e^t pas une dps forniff)^ prppqsée^ dout i} yiei}t d'être question, qj^i n^}\ éléexpérjnippréee| qui ne ^ soit troiiyé^ in^uffisaule. p||p$ cpiic)uen| toutes uniformément à une pégaUon du but et des tendances ç|e la civilisation poderpe. Elles sont foufes, pour pops fils dq christianisme, fussionsppil^ mépfie (|es incréflujes achevés, également ipauyais^s, également inacceptables. C'est qu'on n'invente pas une religjpn, cotpme on trouve une vérité scientifique. C'est que sur certaines questions et particulièrement sur celle^ du premier rang, il y a des Cornes à Te^prit ^luipaip. Sauf le n)(^tériî)lisme quj n'est fm'upe négaljpn, je ne connais pas une philosophie qui ne soit 1^ reproduction plus ou moins exacte, plqs pp pioips parpelle, d'une fprmple religieiise qui a existé. )p laisse ces réflexjons aux médita tjops dq lecteur.
ypilà cependant pe qui en a ipippsé ^ pu certain public; voilà ce qui Uii a fait croire, avaut toute étude et tout examen il ^s^ vrai, que le christianisjije pouvait être rpniplacé, qp'il avait fait sop tenips, qu'il était épuisé!
283. Parpij les acjyersaires (Jp pl|ri^|;î^pisme, il ^st ur|e catégorie de peppeprs, quj yeulept ren^placer la religion p^r la phj|psop|]ie. \m questipu est de savoir si la chose est possible. Il y a dfjà eu une expérience faite et elle a conclu pour la négative.
P^ )^$V0L]JTIpi\. 5^5
D^ps U période Instoriqfi^ qpi forqie la fransjtjon eatre le pagaqismp et Iç cbrîstiaqismey c'est-àdii'e dans up espace dp temps qqi ^ dure plu^ief^rs siècles, |£( p]iilosophjp a régpé en souvera^np sur ui^e grande partie de la société ep décacjepce. }| p*y avaî^ plus que la plèbe qui crù^ ^}ix dieux ^ncipps. Les pjassps écjairées n'ayaipfit que des croyances philosophiques. Les époles étaient nombreuses. On pouvait cjîoisir entpe Platon et Aristolp, entiie Pyrr|^Qn et Épiciirp, eptre Diogène et Zenon, entre Pythagore etl^^^nès^ etepBp 4âns la multitude des syncrétismes. Ai|cune de ces jépoles ne fut privée des avantages que Ton considère comme la garantie (|u si^ccès dans rQr4r^ 4^ ^'^P pl du vrai; elles jouiren): égalemeq}: de la jil^erté de di^cussipp et d'en3eignp|ii|ent; quelqijes-upps même furent sigpajpes à j'^tteption publiqije p^r des persécutions qui pe furepf, il estvf^ai» que t^n^poraires ; quelques autres eurenj; ^ussi passagèrement Tappui de Fautorité, et cependant aucune ne l'emporta décidément sur Ijbs autres^ ^ucupe pe ^fsparut, mais il n'en fut pas une. qui ne se divisât en plusieurs sectes, pas i^ne qui pe se n[f odifiàt comme poi^r s'accommoder aq ^^mps. En général on jurait pu juger de la valeur ipfellectuejle et morale des hoippes par j'école qu'ils avaient adoptée. Ce qui est remarquable, c'est que les maîtres que nous considérons aujourd'hui
3i« TRAITÉ DE POLITIQUE.
comme supérieurs à tous les autres, Platon et Aristote^ furent précisément ceux qui eurent le moins de disciples. Le grand nombre ou les masses, comme on dirait maintenant ^ suivaient Épicure. La doctrine de Zenon jouit aussi , à diverses époques I d'une grande autorité et même à peu près constamment, parait-il, d'une sorte de faveur populaire. Elle dut cette autorité passagère à la protection des princes qui voulaient opposer la sévérité du stoïcisme au relâchement excessif des mœurs. Elle permettait cette divinisation des empereurs qui était alors un principe de gouvernement. Elle se prétait enfin aux pratiques superstitieuses qui caractérisèrent la fin du paganisme. La philosophie, en effet, n'avait pas détruit la superstition; avec la prétention de tout expliquer, elle laissait subsister ce sentiment profond de Tinconnu et du mystère, cette douloureuse incertitude de l'avenir qui pèsent de tout temps si fortement sur les hommes, et que les religions, si inférieures qu'elles soient, ont au moins le mérite de satisfaire, de régler et de discipliner. L'empereur Julien, qui était en même temps un philosophe et un grand homme, fut un des personnages les plus superstitieux de son temps. Ne nous étonnons pas trop de cette contradiction. N'avons-nous pas eu sous les yeux dans le dernier siècle et ne voyons-nous pas encore aujourd'hui
LA RÉVOLUTION. î$17
le spectacle d'un scepticisme extrême,» d'une prétention de tout expliquer, en même temps que d'une crédulité sans limites?
Evidemment, dans la période dont il vient d'être question, la philosophie se montra impuissante à remplacer la religion, même la religion païenne. Elle n'empêcha pas la décadence de la société. Elle en fut au contraire un des symptômes.
Une expérience pareille à celle dont je viens de parler, une expérience aussi longue, serait^ en tout autre sujet, considérée comme suffisante; on se garderait de la recommencer. Mais, en philosophie, Texpérience ne suffit pas; il Tant encore le raisonnement.
Je ne reviendrai pas sur ce qui a été dit précédemment sur cette question ^ Ilestbien évidentque les masses n'auront jamais le loisir de se choisir une philosophie, de passer par les études, par les hésitations, les doutes^ les discussions qui nécessairement doivent précéder un tel choix et dont la conclusion ordinaire est le scepticisme. Les masses ont besoin de croire tout de suite et dès l'enfance, parce qu'elles ont besoin d'agir tout de suite et dès renfance. Il leur Tant une loi et une foi sur la naturedes actions, et non des probabilités et des doutes. Bien plus, ces masses sont déjà en mouvement
i. T. I, p, i48et suiv.
»ié TRAltÉ DE tbiinQUE.
ou eil action ; elles marchent vers un but ; elles ont litte valeur ttibràle qu*on hè fieut nier même èb contestant leur valeur ititellectuèllè. Elles portent en feUeé, coitihie fc'est le propre de ttiiit hbbiitie, la contradiction <\u\ estrôccâsidh du liBre arbitre, là contradiction entré leurs cbntictiobs morales et leurs [fassions, entre leurs devoirs et leurs appétits bu leurs ititërêt^ ëgdtstes, entre Id raisbh et le^ iMpulsions iiisUnctivës.
Nous sâvobsd'bti viëilneht ces dispoâitibnâ fcon- Irairesqdi sont, je le rëjjète^ Urife des cbnditibris de hotrë libi^è arbitre. Les iristinct^; les {)assioDS, les dp|iëtits hobs Viehbënl de ribtrë b&tbi*é rirgkiiique; ils nous sont à un certain degt*é commiibs avec les àniinàiix^ mais les bofaiiclibbs ttlorâles, le ientîhiebt db devbîr, le^ luttllèreà de Jk hàlsoii, riôus lés deioii^ à Tëducatibn. t'est là ub fait ihébnte^table et pâKallehierit dëmobtrë. N*e^t-il pas d'expëi-iérice 'que les honimes, p^t nialhebr privés d'édlicàlibn, h'ont bl bonvicHobs morales, ni seritbbént du dévoir ! N'ëst-il pis encore d'expérience qlie ces liotionS se ttibdlfiëilt selon le progrès^ c'est à-diré subissëbt tbbs les chàhgemebts ^ueleiir apporté rëducatibri? Lesphilosophéë qiii soutiénbébt avec le pluà d'énergie que les Idéèà dé bleh; de irdl; dé bèàb, dé jbste, sôbt innées, rébôntlàtssent eux-mêmes que ces idées ne nous apparaissent pas et ne s'imposent pas à notre cbtlsfcierice tiéttëment
LÀ RÉVOLtlTlbN. • 5i9
et clairement comme les instincts et les appétits, mais ne nous viennent que par réflexion, en sorte que là jeutîésse ëtles inaâses, qui ne réflécliissent gtière, les reçoivent de réducatîori.
D'ailleurs^ tout en supposant ces idées ihiiées, encore faut-il les détinir; encore laut-it dire quelles choses ou quelles actions sontl3onbésy vraies, belles, jusies, etc. C'esl encore réducâtibri qui donné CCS définitions à tout le monde.
Jusqu'à ce jour, fc'esl là religion qiii s'est chargée de cet enseignement et qui, déplus, nous à donné la sanction qui lé rend obligatoire. îl iaut coriveliir qu'elle h'à pas trop nâàl àbcompll sa tâche, pui^qu'enfih, grâce à celle éducation^ Thumaiiilé lest arrivée du point inFérieur d'où elle est partie à celui où nous sbihmés mdihteriarit.
Ce|3endàrit si ndiis voujons reiiiplacer la religion par dhe vraie et complète liberté philôsbphicjué, il faut changer tout cela. Jb dis filUâ, Il falit renoncer à réducation.
Je me sers des mois liberté philosophique aBh de faire bien comprendre qu'il ne s'agit fias, en ce nioment, du cas où on reiri placerait la religion par l'eriseignemehl d'iihe doctrine J3articùliêre spécialement déterminée et choisie par les J}ôUvoirs publics, protégée par eux à l'èhcohîre de toUtë autre, ce (jui serait tout siitiplënient, cbhniie je l'ai dit précédeihtiienl, tehler la sùbslitulion d'uhe
590 TRAITÉ DE POUTIQUE.
religion officielle à une autre qui ne l'est pas. Je veux exprimer par ces mots ce qu'aujourd'hui tout le monde entend, je crois, par philosophie, c'est-à-dire le libre choix d'une opinion sur Dieu, sur la nature, sur l'homme, sur ses devoirs, en un mot sur la morale. Or, si c'est bien là ce qu'on entend, on ne peut laisser subsister l'éducation ; car elle exercerait inévitablement une influence prépondérante sur le choix des opinions; elle serait la source de préjugés qui altéreraient certainement la liberté du choix. On ne devrait pas même permettre à un père d'enseigner à ses enrants sa propre philosophie, puisque par là il pèserait sur leur avenir intellectuel et il en disposerait. Dans ce but du libre choix, il est même fâcheux qu'on ne puisse s'abstenir d'enseigner une langue aux enfants ; car le langage est une méthode rationnelle et morale qui malgré tout régit la pensée. Il y a des doctrines philosophiques qui sont incessamment contredites par cette inévitable méthode : le panthéisme par exemple.
Évidemment la réalisation d'un tel projet concluerait à l'absurde. Interrompre l'éducation, c'est interrompre l'action sociale, c'est ôter à la société son but, c'est-à-dire son principe d'existence. Bien plus, c'est multiplier les opinions contradictoires sur les principes les plus nécessaires, de manière à rendre toute entente entre les hommes et toute
LA RÉVOLUTION, 5«i
société impossibles. Si Tespèce humaine était con-^ duite un jour à cette situation, elle y renoncerait bien vite en maudissant ses imprudents conseillers. Il est clair que les penseurs qui demandent à remplacer la religion par le libre choix philosophique, ne se sont pas occupés des moyens, ni des conséquences; ils ne les ont pas vus; ils ont parlé et enseigné sans plus réfléchir, ce qui est mal de la part de philosophes.
Laissons cette hypothèse inacceptable; prenonsen une autre. Supposons que l'éducation première reste telle qu'elle est; mais que toute la jeunesse arrivée à Tâge où l'on commence à comprendre, soit obligée à suivre un enseignement purement philosophique. Fait de telle sorte que les élèves puissent jouir d'une parfaite liberté dans le choix d'une philosophie. Qu'arriverait-il alors? quel serait le résultat? 11 serait Tort à craindre que la plupart des élèves, par paresse ou par ennui, restassent indifférents ; mais supposons encore qu'on s'arrange de telle sorte qu'ils mettent un certain zèle à ce genre d'études, il resterait très-probable ou à peu près certain que la majorité irait du côté de la philosophie la plus simple, la plus courte, la plus facile à comprendre, la plus appropriée aux passions de la jeunesse.
lies doctrines spiritualistes et idéalistes exigent une grande attention et un ceiiain effort d'espriL
822 TRAitÊ JDÎE tbitliQUE.
Les démonstrations ne sont pas toujours Tacile^ à saisir. Il eh est même de tellement obscures, que des libihmés qui fbht prdressioti de philosophie, ne soht pas bien sùvi de les comprendre. En tout cas, la plupart ne ^oht possibles qii'à Tàide dé la métaphysique^ c'est-à-dire d'iid ràisotiuetiieiit plus abstrait (jiie celui des tnathémàtiqùes mêmes. D'âilleiirs les bonclusibHs morales dU spiHtiiàlisrae, l'idéalisme panthéisti^iiè excepté; sont sévères et peu ftivorables aux passibhs. Au cbtitraire; les doctrines tensuâlistes du màtéHàlistes sbtît peu exigeantes soUs ce derillèr rapport; mais dé ^lus elles sbnl três-claires et três-^ihlples. Les dénlonstratioiis y toriibeiU eri (Jtielqûe sorte sous les sériel 11 he failt aucun elTort d esprit pbur éh côrtiprehdrè \'À ^llis grande partie. On y arrivé feu r^iiélque sorte d'emblée. Si nos éclecti(]ues moderrïes ont tàiit dé (ieine à déraciner le sen^iialisUie^ c'est qU'il faut tt-availler et t'éfléchir pour les (Comprendre, tandis qu'il ne faut aubUn effôi-t pbllr sulvt*é le raisbbbbmetlt des illatérialistes. Qu'y a-t-il en eJTet de plus siinple que cëfci : Le monde n'est qu'urie combinaison d'atomes biatériels, Il n'y a pas de Dieu, pas de libre arbitre; pas d'IrtUnortalilé; Thotrime n'a d'autre Ibi qiié ses passions et son irilérét? Qii'y a-t-il de plus tentant pour l'égoïsitie que les cbnséqùeiifees pratiques qu'bh peut tlrfer de ces priiid|ié^? En
LA kÉVoLUTiôN. m
eJTet, là où il n'y a pas de Dieu, il n'y a pas de loi obligatoire pour la conscience hiibàinë, partant pds dé devoir rëël. Lâi oti il n'y a pas d'immortalité eii espét-âhbë pour là përsoiîiiâlité humaine^ Il n'5^ a pbifat de responsabilité véritable.
C'è^t cependant a cette doctrine, qiii est la pli-e parce qu'elle autorise tout ce qîii est màty parce qu'elle fait dû dévouement iine duperie, pai-ce qu'elle nié la liberté, la solidarité, la res|36nsabilité, le progrès, en iin niot tout ce qui est sociàlehient le meilleur, c'est â cette doctrine qu'iraient ^robableitiënt les liiàsses. Pôut les en bttipéchër, il faudrait lëâàveHir; hiais^ pour querdvertisseniieht i\it utile et inêmë possible, il (kiiclràit lëîir ënéëigbët* avant todt Un criieriurriy c'est-à-dire, èh définitive, artiriiieir devant elle^ la vi'aié dbctiîhë. Oh, ce Serait choisir pour elles, ce serait délruîire celte liberté philosophique qù'oh |)osait d'iàbord èH pHncipe: Ne vaiit-il |ias autant laisser les choses comme elles sont, bbitime ëlle^ ont toujours été ?
HèUréux ceux qui; dâtis leur jeuilesse; n'ont t*eçil iqtië 1 etlseighëhfieht sék-ieUx et ttibral qui Fàii: rhoriitne et le citbyen! Heureux cèiix cjui, âù débbt dé la vile intellectuelle, ont été ^làcéb à l'abri des mauvaises doctrine^ et des maiivaià coriséils, ^ûi bht ighorë jUsqu'blii pouvait àÙër là sottise hUttiaihë! Il letir arHvèii cbHàihekheut tih jouir de rëhcbnlrer \ei bbjefelioilS et les tentàtidiis
de la mauvaise philosophie; mais ils seront armés pour résister et, dussent-ils succomber devant une fausse science, ils conserveront au moins leurs habitudes morales et leurs préjugés de conscience. Ils seront sans doute en contradiction avec euxmêmes; mais au moins ils resteront de bons et honnêtes citoyens. Combien aujourd'hui ne renconlre-t-on pas de gens qui offrent cette contradiction, combien n'en a-t-on pas vus dans les temps pareils au nôtre? Épicure était ^ dit-on, un homme vertueux; Spinosa, d'Holbac, Helvétius étaient d'honnêtes gens; mais que furent leurs disciples? qu'était le fameux troupeau d'Épicure? que furent les holbachiens et les hébertistes? En général, dans ces doctrines, c'est à la seconde génération que se manifeste le danger. En effet, la seconde génération offre l'expression pure du système; elle est débarrassée de toute habitude morale ou intellectuelle, de tout alliage contradictoire produit par une éducation antérieure.
Je m'arrête. La question me paraît jugée. Je laisse au lecteur le soin de chercher autour de lui les exemples déjà nombreux, quoique partiels, qui montrent que mes objections pourraient au besoin être appuyées sur l'observation.
284. On conçoit que, dans un État despotique, dans une armée, dans une habitation d'esclaves, on puisse se passer de religion; la discipline et
radministration suffisent à tout; mais dans un pays libre ^ où chaque citoyen est non-seulement mattre de lui-même, mais dispose, pour une certaine part, du gouvernement, du bien et du mal, en un mot des destinées publiques, il faut une croyance morale, un juge, une loi qui oblige et gouverne les consciences. Très-souvent le citoyen devra résister à ses passions, à sa paresse, à son intérêt, sans autre but que le bien de tous. Il doit avoir toujours présente à Tesprit l'idée de la solidarité nationale. Personne ne peut lui demander compte de son vote; bien plus, c'est un secret que personne ne connaît; néanmoins il doit se croire responsable. Ce n'est pas la philosophie qui lui donnera de pareilles convictions. Je ne connais que la religion qui puisse produire de tels eflets.
Pour qu'un peuple passe d'une religion à une autre, il faut d'abord qu'il soit devenu complètement incrédule à l'égard de la première; en d'autres termes, ii faut qu'il ait passé par le scepticisme : mais quand un peuple est arrivé à cet état, il est mort moralement et politiquement, et si la société ne se dissout pas complètement, c'est qu'elle est matériellement maintenue par le despotisme. Tel est l'exemple que nous présente la fin de l'empire romain et que reproduisent sous nos yeux les États musulmans. L'Europe est-elle donc morte moralement et civilement pour qu'on
m TRAITS Î^E RQLITIpUE.
c|i?e flu'e)je pst spppfiqup pt H^>IM y? entrer dans upe iipuyellfi re|jgiqn? .j^qnais, pu ppntraire, pll^ ne fu( pjps vivan^j^; j^oiais )es seiitjrrfenls i^£|Uonaux et poHUqqes n'qnt pépétré plus proroiidéraenf le^ ^assçs et proypqué plu^ de (léyoi|eiiient$.
La tolérance actuelle, )a tpléranc^ réclamée partout ^t ep usage pfjesqiie partout n*e$t nu)l^ prient une preuve d'affaiblissement. C'est up des préceptes trop long[e^)ps njécoppqs de {'ppseîgnement éyangélique. Lp cjiristi^nisme, eo ^çpepfant le contact des autres jreligiops, du jpdaïspaiçet di; mahométisme par exemple, y iutpduif par cela seul le scepticismp. Sa supériorité pst si évîcjente que cet eiïet pst immanquable. Il est fjéjà Yisj|)|e dans le judaïsme.
Pour qu'une religion s'éteigne, il %hJ qu'elle soit en contradiction avec le mouvepent de la civilisation pu le progrès, en d'aqtres fermes il faut qu'elle soit épuisée. Ofj np peut pas f^ire cela du christianisnie. Sa présence, ^jn^i qi^e nous l'avons vu, est nécessaire pouf donper l^ur valeur de vérilé et leu|r signification à certains principes acceptés par la politique, maisquj sop^ loin d'être réalisés, a la doctrine de Ja fraternité parexepfiple. En outre, tout ce qu'il propose n'est pas niêipe encore passé dans la politique à l'état jde simple desideratum.
4i} sejzipipp çiècle, )es protestants attaquèrent je patholicisnfie pour rpfprnier Ip plergé et la théologie; au(|iX'bpi|tièf)ne,pQ)4r renverser la puissance cl^ricaleiy op s'en prit à la religion ^Ile-mênie. P'est encore ce qu'on feit aujpurd*)iui en Italie. Pe )a p£^r( ^p qpe)qu^s-uns, c'est certainement calcifl ; fie la part di| plus grand ppmbre c'est passion^ c'est fanatisipe politique* ^ajs le clergé, |a théologie, la puissance cléricale ne sont point le christianisp^e. Une fois la réforme obtenue, les effets disa raissent avec la cause.
Il est des prqtestants qqi pensent aujourd'hui a reprendre pe bpt d'uniyi^rsalité en vue duquel rÉglise s'attrib^ta le tjtre de patholique. Hsvoudr^iepf réf^bljr, sur le teprain des pvapgiles, une pnitéqui f\\\ au-dessus des discussions et des partis théologiques. C'est cprtainemept un but difficile à atteindre ; mais il est posé et il n'est pas au-dessus de la puissance humaine. En définitive, tous les proteslantisfïies, qupls qu'ils soiepl, sput fluphristianisme. La tolérance, qui grandit incessamment, amènera le jour des concessions réciproques et de la réconciliation. On admettra comme chrétiens tous ceux qui se donneront ce litre et y confoniieront leurs actions. On réalisera celte parole de saint Augustin : In necessariis unitas^ in dubiis Ubertas^ in omnibus c/iaritas.
En définitive, la civilisation moderne est née du
chrislianisHie. Son but est en parfaite coDrormîtë avec le but cbrétien. Plusieurs principes et les plus importants poses par la révolution perdent leur signification s'ils ne sont expliqués par le cbris* tianisme. Ils sont contestables si on se place en dehors de la religion, et ils sontcontestés déjà par les hommes qui font profession de n'en avoir aucune. L'idée de devoir, sans laquelle l'idée de but social est une idée morte, devient sans valeur du moment où il n'y a plus de religion. L'idée de progrès, qui est destinée à devenir la loi de la politique à venir, est elle-même une idée d'origine chrétienne. Enfin le but même de notre civilisation fùt-il accompli, la Técondité de notre religion ne serait pas épuisée. Je conclus de toutes ces considérations que les destinées du christianisme et celles de la civilisation future sont inséparables\
1 . L'auteur se proposait de terminer cet ouvrage par une Conclusion^ où il aurait présenté l'ensemble des principes qui doivent diriger la politique immédiate des nations de FEurope et des progrès les plus importants à opérer dans un avenir prochain. La mort Ta empêché d*écrire ce dernier chapitre.
{Note dei éditeurs, )