‹ Traité de prononciation française et exercices de dictionChapitre 20 sur 114 · X final fait la liaison · texte numérisé non relu

X final fait la liaison

En liaison, x final muet prend le son de z. (aiidis i|iir ./■ liiinl prononcé g"arde le son de ks.

Ex.: index utile = îdt^kK-iitil ; dix lionimos =: dlz-oiïl ; les viuux aussi = Iè VÏdîZ-ôsl ; deux héroïnes = dtfcz-ô roi n.

246. A la fiu des mots, cette consonne est muette, sauf dans gaz (gâz) et dans quelques noms propres où elle prend le son de S, ainsi Suez (sues).

247. z fait en g-énéral la liaison; cependant, après les monosyllabes tels que riz. nez, on ne lie pas dans la diction familière.

Dans Cyrano de Bergerac, l'expression nez à nez est prononcée par les acteurs nézané, mais ailleurs qu'en poésie, on entend plutôt néané.

Les consonnes doubles.

248. La succession de deux articulations identiques ne peut se rencontrer, comme on l'a judicieusement fait remarquer, que lorsqu'un repos s'intercale entre elles, qui permet de terminer complètement la première.

Aussi, quand une consonne est redoublée dans un mot, ne la prononçons-nous pas deux fois : nous retardons ou prolong-eons l'explosion de la consonne simple.

Dans quels cas cette prolong-ation de l'articulation doit-elle avoir lieu? On ne peut donner de rèçle précise; la seule admissible est celle qu'a formulée M. Lesrouvé : « c'est affaire de g'oût, de tact, d'habitude de la bonne compag-nie, et parfois aussi d'intellig-ence poétique. »

Certains orateurs font entendre toutes les consonnes doubles, ainsi M. Ferdinand Brunetière; d'autres n'en tiennent pas compte.

La prononciation des consonnes doubles donne plus de relief, de visTueur à la diction, aussi est-elle recommandable dans le discours, la lecture ou la récitation des vers et, d'une façon générale, toutes les fois qu'on veut accentuer la sonorité des mots.

Prononciation des noms propres.

249. Les noms propres échappent fort souvent aux règles ; non seulement les noms propres étrangers, qui sont prononcés de façons différentes par les Français (les uns adoptant la prononcia-

tion du pays d'orig-ine, les autres francisant tous les mots qu'ils rencontrent), mais aussi les noms propres français.

Il ne faut donc pas s'étonner si les manuels et les dictionnaires restent plus ou moins muets sur ce point, ou s'ils se contredisent ; il leur est impossible d'intliquer la prononciation officielle de tous les noms propres, car l'usag-e varie trop.

Il y a une règ-le bien simple, dira-t-on ; prononcez les noms propres comme les familles et les localités auxquelles ils appartiennent les prononcent.

Oui, mais lorsqu'il n'y a pas accord entre les branches d'une même famille ou les habitants d'une même localité? Ou lorsque, l'accord existant, Paris et les trois quarts de la France prononcent autrement?

200. Voici quelques exemples de l'anarchie qui règ-ne dans ce domaine des noms propres :

Sully, prénom ou nom patronymique, est prononcé par quelques-uns de ses propriétaires sulli, par d'autres suji.

Dans les Vosg-es, Gérardmer est prononcé i)ar le peuple 3erarmé, tandis qu'il fait entendre le r final de Longemer, Blanchemer, etc. Dans le même coin de pays, Poiixeux, Maxonrupt se prononcent pwchtfe, machôru, tandis qu'on fait entendre le x (ks) de Maxonchamp et Hanianxnrd.

Laoïi (Aisne) ^ là, mais Laons (Eure-et-Loir) = lô.

as se prononce as dans Blacas, mais â. dans Dumas, et a dans Senevas. Encore plusieurs affirment-ils que Blacas doit se prononcer blakc\.

Droglie se prononce broj et bPœj.

Ces exemples, qu'on pourrait multiplier, montrent surabondamment l'absence de règ-les.

L'usag-e, en cotte matière, est des plus capricieux. Dans chaque cas particulier, il faut consulter une encyclopédie ou des personnes bien informées, et, môme après cela... ne pas croire qu'on possède la seule bonne prointnciation.

ADDITIONS e sourd.

25 1. Bien des étransfers ont une peine incroyable à respecter les e sourds dans l'intérieur des mots ou dans les monosyllabes ; ils les chansrent constamment en e moyens.

Qu'ils tâchent donc de g-raver dans leur mémoire cette règ"le g'énérale :

Lorsque, dans un monosyllabe ou dans l'intérieur d'un polysyllabe, e ne porte pas d'accent, il se prononce e et non è, à moins qu'il ne soit suivi de r (| 28) ou de deux consonnes (| 26).

Il n'y a d'exceptions à cette règ-le que les cas mentionnés dans le traité, pages 18, 19 et 20. et les mots terminés par e suivi d'une consonne prononcée, comme net, sec, etc —

202. Les Allemands ont à se rappeler que notre y a toujours le son de i ; il leur arrive souvent de faire entendre une voyelle qui hésite entre / et a, dans des mots tels que lyre (li*P), psychologie (psikoloji').

253. Ceux dont la diction est nég-liarée, omettent souvent de prononcer le e final de avec (avèk), et disent avè vous au lieu de avec vous.

Eviter cette nég'ligence.

254. Les liaisons, je l'ai dit plus d'une fois dans le cours de ce traité, sont affaire de goni personnel.

On se souviendra de cette affirmation en lisant le | 182, et l'on ne s'étonnera pas d'entendre des Français faire la liaison api'ès tel ou tel mot pour lequel je ne la conseille guère. Ainsi en est-il, par exemple, du mot banc; plusieurs font la liaison dans l'expression de banc en banc (de bâk-â bâ).

205. Dans les mots où se rencontre le double g (ffff), le premier g a toujours le son fort (g), le second suit la règ-le g-énérale énoncée au | i54-

Ex. : sug-gestion = sugjèstïô ; agg-ravcr = agravé.

200. Dans la prononciation française des mots anglais terminés par own, on ne tient aucun compte du iv. Ex. : clown = kl On.

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