LA JEUNE CAPTIVE
Fragment de l'élégie inspirée à l'auteur par la jeunesse et la grâce de Mlle de Coigny, prisonnière comme lui, mais qui échappa à l'échafaud des révolutionnaires, tandis que Chénier en fut une des nombreuses victimes.
L'épi naissant mûrit de la faux respecté ; Sans crainte du pressoir, le pampre tout l'été
Boit les doux présents de l'aurore ; Et moi, comme lui belle, et jeune comme lui, Quoi que l'heure présente ait de trouble et d'ennui,
Je ne veux point mourir encore.
Qu'un stoïque aux yeux secs vole embrasser la mort. Moi je pleure et j'espère ; au noir souffle du nord
Je plie et relève ma tête.
S'il est des jours amers, il en est de si doux ! Hélas ! quel miel jamais n'a laissé de dég'oùts?
Quelle mer n'a point de tempête ?
L'illusion féconde habite dans mon sein. D'une prison sur moi les murs pèsent en vain,
J'ai les ailes de l'Espérance.
Echappée aux réseaux de l'oiseleur cruel. Plus vive, plus heureuse, aux campagpnes du ciel
Philomèle chante et s'élance.
Est-ce à moi de mourir? Tranquille je m'endors, Et tranquille je veille, et ma veille aux remords
Ni mon sommeil ne sont en proie.
Ma bienvenue au jour me rit dans tous les yeux ; Sur des fronts abattus, mon aspect dans ces lieux
Ranime presque de la joie.
Mon beau voyag^e encore est si loin de sa fin ! Je pars, et des ormeaux qui bordent le chemin
J'ai passé les premiers à peine.
Au banquet de la vie à peine commencé, Un instant seulement mes lèvres ont pres.sé
La coupe en mes niains encor pleine.
-je ne sili ko prïtâ \ yC vœ vwar la mwasô / é I komë le solêj | de sêzô â sêzô
ge vœz-achevé mon-ané* \\ brijâtë sur ma ti'j | -é lonœr du j,ardî / ■ye né vu lûir | -âkor | ke le fœ du malî \
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