Anatomie et physiologie de l'appareil lacrymal
L’anatomie de l'appareil lacrymal et la physiologie des
larmes sont exposées dans tous les traités de physiologie, ce qui nous dispensera d’insister. L’appareil est essentiellement constitué par la glande lacrymale, située dans l’angle externe de l’œil, et dont la structure est analogué à celle de Ia parotide. Quatre à cinq gros canaux excréteurs et huit à dix canaux plus petits déversent les larmes au-dessus de la commissure externe des paupières. De l’angle externe de l’œil les larmes sont étalées jusqu’à l’angle interne par les seuls mouvements de l’orbiculaire des paupières qui, par le clignement, les répand dans le cul-de-sac conjonctival. Une grande partie des larmes s’évapore ; l’excès est arrêté sur le bord libre des paupières par la sécrétion grasse des glandes de Meibomius, et s’accumule à l’angle interne de l’œil, dans le lac lacrymal d’où les larmes passent dans les canaux lacrymaux, dont les orifices ou points lacrymaux plongent dans une dilatation appelée sac lacrymal; le canal nasal, qui fait suite au sac lacrymal, apporte les larmes dans les fosses
nasales au niveau de la partie antérieure du méat inférieur.
L’écoulement des larmes à travers les canaux lacrymaux, le sac lacrymal et le canal nasal est dû à ce que ces parties agissent comme un siphon. Il est dû également (d’après l'opinion la plus répandue) aux contractions de l’orbiculaire qui dilateraient le sac lacrymal et provoqueraient l’aspiration
des larmes ; il est dû peut-être aussi à la raréfaction de l'air.
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produite dans les fosses nasales par les mouvements d’inspira-
tion. Quand les larmes sont plus abondantes, nous faisons de
brusques inspirations pour libérer les fosses nasales. Les fibres sécrétoires qui innervent les glandes lacrymales.
sont fournies au nerf facial par le rameau orbitaire du nerf
maxillaire supérieur, lequel est lui-même une ramification
du trijumeau ; mais il n’est pas certain que ces fibres provien-
nent du trijumeau (GLEY, 947). Elles viendraient du facial et s’accoleraient simplement au rameau orbitaire après avoir traversé le nerf maxillaire supérieur. Cette origine est rendue vraisemblable par ce fait que les sections intra-craniennes du facial, comme les paralyies complètes du même nerf, suppriment la sécrétion des larmes. D’après AUBARET, il faudrait faire place à l’action du trijumeau et du sepAIqUee mais le facial interviendrait dans les larmes d’origine psychique, dans les pleurs. Les centres de la sécrétion des larmes, comme le centre des autres expressions émotionnelles, se trouveraient dans la couche optique.
Les larmes, qui contiennent 98 p. 100 d’eau et 2 p. 100 de parties solides, ont pour fonction de protéger la cornée en maintenant l’humidité, le poli et la transparence de cette mem- ; brane ; en même onu elles favorisent le glissement des voiles palpébraux et lubréfient les voies respiratoires. En . temps ordinaire, elles sont sécrétées chez l’homme à la quantité de 157,50 par jour. |
La sécrétion normale est produite par voie réflexe, à la
| suite de l'excitation de la face antérieure du globe oculaire ” par l’air. Cette sécrétion s’exagère par exagération du réflexe
de protection, pour toute irritation de la surface de l’œil - (vent froid, action inflammatoire lente, contact d’un corps étranger, etc.); mais d’autres excitations des filets sensitifs
. du trijumeau ont pour résultat d'activer la sécrétion lacry-
male, quand elles se produisent dans le voisinage de l’œil (conjonctive, paupières, fosses nasales, etc.). L’excitation violente du nerf optique par la lumière produit le même effet.
Les larmes nous apparaissent donc physiologiquement comme le résultat d’un réflexe sécrétoire qui a son centre
; dans la couche optique, ses conditions normales dans excitation du globe oculaire par l’air, et qui peut être exagéré par toute irritation mécanique de la surface de l’œil ou
:, par excitation anormale des parties voisines.