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HYGIÈNE II E EA GESTATION

On ne se rend pas assez compte des précautions et des soins qu’exige la grossesse.

La mère, dont le sein tressaille de bonheur, et qui aspire au moment où elle pourra couvrir de caresses son enfant, sa vie, la joie du foyer, l’espoir de la famille, est souvent loin de se douter qu’une simple secousse, un exercice un peu forcé, peuvent changer sa joie en pleurs, par une délivrance prématurée; elle ne sait pas assez que tout ce qui compose son être fragile ne peut être altéré sans nuire à la bonne venue de son enfant, et que toutes les fonctions de sa vie doivent toujours être régulées par une hygiène scrupuleuse.

Si la température est favorable, c’est une nécessité pour une femme enceinte que de faire une promenade qui, tout en lui procurant de la distraction, lui fournit un exercice dont l’effet salutaire entretient l’appétit, facilite la digestion et contribue à la conservation de la santé.

Là ne se borne pas l’hygiène de la femme enceinte ; elle doit aussi se laisser guider par la science et la raison. Le mari doit modérer ses désirs, entourer d’égards et de prévenances sa femme, alors que de son état sanitaire dépend la vie du petit être qu’elle porte dans son sein.

Nous nous élevons aussi contre cet exécrable raffinement de la coquetterie de certaines femmes, recourant à certains objets de toilette pour modifier les formes de la con-

ception. Ces engins, comprimant la taille, gênent les fonctions des organes contenus dans la poitrine et l’abdomen ; et que de désordres ne doivent-ils pas occasionner lorsqu’il y a complication de grossesse ! La compression, suite de l’emploi des corsets, nuit au développement de l’enfant, et explique clairement, la production par les femmes du momie, d’enfants délicats et rachitiques. Dans les campagnes, les femmes ne se servent point ou se servent peu de ces appareils; aussi produisent-elles des rejetons beaucoup mieux constitués que ceux des villes; des vêtements simples, aisés, permettant au corps et aux membres la plus grande liberté d’action, voilà le nécessaire. Le produit de la conception déterminant une grande augmentation de poids et de volume, la matrice se développe ; il est urgent alors de la soutenir par la ceinture dite dame enceinte. Cet appareil

vient se fixer sur les parties lombaires ou dorsales ; par ce moyen, l’organe se trouve suspendu comme sur des ressorts doux et moelleux ; le poids n’incombant plus sur les ligaments, l’on n’a pas à craindre l’effet des secousses.

L’emploi de cette ceinture est d’autant plus important, que le moindre cahot peut instantanément provoquer de graves accidents, presque toujours suivis d’ulcérations ou d’autres maladies déterminant souvent la stérilité.

Contrairement à la croyance absurde de beaucoup de personnes, les femmes mères ou nourrices doivent s’abstenir d’une trop grande consommation d’aliments. L’observation de ce principe hygiénique est indispensable, le soir surtout, afin d’éviter les funestes

conséquences d’une digestion difficile, avec son cortège de sueurs, de fièvres, de cauchemars. Point de spiritueux comme boisson, qui doit toujours être rafraîchissante et se borner pour les repas à l’usage modéré d’un vin naturel.

Pas de voyages, d’équitation, de fatigues ni de veillées, surtout dans la dernière période de la gestation, parce qu’alors la moindre secousse serait d’un fâcheux effet. Suivant les saisons, elles pourront prendre une fois ou deux par semaine un bain froid ou chaud, en ayant soin de ne pas dépasser un quart d’heure pour les bains froids et trois quarts d’heure pour les bains chauds.

Ces détails feront bien comprendre, nous l’espérons , que l’enfant , avant sa venue au monde, a besoin de soins et de précau-

tiens, dans la personne de sa mère, et que la déplorable habitude, dans laquelle on persévère généralement de ne s’occuper du produit de la conception que le jour de l’accouchement, entraîne de bien tristes conséquences.

Dès la naissance de l’enfant, il faut maintenir avec soin le cordon ombilical et appliquer ensuite, et pendant six mois, une ceinture dite ombilicale , afin de le soustraire à la hernie qui pourrait en résulter.

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