‹ Traité de pyrotechnieChapitre 21 sur 69 · RÉSINES · texte numérisé non relu

RÉSINES

Les résines s’écoulent des arbres ; elles sont toutes solides, pour la plupart transparentes, amorphes, d’un poids spécifique de 0,03 à 120; quand elle* se séparent des arbres par exsudation, elles sont mélangées d’huiles essentielles qui leur communiquent divers degrés de visquosilé. Lorsque l’huil e essentielle s’est volatilisée dans l’atmosphère, ou a été chassée au moyen d’une faible chaleur, la résine dure et fragile reste comme résidu. La plupart des résines ne sont pas pures, mais sont des mélanges contenant beaucoup de résiné et peu d’huile essentielle; c’est ce qui a lieu pour toutes les résines qui répandent de l’odeur, car l’odeur ne provient que de l’huile essentielle. Toutes les résines odorantes sont donc aussi de composition variable, contiennent plus ou moins d’huile essentielle suivant le mode de préparation qu’elles ont subi, et sont par conséquent tantôt plus ou moins dures et friables, tantôt

folles ou pâteuses. A mesure qu’eîles sont plus molles, et que par conséquent l’huile essentielle y domine davantage, elles fournissent en se comburant plus de carbure d’hydrogène et moins de carbone excédant.

Les résines sont fusibles à une température assez peu élevée (la plupart au dessous de 100° c.), et si on ne les échaulfe que jusqu’au point de fusion , e hes se figent de nouveau sans être altérées. Mais si on pousse la température jusqu’à ce que la masse fondue développe des bulles de gaz, il y a déjà commencement de décomposition; la masse brunit, etsi on la fait eongéler en Cet état pour la brûler ensuite, elle fournit plus de carbone en excès et moins de carbure d'hydrogène qu’avant la fusion.

Les résines ne sont pas solubles dans l’eau ; elles le sont plus ou moins dans l’alcool (avec lequel elles deviennent très-liquides si l’on chauffe légèrement) et ses mélanges avec l’eau , ainsi que dans certaines huiles essentielles, bans celte dernière dissolution elle se lient facilement au soufre.

Parmi les diverses espèces de résines, on ne peut, à cause du prix élevé des exotiques, employer en grande quantité pour les artifices que celle qui m’écoule du pin (pinus picea). Lorsqu’on n’a besoin que de petites quantités, °n peut encore employer la résine du pistacea lentiscus, qui croît dans l’Or 'ent (le mastic).

Il s’écoule du pin une matière visqueuse, qui est un mélange d’une résine et d’une huile essentielle. La matière porte le nom de térébenthine (commune); l’huile essentielle s’appelle huile de térébenthine. Si, en faisant bouillir .'^Vec de l’eau cette matière, on lui enlève un peu d’huile, qui se volatilise avec l’eau bouillante, on obtient de la poix blanche ; lorsque la quantité restante d huile essentielle est un peu moindre , on a le galipot; la proportion d’huile est elle encore moindre, on a la poix de Bourgogne; si l’on chauffe directement la térébenthine, ce qui éloigne encore une plus grande quantité d’huile, * e résidu , déjà un peu brûlé, s’appelle térébenthine cuite ; y a-t-il encore plus d’huile volatilisée, le résidu devient plus brun et s’appelle colophane. Si l’on a chauffé trop brusquement, de sorte qu’avant l’éloignement complet de I huile essentielle un commencement notable de décomposition de la résine a ° u lieu , on obtient la poix noire.

S* l’on ne laisse pas écouler spontanément la résine et le goudron; mais 9 U on les chasse du bois par la chaleur , on obtient un mélange de résines

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