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MATIÈRES PREMIÈRES

La texture fibreuse se présente dans les végétaux , surtout dans la tige des v cgétaux ligneux. Ce sont donc ceux-ci qu’il convient de choisir exclusivement pour la carbonisation. Cependant il ne contiennent pas seulement la substance fibreuse, mais aussi d’autres substances végétales, qui, décomposées, donnent un charbon moins inflammable. On doit donc choisir la mall ère à carboniser de manière :

4° Que la fibre en soit la plus fine possible;

2° Que les substances non fibreuses soient le plus faciles possible à éloigner durant le travail.

La fibre ligneuse est la plus fine dans le lin, le chanvre, les tiges de hari- C(,ls et diverses plantes analogues, ainsi que dans les pousses les plus J c> nnes des bois tendres. Le lin, le chanvre et les ramilles des bois tendres

TRAITÉ

forment donc la matière première. Mais les tiges végétales fibreuses contenant beaucoup de silice, comme les blés et les herbes , ne sont pas convenables pour la fabrication d’un charbon inflammable.

Le chanvre et le lin donnent le meilleur charbon , parce que la fibre en est la plus fine, et que le charbon qui en provient se divise le mieux, les fibres étant juxtaposées dans ces plantes. Mais le rouissage et le teillage doivent avoir éloigné la substance gommoïde qui fixe les fibres de la plante les unes sur les autres, ainsi que l’écorce écailleuse qui l’enveloppe , car ces substances ne fournissent pas un charbon fibreux, mais spongieux et difficile à enflammer. La même observation s’applique aux fibres des tiges de haricots.

Si l’on emploie du vieux linge à la carbonisation, le produit est de beaucoup supérieur à celui provenant du lin et du chanvre neufs, parce que le filage, le lissage, le lavage, et le frottement fréquent que la toile subit dans 1 usage, ont rendu les fibres beaucoup plus fines. C’est pour cela que le charbon de chifFons est extrôment inflammable ; de plus il a un poids spécifique supérieur à celui du charbon de lin, qui est lui-même plus pesant que le charbon de bois. Avant la carbonisation la toile doit être purifiée, par le lavage dans une lessive faible de potasse, de la sueur etc., qu’elle peut contenir.

Le haut prix des matières premières s’oppose à l’emploi général du chanvre, du lin, du linge, des tiges de haricots, etc. On ne peut en faire usage, mais alors avec le plus grand avantage, que quand l’on ne considère pas l’augmentation du prix qui en résulte. Il est donc à conseiller de mêler un peu de charbon de toile à celui de bois pour la poudre de chasse.

Les fibres sont fortement adhéreutes entre elles dans le bois, et le lien qui les réunit est d autant plus affaibli par la carbonisation, qu’elles sont pl° s fines et plus jeunes et moins entortillées. On ne doit par conséquent employer le bois qu’en rameaux de 25 à 50 millimètres, exempts de nœuds. Plus le bois est tendre plus la fibre est fine dans des rameaux de même âge. On n’e®' ploiera par conséquent que des bois tendres, surtout le bourdaine , le noisetier, le saule, le tilleul, le peuplier, le genévrier, le cornouiller sauvage, 1 aulne, le bouleau ; le bourdaine mérite la préférence, parce qu’il laisse l a moindre quantité de résidu incombustible (0,0025). (V. § 139).

Le bois ne consiste pas seulement eu fibres; entre celles-ci circulent le» vaisseaux membraneux en spirale remplis de sève ; celle-ci est une solution

aqueuse d’albumine végétale, de matière extractive et d’acétate de potasse, frans l’axe du rameau est situé le eanal médullaire, rempli d’une substance spongieuse; le rameau est extérieurement couvert par le liber et l’écorce, ayant une contexture grossière, squammeuse et fibreuse. Toutes ces substances qui se trouvent dans le bois outre la fibre ligneuse, donnent un charbon spongieux peu inflammable, qui s’applique sur le charbon de fibres, et diminue ainsi l’inflammabilité de ce dernier. Le charbon provenant de l'écorce est lancé au loin en étincelles ardentes lorsque l’on brûle le charbon fibreux avec un des ingrédiens oxigénés. L’acétate de potasse de la sève se change par la carbonisation en carbonate de potasse, d’où résulte d’un côté l, n résidu incombustible, et de l’autre que le charbon devient plus hygros- Oopique qu’il ne le serait par lui-mémc.

Au printemps lorsqu’il pousse de nouveaux rameaux, les parties solides de la sève sont employées à cette formation; le liquide qui reste alors dans les rameaux de l’année précédente est en plus grande quantité il est vrai, mais beaucoup plus aqueux que dans les autres saisons ; il se forme aussi au printemps entre l’aubier et l’écorce une nouvelle couche ligneuse; à cette fin l’enveloppe corticale se détache de la couche de bois de l’année antérieure, et dans l'intervalle se loge la sève qui forme les nouvelles fibres. Le printemps est donc la saison la plus convenable pour la coupe du bois de carbonisation, parce que dans celte saisonles’vaisseaux du bois ne contiennent presque que de l’eau pure, et que l'écorce et le liber se détachent facilement, de sorte que le bois se laisse complètement écorcer; dans les autres saisons on doit les c ouper, d’où résulte qu’il en reste quelquefois des parties sur le bois , ou bien qu’on coupe avec l’écorce une grande partie du bois lui-mémc. En cas de besoin on peut employer du jeune bois fendu , exempt de nœuds, et qu’on a dépouillé de l’aubier et de l’enveloppe corticale.

Pour faciliter l’éloignement de la sève, et rendre possible la destruction de la moelle , on fend les rameaux longitudinalement par le canal médullaire.

éloigne la moelle le plus sûrement en grattant au moyen d’un fer trancIl ant. Pour se débarasser de la sève et des vaisseaux capillaires, on expose le bois pendant dix ans à l’air pour le sécher, et pour amener la décomposifion lente et progressive par la moisissure des vaisseaux, dont les parties instituantes se séparent facilement. On peut aussi employer un moyen plus ex Péditif, moins cher que celui-là, et par lequel on évite en outre la souillur e du bois par le sable ; ce moyen consiste à lessiver les rameaux parla vapeur d’eau en vases clos; on se sert pour cela d’un appareil particulier, quoi- Sne cependant l’opération puisse aussi avoir lieu immédiatement avant la carbonisation. On fait quelquefois séjourner utilement les autres bois dans l’eau

TRAITÉ

pour éloigner la sève ; ce moyen ne peut servir pour le bois de carbonisation , parce qu’il se couvrirait d’une vase visqueuse qu’on ne peut pas facilement éloigner avant la carbonisation, et qui fournit du charbon spongieux.

Au lieu de préparer ainsi les rameaux, on peut employer aussi du bois pourri sur pied; la putréfaction a détruit dans ce cas la sève ainsi que les vaisseaux capillaires qui la conduisent, et rendu plus tendre la fibre ligneuse trop consistante. On doit débarrasser de la vermoulure le bois pourri.

Le bois récemment coupé peut contenir jusqu’à 40 p. °/ 0 d’eau, celui séché à l’air jusqu’à 15 p. %• 100 parties de bois complètement sec contiennent moyennement : 50,67 de carbone, 42,67 d’oxigène, 5,33 d'hydrogène, 1,33 de substances incombustibles. On éloigne une grande partie de ces dernières par les opérations indiquées au § 141.

Lorsqu’on chauffe du bois en vases clos, l'eau commence par se volatiliser; ensuite commence une décomposition de la substance ligneuse ; unpeud’oM ' gène se combine avec de l’hydrogène pour former de l’eau, un peu de carbone, d’hydrogène et d’oxigène pour former de l’acide acétique, de l’acide empyreumatique, du goudron; le restant de l’oxigène forme avec une partie du carbone de l’oxide de carbone, et une partie de l’hydrogène produit avec du carbone du carbure d’hydrogène; tous ces composés s’éloignent sous forme de gaz. 11 reste un composé instable de carbone et d’hydrogène , hcharbon, conservant exactement la forme du bois, quoique sous un volume moindre. Dès que l’eau libre est éloignée, le bois commence à brunir légèrement; cette couleur brune augmente avec la décomposition, et lorsqu’on pousse celle-ci jusqu’à la dernière limite, le charbon a la couleur noir-bien. Le charbon qui reste a un poids qui diffère suivant qu’on a arrêté la décomposition plus tôt ou plus tard ; c’est aussi d’après le poids du charbon obten* 1 qu’on juge de la proportion d'hydrogène et de carbone dont il est forme* Plus le charbon contient encore d’hydrogène, plus il est inflammable, fendre et friable. Plus le poids du charbon obtenu est faible, plus il laissera de résidu incombustible (cendres), parce que ce dernier forme une portion constante du poids du bois carbonisé, et que par conséquent il est d’autant ph ,s grand dans le charbon que celui-ci forme lui-même une portion moindre dn bois employé. Cependant la quantité de résidu incombustible se modifie également d’après le procédé de carbonisation qu’on emploie, et à degrés de carbonisation égaux , il reste d’autant moins de cendre dans le charbon, que * eS gaz développés sont éloignés plus promptement.

Le charbon qui pèse 40 p. % du bois séché à l’air , a la nuance brun chocolat, avec des veines jaune-brun , une cassure vive, unie, fine; les morceaux minces se laissent plier ; ils ne forment pas des éclats en cassant, donnent un trait brun sur du papier blanc, sont friables; réduit en poudre ténue, charbon frotté entre les doigts paraît gras au toucher ; il a une apparence de velours; pour mélanger ce charbon au salpêtre et au soufre, et pour former des grains avec la composition qui en résulte, il en coûte moins de peine et on n’est pas obligé d’humecler autant que lorsqu’on emploie du charbon moins brun, c’est-à-dire plus noir. Le charbon ci-dessus a encore pour caractère de ne pas rayer le cuivre poli, de rendre un son mal lorsqu’il est choqué; allumé, il brûle avec une flamme de carbure d’hydrogène et d oxide de carbone (jaune et bleue) bien claire et complètement exempte de fumée; il se dissout pour la plus grande partie dans une dissolution d’oxide potassique, (potasse caustique). Le charbon formant 28 p. °/„ du bois carbonisé , a la nuance brun-noir, donne une flamme courte quand on l’allume et tient dans toutes ses propriétés le milieu entre le précédent et celui qui serait complètement calciné, et qui formerait environ 1$ p. 0 / o du bois carbonisé; celui-ci est noir-bleu , dur, rude, a conservé à peine la texture du bois, casse et éclate facilement, attire l’humidité plus avidement que le charbon roux , ne tache pas, raie le cuivre, rend un son clair, ne donne pas de flamme quand on l’allume (la flamme disparaît déjà dans le charbon qui forme p. °/o du poids du bois carbonisé), il se triture difficilement, paraît sec ft u toucherquand il eslen poudre ténue, selie difficilement en masse compacte ave c le soufre et le salpêtre , et n’est pas soluble dans la potasse caustique. Le charbon pulvérisé ayant à peu près 28 p. 0/0 du poids du bois carbonisé, qui est celui adopté dansja plupart des systèmes modernes de fabrication, a un P°ids spécifique de 1,15. Le charbon s’allume à environ 880° (Y* § 85).

Les charbons sont composés comme suit :

carbone

hydrogène

cendres

Charbon roux chocolat. .

—- — noir.

■— noir-bleu. .

Le charbon roux, lorsqu’il est fortement échauffé bientôt après sa prépara- *‘° n > donne un liquide brun épais (du goudron avec l’acide pyroligneux)» Lhauffc plus longtemps après en vases clos, il donne 40 p. % de gaz, confiant principalement en carbure tétrahydrique (§ 102) ; mélangé avec de ° Xl gène ce gaz détonne, mais pas avec l’air atmosphérique; si l’on ajoute au Mélange de carbure d’hydrogène et d’oxigène, une partie égale d’air atmosphérique , il n’y a pas détonnation.

TRAITÉ

Dans l’opération de la carbonisation , la condition importante à remplir est runiformité du produit tant d’une seule opération que de plusieurs opérations. Quoiqu’il soit possible de corriger de petites inégalités par un triage convenable du charbon obtenu , il n’en résulte pas moins une augmentation du prix de revient, parce que le charbon qui doit subir une carbonisation supplémentaire occasionne une nouvelle inégalité du produit, si on le mélangé avec des matières premières qui n’ont pas encore subi d’opération.

Une seconde condition, c’est que malgré la lenteur de la marche de l’opération , lenteur qui est nécessaire pour qu’on puisse saisir avec précision I e point où il convient d’arrêter la carbonisation , les gaz formés puissent cependant s’éloigner promptement, parce que sans cela quelques-uns d’entre eux, l’acide acétique, l’huile essentielle, etc., se carboniseraient également dans l’appareil, d’où résulterait sur le produit un dépôt de charbon spongieux (cristal de suie); de plus, les gaz entraînent mieux en fuyant les parties incombustibles de la sève, ce qui rend le charbon moins hygroscopique, et moins riche en résidu incombustible. Le meilleur charbon laisse environ 0,0025 de cendre , le plus mauvais S fois autant. Tout accès de l’air atmosphérique est nuisible, parce qu’il cause la combustion d’une partie du charbon , ce qui produit une perte , et souille le charbon obtenu de la cendre de celui qui a été brûlé.

L’appareil de carbonisation le plus avantageux et le plus économique, est un fourneau en maçonnerie, dans lequel des cylindres en fonte sont scellés horizontalement. La carbonisation est le plus facile à régler lorsque chaque cylindre a son foyer particulier; si dans un but d’économie on veut chauffe r au moyen d’un foyer plusieurs cylindres, ces derniers doivent être juxtaposes et non superposés. Les cylindres sont entourés de conduits de tirage, que la flamme suit de la grille à la cheminée. Si le foyer n’est destiné qu’à chauffer un seul cylindre, le conduit monte depuis la grille suivant l’un des côtés du cylindre, se replie par dessus, redescend le long du côté opposé jusqu’au niveau de son point de départ, et débouche dans un canal communiquant avec la cheminée. Si deux cylindres juxtaposés doivent être chauffés par «n foyer, la flamme monte par deux conduits, passant chacun de la même manière par dessus l’un des cylindres. On cherche à obtenir une chaleur uniforme dans toute la longueur du cylindre au moyen de trous de tirage ou de tuyaux à vent, ou bien, lorsque toute la partie inférieure des cylindres est exposée au feu , en faisant d’abord le feu en un point, et en le transportant peu à peu sur tous les autres. On doit connaître par expérience la marche de

DK PYROTECHNIE.

la carbonisation propre ù chaque cylindre ; et lorsque l’on en chauffe plusieurs par un foyer, il faut charger en dernier lieu ceux qui carbonisent le plus rapidement.

Les cylindres sont ouverts aux deux bouts ; on les ferme avec des portières doubles remplies de sable ou de corps mauvais conducteurs, en Iutant bien les joints afin que Pair atmosphérique ne puisse pas y pénétrer. La portière postérieure qui est fixée à demeure dans la maçonnerie, est percée de plusieurs ouvertures communiquant à des tubes. L’un de ces tubes est adapté à un tuyau étroit servant à l’abduction des gaz ; un deuxième reçoit une baguette témoin qu’on fixe dans le bouchon du tube ; cette baguette a la môme longueur que le cylindre, et on l’extrait de temps en temps durant l’opération afin de pouv °ir juger des progrès de la carbonisation aux différents points du cylindre. La portière antérieure est ouverte chaque fois qu’il faut charger ou décharger le cylindre; on la referme fortement au moyen devis ou de clavettes, et on la Iule sur tout son pourtour à l’argile, ou bien à l’aide d’un mastic d’argile et de brasque ou de fraisil. Pour réduire la perte de calorique qui a lieu par les deux portières, on les fait doubles et on remplit de sable l’intervalle, ou bien on les masque au moyen de cylindres en fer blanc remplis de sable, en laissant une couche d’air entre deux. Pour que la fermeture soit plus sûre, on fait les portières plus grandes quelle diamètre intérieur des cylindres.

Les cylindres fournissent un charbon d’autant plus uniforme, mais aussi plus cher, que la charge de bois qu’ils reçoivent en une fois, c’est à-dire leur diamètre, est moindre. Pour pénétrer jusqu’à l’axe des cylindres de petit diamètre la chaleur n’a pas besoin d’être aussi forte , que pour les gros. Les premiers donnent donc aussi un charbon plus roux. Pour fabriquer le meilleur charbon on emploie des cylindres ne contenant que 33 kilog. de charbon.

On charge le bois dans les cylindres soit en baguettes séparées , soit en fagots, de manière que la capacité soit aussi exactement remplie que possible, et que les rameaux les plus minces se trouvent vers l’axe. Les plus gros bouts s ont disposés vers l’endroit qui reçoit le plus de chaleur, généralement vers la portière antérieure. Les extrémités doivent rester à quelques centimètres des deux portières.

On commence par chauffer modérément, et l’on fait monter graduellement la température jusqu’à 250° r. (312° c.). Le cylindre ne doit jamais arriver au rouge, sans cela le charbon devient trop peu inflammable. Plus la cha-t 'eur croît lentement et uniformément, plus la carbonisation est régulière, et

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plus le charbon obtenu est roux. Le charbon roux coûte par conséquent plus cher que le charbon noir, quoique le rendement du premier soit plus considérable pour la même quantité de bois employée.

Les gaz qui s’échappent font connaître le degré auquel est arrivée la carbonisation en général, qu’on les enflamme ou non. La baguette témoin qu’on extrait de temps en temps, indique le degré de carbonisation aux divers points de la longueur du cylindre. — Au commencement l’eau s’éloigne sous forme de fumée bleuâtre; lorsque la température croît, il sort de l’acide carbonique avec de la suie en nuages obscurs, qui brûlent avec une flamme rouge quand on les allume. Plus la température s’élève, plus il se forme d’oxide au lieu d’acide carbonique, plus la fumée devient claire et translucide, et plus la flamme du gaz allumé devient bleuâtre. Maintenant le carbure d’hydrogène commence à se dégager, le gaz devient toujours plus clair, les nuages plus fins; la flamme est d’abord violette, puis blanchâtre; elle devient de plus en plus blanche et plus éclatante ; mais bientôt elle se raccourcit et finit par s’éteindre. On doit toujours laisser arriver la carbonisation jusqu’à la flamme violette, et jamais jusqu’à ce qu’elle s’éteigne. Ce sont là les limites entre lesquelles doivent être renfermés les divers degrés de carbonisation. Lorsqu’on interrompt l’opération à l’instant où la flamme devient violette, le charbon obtenu pèse 40 p. °/„ du poids du bois; quand la flamme devient jaune , il en pèse 30 , et quand elle s’éteint, il n’en pèse plus que IG.

£ 11 est plus avantageux d’observer le gaz sans l’enflammer; il donne des indications aussi certaines par sa couleur et sa densité. Quelquefois il résulte de l’inflammation des gaz des explosions dans les cylindres; les gaz enflammés ne s’éloignent pas d’une manière aussi uniforme que ceux qu’on n’enflamme pas, et enfin on peut encore tirer parti de ces produits en les purifiant; le gaz peut servira l’éclairage; l’acide pyroligneux et le goudron peuvent être employés, le premier comme produit chimique, le second pour être versé sur 1« combustible, ou comme enduit préservateur du bois. 11 n’est pas à conseiller non plus de conduire les produits gazeux dans le foyer pour les faire servir immédiatement comme combustible. La meilleure méthode consiste donc a conduire les produits gazeux de la combustion au moyen de tuyaux à travers de l’eau froide; le goudron et l’acide pyroligneux s’y condensent et sont absorbés comme liquides; les gaz sont reçus dans un gazomètre sur l’eau froide, et peuvent servir à l'éclairage. Ce n’est que de temps en temps qu’on laisse échapper un peu de vapeurs afin de pouvoir juger de la marche de la carbonisation. Une longue pratique rend même celte précaution superflue. Le débouché du tuyau d’échappement des gaz doit dans tous les cas être à l’abri d.* l’air atmosphérique , qui sans cela y entre pour se porter sur le charbon 1

produit un abaissement trop considérable de température dans le cylindre. Toutefois dans la dernière période de la carbonisation le débouché de ce tuyau doit être libre ,sans cela le goudron, qui se développe en plus grande quantité dans ce moment, se dépose sur le charbon , ou bien ce dernier réabsorbe les gaz développés, ce qui le rend moins inflammable; ce n’est que pendant que le charbon se refroidit dans le cylindre qu’on ferme de nouveau le tuyau.

Lorsque la carbonisation est arrivée près du point oii on veut l’interrompre, on extrait la baguette témoin ; s’il y avait encore des endroits où la carbonisation ne serait pas avancée au point désiré, on y conduirait la chaleur, soit en y transportant le feu, soit en ouvrant ou fermant les ouvraux Je tirage convenables pour baisser d’un cèlé et augmenter de l’autre la température. L’interruption de la carbonisation a lieu soit par le déchargement des cylindres (§ 157), soit par l’extinction du feu.

Lorsque la carbonisation est achevée, on décharge ordinairement les cylindres qui ne sont plus qu’à moitié remplis; on introduit le charbon dans des élouffoirs en tôle, munis de couvercles dont on colle les joints, pour laisser refroidir le charbon. Les élouflbirs en bois ne valent rien, parce que le charbon y absorbe de l’eau. On rejette en même temps les morceaux de charbon qui ne sont pas assez carbonisés (les fumerons), parce qu’ils développent encore des gaz, surtout de l’huile empyreumatique, qui sont absorbés par le bon charbon et qui le rendent moins inflammable. On peut exécuter le chargement des cylindres en introduisant directement le bois à carboniser dans des vases semblables en tôle percés de petits trous ; alors on n ’a plus qu’à retirer ceux-ci quand la carbonisation est achevée, et à les remplacer immédiatement par d’autres, pour profiter ainsi de la température acquise par le cylindre. Si l’on veut laisser refroidir le charbon dans les cylindres mêmes , on éteint d’abord le feu ; dix minutes après on ferme toutes les ouvertures , et l’on n’ouvre le cylindre que 12 heures plus tard.

Avant de le triturer on doit épousseter le charbon , puis on le classe, tant d’après la grandeur des morceaux que d’après les nuances. Si l’on trouve des morceaux cendreux (avec une couche blanche) on doit rejeter le charbon. On emploie les bâtons les plus minces et du roux le plus clair pour la Meilleure poudre. Quelquefois on casse encore les morceaux les plus minces et on choisit les parties les plus uniformément carbonisées et de la cassure la plus vive, pour servir à 'a fabrication de la poudre superfine. Tous les mor- Cei uix qui ont des places luisantes (suie § 148) sont rebutés. Les débris sont Employés pour les poudres de qualités inférieures.

TîtAITÉ

Le charbon éteint par l’eau, et celui qui a séjourné très-longtemps au contact de l’atmosphère, et qui par conséquent ont absorbé beaucoup d’humidité , sont peu inflammables ; une nouvelle calcination ne peut remédier à cet inconvénient. Le charbon doit donc toujours être promptement employé, ou si l’on doit leconservcr quelque temps, on ne doit pas le triturer , mais le conserver dans des vases bien clos. 11 ne convient pas de le renfermer dans des sacs en toile, parce que il s’y attache alors des fibres végétales non décomposées qui, lorsqu’elles sont introduites dans les mixtures, produisent des étincelles qui sont lancées au loin.

Lorsque le charbon n’a pas contracté d’humidité, il peut s’enflammer par des chocs violents ou par le frottement. Cette circonstance se présente assez souvent pendant la trituration du charbon par le pilon, ou durant le transport des morceaux de charbon par chariots où ils frottent les uns sur les autres. Cette inflammation du charbon par friction est la principale cause des accidents dans la préparation des mixtures explosives qui contiennent du charbon. Outre cela le charbon fraîchement préparé s’enflamme encore spontanément lorsqu’il est exposé en poudre ténue au contact de l’air atmosphérique ; ceci a déjà causé l’incendie de beaucoup de bâtiments. Le charbon réduit en poudre ténue, absorbe avidement l’air et l’humidité à cause de sa grande surface (absorption qui en fait accroître le poids d’environ 1 p. 0 / o ) ; l’inflammation a lieu alors à plusieurs centimètres sous la surface, tandis que celle provenant du frottement commence à la surface. Pour que l’inflammation par absorption puisse avoir lieu, il faut que le charbon soit entassé en masses considérables (au moins 15 kilog.) et sur une hauteur d’au moins 5 centimètres. Plus le charbon est nouveau, moins la masse a besoin d’être grande pour être sujette à l’inflammation spontanée. L’inflammation a lieu plus facilement durant le temps sec, que dans les journées humides. Il faut 10 & 24 heures avant qu’elle ne se déclare. L’inflammation n’a pas lieu facilement quand le charbon a séjourné 5 à G jours en morceaux avant la trituration î mais lorsque les las sont très-grands, cet accident peut encore avoir H® 11 après 12 à 14 jours, ou quand le charbon pulvérisé est renfermé dans <l eS vases bons conducteurs de la chaleur. On l’empêche assez sûrement lorsqu’on triture le charbon simultanément soit avec le soufre, soit avec le salpêtre» ou lorsqu’on roule souvent les tonneaux qui contiennent le charbon. L’b u * mectation du charbon ne garantit pas contre l’inflammation spontanée.

Le charbon absorbe très-avidement l’humidité de l’air, et cela d’autan 4 plus qu’il a été plus fortement carbonisé. Lorsque le charbon roux absorbe

■7 p. 0/0 d'humidité, le noir en absorbe jusqu’à 15 p. 0/0, qui est le maximum de celle que le charbon pulvérLé peut absorber. En morceaux , le Maximum est environ de 8 p. 0/0. Lorsqu’on a éteint le charbon par l’eau, 0 peut en contenir 30 p. 0/0 sans paraître humide.

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