‹ Traité de pyrotechnieChapitre 29 sur 69 · LOIS GÉNÉRALES RELATIVES AUX MÉLANGES · texte numérisé non relu

LOIS GÉNÉRALES RELATIVES AUX MÉLANGES

Chaque mixture combustible doit être formée d’ingrédients oxigénés et ^ ingrédients combustibles, choisis les uns et les autres suivant le but qu’on s c propose. Le produit sera alors toujours une quantité déterminée de gaz échauffé, formant la partie active, et paraissant sous forme de flammes diversement colorées, et d’un résidu solide, formé de la partie non active de 1 ingrédient oxigéné, et des parties non converties en gaz du combustible, °u des produits de la combustion. Le produit solide est entraîné en partie comme fumée (vapeur), et peut ainsi exercer un effet sur la nature de la lumière que produit la flamme ($ 10) ; l’autre partie (le résidu) reste à l’endroit où la combustion a eu lieu. La combustion est d’autant plus bruyante qu’elle développe plus de gaz en moins de temps, et que la tension de ces gaz est plus augmentée par le calorique développé ; car les gaz chassent d’autant plus vite l’air atmosphérique, qui tend de son côté à reprendre son ancienne position avec d’autant plus de violence ; de là résulte un bruit, qui dans les hauts degrés d’intensité , est appelé déformation, et lorsqu’il est tDoins énergique, sifflement ou bruissement. La détonnation est d’autant plus forte que l’ouverture par où les gaz s’échappent est moindre. — Plus une mixture a été échauffée avant l’inflammation, plus la vitesse de sa combusbon, la tension des gaz, etc. , seront grandes. Plus les corps environnants foi enlèvent de calorique durant la combustion, plus celle-ci sera lente et filins elle produira de lumière. Cet effet est d’autant plus sensible que la liasse comburée est plus petite , que la surface enveloppante est plus grande r elativement au volume de celte masse, et que l’enveloppe conduit mieux le calorique et le perd plus facilement par rayonnement. Toutes les composihons brûlent sous l’eau (§ 10), lorsqu’avant l’immersion la combustion est bien commencée , et que la composition est enveloppée de manière que l’eau ne puisse toucher ni la surface en combustion , ni la partie non enflammée la mixture.

Lingrédient oxigéné de la mixture, doit fournir exactement la quantité 0x igène que demande le combustible, de sorte que quand celui-ci a une fois °n»m«nce à se comburer à une place a l’aide de l’oxigène de l’air (§ 9), la jfi'Uure n ait plus besoin du secours de l’atmosphère pour entretenir la comfistionj loxigcne ne doit pas seulement rendre possible une combustion de

l'ingrédient combustible, mais il doit se développer en quantité telle qù^ celte combustion puisse atteindre complètement le degré de combinaison qui convient le mieux pour le but proposé.

Un excès de l’ingrédient oxigéné deviendrait nuisible en ce que cet excès serait décomposé aux dépens du calorique développé, sans que celte décomposition fût utile à la combustion ; cet excès serait encore plus nuisible si le combustible ne devait pas atteindre le plus haut degré d’oxidalion, parce qu c dans ce cas il atteindrait au moins partiellement ce degré en s’emparant de l’oxigène libéré én excès. Un excès du combustible au contraire, ou cause une combinaison d’un degré inférieur à celui qu’on avait en vue, ou bien n’est pas comburé faute d’une quantité d’oxigène suffisante, circonstance qui rend nécessaire le secours continuel de l'atmosphère , sur lequel on ne peut pas toujours compter; lorsque ce combustible brûle difficilement dans l’atmosphère, où que celle-ci n’a pas un accès suffisant, cet excès reste dans le résidu sans avoir été comburé, et sa présence rallentit dans tous les cas la combustion de la mixture. Des excès notables en ingrédient oxigéné, ou en combustible, peuvent arrêter complètement la combustion. — Tout excès , même le moindre, augmente le résidu.

Il faut faire en sorte que l’ingrédient oxigéné soit forcé à abandonner, durant la combustion, toutes ses parties qui peuvent prendre la forme gazeuse, ce qui fait qu’elles profitent à l’effet et ne restent pas dans le résidu . Pour cela ii faut que le métal seul de la base de l’oxisel reste dans le résidu. Celte décomposition complète est encore avantageuse même alors qu’on doit ajouter un nouveau corps destiné uniquement à se combiner avec le métal, et déterminer ainsi la mise en liberté du corps électronégatif que celui-ci retenait.

Dans toutes les mixtures les ingrédients doivent être divisés au plus haut degré possible; et toutes les particules résultant de celte division'doivent être mélangées entre elles aussi intimement et aussi uniformément que possible (§ 8). Quand cela n’a pas lieu, les ingrédients oxigénés ne sont pas complète' ment décomposés, une partie de l’oxigène est perdue pour la combustion ; *1 en résulte partiellement des combinaisons de degrés inférieurs, effets q l| l s’augmentent encore de ce que des quantités trop grandes de combustible se trouvent réunies, et n’ont pas assez d’oxigène, tandis que dans d’autres endroits celui-ci est en excès. Par conséquent un mélange qui n’est pas assez, intime a les défauts des mixtures mal dosées, dans lesquelles la quantité des* ingrédients oxigénés ne répond pas à celle des combustibles. De là augmen-" talion du résidu et diminution dans l’effet.

Ce qui a etc dit § 72 sur le dosage et la préparation des mixtures dans lesquelles l’oxigène forme seul le corps négatif, s’applique complètement à celles dans lesquelles l’oxigène et le chlore agissent simultanément.

La mixture doit être exempte d'eau autant que possible (§ 12) ; il faut par conséquent éviter autant que faire se peut l’emploi de substances hygrosco- P'ques. Quand on est obligé de les employer, il faut en reslreindre les effets hygroscopiques, et éloigner soigneusement avant l’emploi l’eau qui peut avoir clé absorbée par ces substances.

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