C. — II
.igS CHAPITRK XVII.
L'appai^eil de mesures utilisé a reçu chez divers auteurs des formes différentes^ tous les modèles étant d'ailleurs analogues; la figure 26 représente un appareil qui a été établi par MM. Chéneveau et Laborde pour la mesure de l'émanation des eaux minérales. Les nombres du Tableau ont été calculés par M. Laborde d'après ses propres expériences et celles des autres auteurs. Quand la comparaison avec une solution titrée de radium n'avait pas été directement faite, on déduisait cette comparaison de la valeur du courant mesuré^ et des dimensions de la chambre d'ionisation.
La nature des gaz qui s'échappent des sources a fait l'objet de recherches spéciales. Ces gaz sont : le gaz carbonique^ des traces d'oxygène^ l'azote et les gaz rares : hélium^ argon^ néon. La présence de ces gaz rares dans les gaz émis par les sources a été reconnue et signalée par Lord Raleigh, par M. Ramsay et M. Dewar pour les sources de Bath, par M. Bouchard et M. Troost pour les sources des Pyrénées. M. Moureu (') a fait une étude des gaz dégagés par les sources de France et a dosé les gaz rares dans leur ensemble ; ces gaz étaient ensuite mis en présence de charbon refroidi dans un bain d'air liquide; dans ces conditions^ l'hélium et une partie du néon restent libres, tandis que les autres gaz sont absorbés. L'argon et l'hélium sont surtout présents; on trouve beaucoup moins de néon et des traces seulement de crypton. L'hélium est dégagé dans toutes les sources^ sans que le débit soit cependant en relation avec la radioactivité de la source. Ainsi la source du Lymbe, à Bourbon-Lancy, dont la radioactivité est très modérée, donne lieu au débit maximum d'hélium^ dont la valeur atteint 10 000 litres par an dans i()ooo litres de gaz rares. On peut penser que l'hélium est en ce cas mis en liberté par l'action des eaux thermales sur les minerais de radium traversés par ces eaux. Quant à l'argon et au néon, ces gaz peuvent provenir de l'air atmosphérique.
La découverte des propriétés radioactives des sources a conduit à la supposition cjue l'action physiologique des eaux thermales pourrait s'expliquer par leur radioactivité. On sait cjue l'émanation du radium agit sur l'organisme. On a aussi souvent remarqué que certaines eaux thermales auxquelles on attribue des effets physiologiques très marques, ne révèlent aucune composition chimique
(') MouuKU, Comptes rendus, 1904 el 1906.
UADIOACTIVITÉ Df SOL ET DE LAT.MOSPIIÈRE. 499
particulière (Bad Gastein^ Plombières). Enfin, on jJeut rappeler l'opinion généralement répandue, d'après laquelle certaines eaux thermales perdent leur efficacité quelque temps après leur extraction de la source; ce fait pourrait s'expliquer par la destruction de l'émanation radioactive à laquelle serait due l'efficacité des eaux. L'émanation qui a été observée le plus souvent est celle du radium. Le dégagement de l'i-manation du thorium a également été constaté. On a signalé de plus certains cas où l'émanation dégagée avait une constante radioactive différente de celles qui caractérisent les émanations connues. Ainsi MM. Mâche et Adams ont signalé une émanation dont la période est de 3,^ jours, tandis que MM. Bat— telli, Occhialini et Chella ( ' ) ont constaté [dans les eaux de S. Giuliano (Toscane) la présence d'une émanation dont la période était de 6 jours et qui produisait une radioactivité induite diminuant de moitié en 3- minutes.
221. Teneur en radium à la surface de la terre. Teneur en uranium et thorium. — Nous venons de voir que le radium est répandu à la surface de la terre, dans la croûte et dans les eaux, en quantité minime. La concentration en radium a pu être mesurée; la méthode employée consiste à doser le radium par son émanation dans une quantité connue de substance. M. Strutt ('-) a fait à ce sujet de nombreuses recherches et a soumis à l'examen un grand nombre de roches qui forment la croûte terrestre. Les roches étaient mises en dissolution soit directement par les acides étendus, soit à la suite d'une fusion avec des carbonates alcalins ; dans ce dernier cas, on étudiait séparément la solution aqueuse du produit fondu et la solution acide du résidu insoluble dans l'eau. L'émanation s'accumulait dans la solution envase clos pendant un temps connu; elle était ensuite chassée par ébullition de la solution et recueillie dans l'appareil de mesures. Les réactifs utilisés étaient préalablement essayés au point de vue de leur teneur en radium.
D'après les résultats de ces recherches, les roches les plus riches en radiuin sont les roches ignées granitiques. La teneur en radium des roches ignées varie entre i o. i o~' - et o,6. i o~' - gramme de radium
(') Battelli, Occhialim et Chella. // .Yuovo Ciniento, 1906. (-) Strutt, Proc. Roy. Soc, ignG.
par gramme de roche^ avec une valeur moyenne i , j . i o ' - gramme.
La teneur moyenne en radium pour les roches sédimentaires est un peu inférieure; elle est de i,i.io~'- gramme de radium par gramme de roche.
Les résultats numériques obtenus sont reproduits dans les Tableaux suivants :
Boches iffiiées.
Espèce minérale. Localité. Densité.
Granit Rhodésie 2,63
» Lamorna (Cornouailles) 2,6.2
Syénite à zircon Brevig (IVorvège) 2,74
Granit Roseniorran ( Cornouailles) 2,62
)) Cap de Bonne-Espérance 2 ,67
» Saint-Yves (Cornouailles ) 2,61
» Sliap Fell (Westnioreland ) 2,63
Eléolite Laurdal ( Norvège) 27/0
Granit Mayton (Devonsliire) 2,61
Blue ground Kimberley 3, 06
Leucite Somma du Vésuve 2 ,72
Granit à hornblende. Assouan 2,64
Syénite à augite ... . Laurvig (Norvège) 2,73
Péridot Ile de Rum 3 , 1 5
Pitschlone Ile de Eigg 2,41
Diorite à hornblende. Schriesheim (près Heidelberg) 2,89
Basalte à olivine .... Jalisker Bay, Skye 2,89
Euchiste à olivine ... Ile de Rum 2,97
Basalte . \'ictoria Falls 2,73
Granit à hornblende. M. Sorrel ( Leicestershire) 2,71
Dolérite Ile de Canna 2,93
Greenstone Garrik Dû Saint-Yves 2,99
Basalte Giants Causeway Antrim 2,80
Serpentine. ......... Cadgwith, Lizard 2,60
Granit Ile de Rum 2,61
Olivine » 3,22
Dunite L. Scaivig 3,34
Basalte Ovifak Groenland 3, 01
Ha en
gramme.
Par yraninie.
Par cent
cube.