‹ Traité de radioactivitéChapitre 62 sur 81 · C. — II · texte numérisé non relu

C. — II

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de l'air atmosphérique peut recevoir une explication suffisante par la présence dans le sol et dans l'atmosphère de matières radioactives. Il semble aussi très probable qu'à une distance modérée du sol le rayonnement pénétrant des matières contenues dans le sol joue un rôle prépondérant, le rayonnement du thorium pouvant d'ailleurs être plus important que celui du radium. Les variations de l'ionisation dans l'atmosphère peuvent s'expliquer par les oscillations de la teneur de l'air en émanations et en dépôts actifs; celles-ci peuvent être occasionnées par des variations de pression, par le vent, par le passage de pluies, etc.

La production de i o ions par centimètre cube correspond à une densité d'équilibre des ions, n = iàoo, si l'on ne tient compte que de la recombinaison et si l'on donne au coefficient de recombinaison la valeur i,(3. lo"". Mais la valeur de n est en réalité abaissée par suite de la présence de poussières. Le nombre réellement observé dans une atmosphère peu chargée de poussières est environ looo petits ions par centimètre cube.

Au voisinage immédiat du sol, l'ionisation est plus intense (production d'environ oooions par centimètre cube et par seconde). Cet accroissement d'ionisation peut être attribué au rayonnement a des émanations qui se dégagent du sol et des dépôts actifs formés à la surface du sol. Les particules de dépôt actif (radium A, thorium A), formées près de la surface, doivent être, en effet, entraînées vers celle-ci par l'action du champ électrique terrestre dirigé vers cette surface. En particulier le dépôt actif de l'émanation du thorium doit être ainsi retenu en forte proportion, la destruction de l'émanation ayant lieu très près de la surface.

Quelques expériences ont été faites en ballon en vue de mesurer l'ionisation de l'air aux grandes altitudes (jusqu'à (kioo'"). Les résultats obtenus sont encore peu nombreux; il semble cependant que la concentration en petits ions dans ces régions élevées est du même ordre que celle cju'on observe dans les couches inférieures de l'atmosphère. Parmi les causes ionisantes qui interviennent aux altitudes élevées, on a reconnu la présence de l'émanation du radium et de ses dérivés; quant à l'elîet du rayonnement pénétrant du sol, il doit être considérablement affaibli à ces distances. On peut donc se demander si les régions supérieures de l'atmosphère ne sont pas soumises à l'action d'une

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cause ionisante d'origine non terrestre, par exemple à raction d'un rayonnement pénétrant venant du Soleil, qui ne se ferait plus sentir que faiblement dans les régions inférieures. Cependant il n'est pas certain qu'une hypothèse de ce genre soit nécessaire. En effet, si aux grandes altitudes les causes ionisantes connues sont affaiblies, la perte d'ions par recombinaison ou par diffusion vers les poussières y est également diminuée. L'air des hautes régions ne contient pas de poussières, et sous une pression réduite le coefTicient de recombinaison a une valeur plus faible qu'à la pression atmosphérique; une même concentration en petits ions peut donc être obtenue avec une production bien moindre.

Nous verrons plus loin que dans certaines conditions l'ionisation en vase clos peut devenir très faible; toutefois elle reste observable et, étant donné la complexité de ses causes, aucune ophiion définitive n'a encore pu s'établir en ce c|ui concerne la possibilité d'une ionisation spontanée de l'air indépendante de phénomènes radioactifs, ou d'une ionisation attribuable à une radioactivité générale de la matière. Cependant, d'après ce qui précède, l'explication complète de l'ionisation de l'atmosphère par la présence, dans l'atmosphère et dans le sol, de matières radioactives connues paraît parfaitement possible.

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