HAUIOACTIVITK I)L SOI. KT I)K I. ATMOSPHÈRE
chambre d'ionisation de gaz autres que l'air (hydrogène, gaz carbonique, oxyde de carbone). L'augmentation de l'ionisation en fonction du temps dépend de la nature de la paroi; elle s'est montrée importante pour les vases d'étain ou de plomb et sensiblement nulle pour le zinc.
La connaissance de l'allure générale de la variation de l'ionisation en vase clos permet de faire des mesures dans des conditions bien définies, en utilisant soit la conductibilité initiale de l'air frais dans un récipient qui vient d'être nettoyé, soit la conductibilité limite. Mais on doit encore tenir compte des variations irrégulières et des variations diurnes.
Des variations irrégulières dont l'importance peut atteindre 5o pour loo sont de temps en temps observées (Campbell, Strong); la cause de ces variations n'a pas été élucidée. De plus il se produit des variations lentes périodiques, avec 2 maxima et 2 minima en 24 heures [Campbell et Wood, Wulf (')]. Cette variation diurne est surtout observable par le beau temps, et les courbes de variation rappellent celles qui représentent en fonction du temps la variation du potentiel dans l'atmosphère. Il semble naturel d'attribuer aux rayons pénétrants de l'atmosphère la variation périodique diurne de l'ionisation en vase clos, et probablement aussi les variations irrégulières qui peuvent être occasionnées par des déplacements de dépôts actifs dans l'air extérieur au voisinage du vase. Cette opinion a été soutenue par M. Strong (-) qui attribue aux dépôts actifs dans l'atmosphère une importance prépondérante parmi les causes d'ionisation en vase clos.
L'ionisation en vase clos augmente avec la pression du gaz contenu dans la chambre. D'après les expériences de plusieurs observateurs [C.-T.-R. \Yilson, Me Lennan, W. Wilson (■')], l'ionisation est approximativement proportionnelle à la pression pour des pressions comprises entre 4'>""" '^^ mercure et 4o atmosphères. D'après ^L Patterson ('), au contraire, l'ionisation
(') WuLF, Phys. Zeit., 1909.
(-) Strong. Amer. Phys. Soc, 1908.
(») C.-T.-R. Wilson, Proc. Roy. Soc, 1901. — Me Lennan et Burton, Phys. Rev., 1903. — W. Wilson, Phil. Mag., 1909. (') Patterson, Phil. Mag., 1903.
022 CLIAPITRE XVII.
dans le très grand vase utilisé n'aurait été proportionnelle à la pression que pour des pressions inférieures à 80""" de mercure et aurait été constante pour des pressions supérieures à ooo'""' de mercure.
L'ionisation produite dans différents gaz est approximativement proportionnelle à la densité relative [C.-T.-R. Wilson, Jaffé(')]; cette loi s'applique aux gaz suivants : air, oxyde de carbone, gaz sulfureux, chloroforme, nickel carbonyle), mais, ne se trouve pas vérifiée pour l'hydrogène.
On peut remarquer que si l'air introduit contient une certaine proportion d'émanation, la cjuantité d'émanation introduite dans le vase varie proportionnellement à la cjuantité d'air utilisée, c'est-à-dire à la pression. Il n'en est plus de même en ce qui concerne la conductibilité attribuable à l'action de rayons pénétrants venant de l'extérieur. Celle-ci varie n:ioins rapidement que la pression, pour des pressions comprises entre i et \o atmosphères, ainsi cju'il résulte d'expériences faites sur la conductibilité provoquée dans un vase clos par les rayons y du radium placé à l'extérieur (W. Wilson). L'ionisation peut, en ce cas, être représentée par la superposition de deux termes, dont l'un, proportionnel à la pression, est attribuable aux rayons y eux-mêmes, tandis que le second terme qui augmente aussi avec la pression, mais tend vers une limite, est attribuable aux rayons secondaires émis par la paroi et absorbés par le gaz plus fortement que les rayons "'. En ce qui concerne l'ionisation clans un vase clos contenant de l'air atmosphérique, la pression intervient des deux manières indiquées: T'en modifiant la cjuantité d'émanation introduite; 2° en modifiant l'ionisation due aux rayons pénétrants extérieurs. De plus, si les parois de la chambre sont radioactives, l'utilisation des rayons émis dépend aussi de la pression du gaz dans la chambre, et si les rayons émis sont en partie absorbables, en partie pénétrants, la loi de variation de cette part de la conductibilité avec la pression sera représentée par une somme de deux termes, dont l'un est proportionnel à la pression et l'autre augmente avec celle-ci, mais tend plus ou moins rapidement vers une limite constante. Suivant que l'un des effets indiqués domine, la
(') Jafkiî, Phil. Mag., 1904.