LES RAYONS X, AGENT DLPILANT
dans tous les cas où Ton cherchait à obtenir la dépilution, soit pour les maladies parasitaires du cuir chevelu et de la barbe, teignes et favus, soit dans les cas de sycosis, de folliculite de la barbe, de blépharite, soit enfin dans Thypertrichose,
ASchiffet Freund, de Vienne, revient l'honneur d'avoir les premiers fait des applications, dans un but thérapeutique, à des malades atteints de ces affections, et d'avoir ainsi ouvert la voie à ceux qui les ont suivis.
On a longtemps discuté pour savoir si la qualité des rayons influençait la rapidité de l'épilation. On admet aujourd'hui que les radiations les plus actives sont celles qui ont le moins de pénétration, parce que seules elles sont absorbées par les papilles pilaires* Mais comme elles peuvent on même temps léser [es téguments, on s'est arrêté à une pénétration moyenne, et on peut dire avec Sabouraud que les rayons les plus propres à l'obtention de la dépilation correspondent au n° 5 ou 6 du radio* chromo mètre do Benoist.
La distance qui sépare l'ampoule de la peau doit varier suivant Tétetidue de la surface sur laquelle on veut agir. C'est One erreur de fixer arbitrairement un maximum ou un minimum. Si Ton veut avoir une action uniforme, il faut que l'éclairage atteigne sur chaque point une même intensité. Pour cela, si la surface a traiter est plane ou légèrement concave, la distance de Tant ira thode à la peau sera donnée par le plus grand diamètre de cette surface multiplié par deux. Si In partir malade est convexe, la distance devra être augmentée ou le champ d'action rétréci, de façon à se mettre dans des conditions telles qu'on soit certain de l'uniformité de l'irradiation. 11 va sans dire que la durée de l'exposition devra croître comme le carré de la distance du foyer au point d'application.
Quel est le mécanisme de la chute du poil ? Y a-i-il destruction, brûlure, sidération, ete* ?
La papille pilaire est très sensible à Faction des irritants ; il
MALÀMIS M SYSTÈME ÎMLO-SÉUACÉ
est donc bien probable que c'est sur elle-même que vient se n m ^entrer Faction ïrritativ^ des rayons X, et que conséeut ment il se produit un arrêt dans la production pilaire. Voici comment Sabouraud explique ce phénomène : « La papille pilaire est d'une extrême sensibilité ; nombre de causes connues suspendent sa fonction créatrice du cheveu ; et toute suspension totale de sa fonction implique la mort et la chute du cheveu, Ainsi, est -il fréquent de voir tomber autour d'un furoncle par exemple, une couronne de cheveux, qui d'ailleurs repousseront. On dit que la papille a subi une sidération momentanée. Il est certain que les rayons X produisent une semblable sidération des papilles qu'ils ont touchées. Elles cessent progressivement leur fonction. Les cheveux qu'elles créaient enregistrent cette mort lente, par un ellilement progressif de leur partie rudieulaire. Quand la papille cesse tout travail, le cheveu cesse d'être. Ce n'est plus qu'un corps étranger ; le doigt de gant épidermique qui le contient l'élimine alors peu a peu, on s'effaçant au-dessous de lui, Après un temps, un bourgeon épithélial massue se reforme obliquement ;i la place du follicule atrophié, Son renflement de-» \H*ïit une nouvelle papille sécrétant un nouveau cheveu. »>
Il est facile de comprendre que la technique opératoire devra être différente, suivant que Ton désirera une alopécie définitive, nécessaire dans le traitement de l'hypertrichose, ou une alopécie temporaire, condition indispensable de la guérison des teignes, ftyoosia et favua.
En plus, dans les affections du système pileux, qui sont accompagnées de lésions tégumentoîres, la radiothérapie pourra influencer l'évolution de ces dermatoses concomitant' ■-.
Enfin, ki sensibilité spéciale dti certaines régions néc< de la part de l'operateur une variation de doses, pour lu! lion iTun résultat définitif irréprochable.
Tous eesfactei: - conduisent à l'étude détaillée &en afl
lions tlii ux, sur lesquelles la radiothérapie a èM
HYPEUTRICHUSE
appliquée avec succès. Nous verrons, chemin faisant, les indications spéciales à chacune.
HYPEBTRICHOSE
La radiothérapie fut appliquée, par Schiffet Freund, an traitement de Phypertrichose, quelques mois après la découverte de Rontgen. Elle parait, au point de vue technique, bien supérieure a tous les moyens préconisés et employés pour obtenir la disparition de cette rebelle anomalie* En effet, les topiques, les épilatoiree et autres drogues donnent le plus souvent des rêsultats incomplets et provoquent parfois une violente irritation de la surface cutanée ou des phénomènes d'intoxication générale, En tout cas, l'alopécie n'est pas définitive ; seule, réleetrolyse semble donner jusqu'à présent complète satisfaction* Mais si Ton veut comparer un instant cette méthode avec la radiothérapie, tous les avantages semblent être du côté de cette dernière. Avec elle, on peut, eu effet, épiler rapidement une grande surface ; fin duvet et gros poils sont également atteints : la douleur des piqûres éleetrolytiques est supprimée, et les cicatrices punctiformes ne doivent plus exister.
Aussi, pendant longtemps, la radiothérapie fut-elle considérée comme la méthode idéale d'épilation, dans l'hypertrichose. SchilF et Freund en auraient obtenu des résultats remarquables, et les nombreuses publications qu'ils firent sur ce sujet montrent assez combien ils sont enthousiastes du procédé. Freund, dans son ouvrage de 1903, expose ainsi la méthode qui lui a presque toujours doïiné des succès complets :
h J'utilise une ampoule dure, dans laquelle on peut encore voir
un peu de fluorescence verdàtre ; elle est actionnée par une
bobine de 30 centimètres d'étincelle, absorbant 2 à 3 ampères
- 110 volts. La distance de l'ampoule à la peau est fixer ,\
environ 15 centimètres» Les séances ont une très courte durée ;
3o6 MALADIES DU SYSTÈME P1L0-SÉBACÉ
elles sont quotidiennes et continuées jusqu'à ce que Ton commence à voir apparaître une légère modification de la couleur de la peau. En général, au bout de 20 à 25 séances, la chute des poils commence. Ceux-ci tombent en masse, par légère traction, ou bien restent attachés à la serviette, au moment de la toilette du matin. Leurs racines sont profondément atrophiées. La peau, lisse et blanche, peut desquamer, et les malades éprouvent parfois une légère sensation de brûlure. Au bout de 5 à 8 jours, ces symptômes douloureux se calment ; la pigmentation, fréquente chez les individus bruns, s'atténue, et la peau parait tout à fait normale. » Un fait curieux, signalé par Freund, est le changement de coloration que présentent les cheveux noirs durant les quelques jours qui précèdent leur chute : ils deviennent d'un blanc de neige. Nous n'avons jamais constaté ce phénomène.
Mais, dans le traitement de cette affection, il ne suffit pas de faire tomber les poils, il faut encore empêcher qu'ils repoussent, sinon le résultat n'est pas complet. Or, on sait que l'alopécie qui suit les irradiations de Rôntgen est temporaire ; elle n'est définitive que lorsque la réaction a été assez vive pour que les follicules pilaires soient détruits. Bien entendu, cette destruction primitive ne se produit pas sans atrophie cutanée et même s'accompagne souvent d'ulcérations et de cicatrices désagréables. Aussi cherche-t-on par un autre moyen à empêcher la repousse. Après la chute des poils, on fait absorber à la peau des doses faibles, souvent répétées, de façon à produire, peu à peu, l'atrophie de la papille et, de cette façon, empêcher la repousse, sans que, pour cela, la peau subisse des altérations notables.
Voici comment s'exprime Freund sur ce sujet : « Six à huit semaines après la chute des poils, la repousse se produit, si le traitement n'est pas continué ; elle se manifeste par l'apparition d'un fin duvet.
HYPEimuctiosE 3oy
« Chez la plupart de nos malades, nousavons pu, jusqu'ici, empêcher toute récidive, en faisant une ou deux séances supplémentaires, do quatre en quatre semaines, après l'arrêt complet de la chute des poils. L'importance de ces séances complémentaires résulte de ce fait, que dans les cas où ce traitement supplémentaire n'a pas été fait, il y a eu récidive, deux mois après la eeasation des applications Cette façon d'agir doit être poursuivie pendant douze ou dix-huit mois, pour espérer un résultat définitif. Os faitfl rendent très probable l'hypothèse qu'il suffit dictions très légères pour maintenir l'altération du bulbe au degré voulu pour empêcher la repousse des poils»
« J1ai fait des essais nombreux» qui ont démontré que j'ai eu jltats définitifs, et quelques malades n'ont pas eu de récidive depuis %1 ans.
« Au bout de quelques mois, la peau, qui était tendue ou lé{ rement atrophique, reprend, suivant l'intensité du traitement, son aspect habituel. Seules, les places occupées parles follicules présentent une petite tache fine, blanchâtre, atrophique, qui disparaît à la longue.
« Le résultat est d'autant plus parfait que l'intensité des applications a été calculée de façon à éviter toute réaction superlicielle et a déterminer néanmoins la chute des poils. »
Sehifî et Freund attribuent une grande valeur à ce procédé. Ils n'ont presque jamais eu de résultat dé favorable. Freund signale cependant le cas d'une jeune fille blonde, qui, traitée par les rayons X pour de T hyper trichose des avant -bras, vit apparaître des tâches brunâtres sur la région irradiée; elles dïsparuiviil très difficilement. II ajoute, du reste, qu'il n'a jamais vu les modifications éléphantiasiques et scléreuses signalées par Balzer et Monacaux, Salomon, Barthélémy, Behrend, Hallopeau et Gadeau.
Jutassy a traité 44 cas d'hypertriehose. Il a cherché une réaction suffisante pour obtenir Tépilatiou. La méthode employée
MALADIES DV SYSTÈME PÏLO-flÉHACé
fut celle de SchîfF et Freund. Elle fut appliquée de façon â produire une inflammation chronique de la papille et, par suite, sa dégénérescence. Il a obtenu des guérisons complètes sans récidive, tout en évitant la radiodermite. Mais, il recommande d'agir avec beaucoup de prudence. Pour lui, les personnes jeunes sont plus sensibles â l'action des rayons X que les gens Agés. Il croit même que la peau des blondes réagît plus violemment quQ rr Ile des brunes ; les poils adultes tombent plus facilement que le duvet. Comme Kienbock, il a remarqué que la réaction était plus vive au centre d'incidence, et il en a conclu que les rayons perpendiculaires étaient les plus efficaces* Nous avons pi demment expliqué ce phénomène et montré que les différences locales, dans l'intensité réactîonnelle, tiennent à l'inégalité de la quantité absorbée*
Kienbôck n'est pas aussi enthousiaste, quoique chez certaines malades la radiothérapie lui ait donné d'excellents résultais. Il s'exprimait ainsi en 1901 : r Lorsque l'on traite l'hyperlrichose du visage de la femme, on peut dire, aujourd'hui, qu'une seule série d'irradiations ne détermine qu'une alopécie passagère, quand il ne s'est pas produit une radiodermite grave. Il faut éviter à tout prix cette réaction, qui laisse à sa suite» sinon des cicatrices, du moins de 1 atrophie cutanée. En général, mn guérisou définitive ne peut être obtenue qu'au bout d une ou plusieurs années, durant lesquelles on empêche la repousse par des irradiations légères, répétées plus ou moins souvent, selon les cas. De cette seule façon on peut éviter toute réaction désagréable,
« Dans la plupart des cas, le résultat est satisfaisant au point de vue esthétique, mais il faut savoir qu'il se produit pnrfois des anomalies pigmentaires et des modifications cutanées de la région irradiée, lorsque le traitement a dû être poursuivi pendant longtemps. »
Aussi, en 1902, au Congrès de Berne, tout en reconnaissant aux rayons X leur propriété épilatoire, il en restreint considê-
HYPERTRICIUXI-
3qQ
rablement les indications. Pour lui, seuls les cas graves d'hypertrichose doivent être traités par la radiothérapie ; car Talopéde peut être accompagnée d'un certain degré d'atrophie cutanée» do télangiectasics et d'anomalies pigmentaires, qui constituent des suites éloignées du traitement, parfois très désagréables.
Eu (in, dans le rapport que fît cet auteur au Congrès de Grenoble en 1904, il s'exprime ainsi : « L'hypertriehose du visage chez les femmes ne doit pas être traitée par les rayons X, puisque après une série de radiodermites du deuxième ou du troisième degré, pour épiier la première fois et pour combattre les repousses, il survient une cyanose permanente ou, plus tard» une atrophie de la peau avec dépigmentation et télangiectasies, puisque après une seule séance normale un peu forte (de 4 à 6 H) peut apparaître, tardivement, l'atrophie cutanée, qui va même encore en progressant pendant plusieurs mois, i
Holzknecht, tout en reconnaissant qu'il existe une grande difficulté dans l'application de ce traitement, ne le condamne pas d'une façon absolue. Il conseille une méthode différente, suivant qu'il s'agit d'épiter des femmes âgées ou des jeunes filles,
Cbex les personnes âgées (après la ménopause habituellement), il fait absorber eu une fois 3,5 H, puis attend quelques semaines et recommence trois ou quatre fois,
Il se produit quelques phénomènes inflammatoires légers, les poils tombent, et on commence à voir apparaître une légère atrophie cutanée après la troisième ou quatrième application : on suspend alors le traitement* On le continue dans la suite selon les cas.
Lorsqu'il s'agit de jeunes Biles qui, au moment de la puberté, présentent derhypertrichose et veulent être traitées, Holzknecht conseille deux méthodes : faire absorber 3 H, attendre six à huit semaines et recommencer de 5 à 15 fois, ou bien procéder
3io
MALADIES DU SYSTÈME PILu-m' i;.\. Y
par doses réfractées^ c'est-à-dire fiiire absorber "2 H seulement, toutes les trois ou quatre semaines peudant une demi-année.
On suspend alors le traitement pendant deux mois et OU recommence le cycle. Grâce a ce procédé, l'auteur éviterait les taches pigmcntaires et l'atrophie cutanée, si disgracieuse dans certains cas.
Oudina publié l'observation d'un jeune homme, chez lequel il obtint, tu bout d'un certain nombre de eé&ocee, une épilation par* tielle des avant-bras, Les applications avaient été faites tous les jouis: la première avait dturé 3 minutes, et le temps avait été augmenté chaque jour de 30 secondes, jusqu'à un maximum de 4 minutes et demie* Au bout de la quinzième séance, les poils commencèrent à tomber et continuèrent jusqu'à la trentième. Le malade ne put être suivi plus longtemps, car il dut quitter Paris. Pttâey, en Amérique, cite deux guérisons complètes et définitive?. Une jeune fille, atteinte d'hypertrichose de la lèvre supérieure et du menton, fut guérie en 85 séances. L'autre patiente a subi 67 applications. Les seules réactions qui se produisirent lurent un peu d'érytliéme et d'hyperpigmenlation,
Enlîn des médecins allemands, anglais, américains, hongrois, suisses, etcM ont obtenu par ce procédé des résultais plus ou moins favorables. Citons, entre autres : Ehrmann, (îrunmach, Grouven, Etabli, Lévy-Dorn3 Benedikt, Sjôgrcn et Sederholm, Durnstrey, Sharpe, Ullmann, Neville Wood, James Startin, Havas, Lancashire, Kaposi, etc.
Jutussy et K» Minieh ont examiné au microscope des morceaux de la peau d'un lapin qui avait ét<; épilée par les rayons X : « La couche t!e Malpighi recouvre le derme sur un plan reetîligne, et, ça et là seulement, on voit quelques follicules. llssVnfoncent plus ou moins profondément* Le plus souvent ils sont situés dans la couche la plus superficielle du derme. Ils ne possèdent pas de lumière. A la place des poils se trouvent des cellules épidermiques atrophiées, sans contours nets, ou des débris
I1YPERTR1CHOSE
3ii
de cellules* Quelques follicules vont plus profonde ment et contiennent de minces débris de poils noirs, qui se terminent etf ^'effilochant, avant la papille,
« La papille elle-même semble atrophiée.
« Les poils, qui normalement Boni implantés dans la peau, sont ici Irèfl ] » i 1 1 nombreux. On ne peut pas trouver leurs follicules, et, à leur place, on voit du tissu conjonctif riche en éléments cellulaires.
« Dans les couches profondes, on distingue des grains de pigment. À ce niveau, les vaisseaux sont très dilatés, remplis de globules sanguins, sans thrombose, On ne constate pas d'anomalie des nerfs un peu volumineux. Le point essentiel à retenir est l'atrophie du follicule et de la papille du poiL »
Xemman a fait des constatations analogues.
Huelques auteurs ont employé une méthode mixte. Ils ont adjoint la radiothérapie k l'électrolyse. Ainsi Walsh fait d'abord agir les rayons X, puis au bout de quelques semaines, lorsque les poils se laissent facilement arracher, il procède a Pélô-CtrOlyse de chaque follicule pileux dont le poil s'est laissé enlever.
On se perd facilement au milieu de ces observations et de ces résultats ; il est important, pour élucider la question, d'avoir bien présent ù l'esprit le résultat cherché.
Le traitement de Thypertrichose ne peut avoir de valeur que s'il remplit deux conditions : l'alopécie définitive et l'absence de modifications cutanées,
L'action dépilante des rayons X est trop connue pour qu'il soit utile d'y insister ; mais ce qu'il faut savoir, c'est que la repousse se produit ordinairement 7 à 10 semaines après l'épi lation. Dès lors, le procédé est inférieur à rélectrolyse, et si lbn veut qu'il soit pratique, il faut faire en sorte que la repousse ne se produise pas. C'est ce problème qu'a posé notre maître, M. le docteur Brocq, en 1902, à la Société de dermatologie : « Les
dermatolûgistes serout toujours très réservés dans l'application de cette méthode, jusqu'à ce que les spécialistes aient nettement précisé la technique à employer. Il est a désirer qu'ils arrivent rapidement à déterminer avec certitude comment il faut procéder pour obtenir une dêpilation momentanée avec repousse consécutive, ce qui serait utile dans les teignes ; comment il faut procéder pour obtenir une dêpilation définitive, but qu'il faudrait atteindre dans l'Iiypeiirichose. »
Aujourd'hui, nous savons comment nous devons procéder pour épiler une surface velue.,, mais nous ne sommes jamais certains de produire une alopécie définitive, tout en respectant l'intégrité de la peau.
Ce dernier point est capital. L'hypertrichose ne constitue pas une véritable maladie, le plus souvent elle n'occasionne qu'une gène esthétique, Ce sont, en eflet, des femmes ou des jeunes filles présentant sur le visage, les lèvres, les joues ou le menton une barbe plus ou moins abondante, qui s'adressent au médecin. Cette anomalie, qui parfois les rend ridicules, les navre profondément. Elles veulent à tout prix être débarrassées de leur surproduction pilaire* Mais, en même temps, elles réclament l'absence de toute réaction inflammatoire violente. Lmr désir, du reste, est parfaitement légitime. Il faut rendre au visage sa beauté en y supprimant la barbe, mais si ce résultat doit être suivi de lésions cicatricielles, d'hyperpigmentation, de télangieet;isirs, etc., l'aspect objectif, loin d'être amélioré, sera souvent n in lu plus disgracieux qu'il n'était avant le traitement. On comprend aussi qu'il serait désagréable pour une femme d'avoir sur le visage un érythème intense accompagné ou non de vésiculation, ou une liyperpigmentation précédant ou suivant l'apparition de l'alopécie, alors même que ces phénomènes ne seraient que transitoires. On peut, avec Freund, poser le problème de la façon suivante: L'effet idéal sera produit lorsque, pendant toute la durée du traitement, l'intensité aura été réglée de telle façon.
HYlThTRICHOSË
qu'il n'y aura jamais eu de modification apparente de la peau. Est-il possible d'arriver à ce résultat ?
11 est certain que, pour obtenir l'alopécie définitive, il faut produire l'atrophie de la papille ou sa destruction* On peut le faire rapidement, en occasionnant une dermatitc violente, mais ce résultat sera déplorable au point de vue esthétique, a cause des cicatrices, des pigmentations et des anomalies de coloration qui apparaîtront sur la région précédemment lésée.
Il faut donc faire des irradiations très légères, de façon à irriter la papille, à la sidérer* comme dit II. Sahouraud, et de cette façon obtenir la chute des poils. Puis, dès que de nouvelles productions apparaîtront, on fera de nouvelles séances, courtes et plus ou moins espacées, suivant la gravité et la rapidité de la repousse et la sensibilité des téguments. De cette façon, la p&« pille sera irritée, et peu à peu on arrivera à la rendre complètement incapable de donner naissance à un nouveau poil. C'est la méthode préconisée par Schiff et Freund.
Mais est-on sur, même en supposant que Ton puisse calculer et doser exactement la quantité nécessaire, de produire l'atrophie dr ia papille, sans qu'elle soit accompagnée d'un peu d'atropine cutanée ? Nous savons bien que le follicule pileux est plus sensible à l'action des rayons X que la peau elle-même, mais cette différence de sensibilité est-elle suffisante pour permettre à la dose convenablement choisie de modifier la papille, sans léser en même temps la peau?,,. Question difficile à résoudre!
D'après Sehiff et Freund, on peut arriver à des résultats définitifs, sans trace cicatricielle, mais le traitement demande des années ! Nos expériences et celles de bien d'autres sont loin d'être aussi encourageantes. On parvient bien à faire tomber les poils du visage en ne déterminant qu'un léger érytlieme, maïs la repousse est rapide. On agit de nouveau, mais, au boni d'un certain temps, on voit les poils repousser à nouveau, et il faut n'estimer heureux, quand au milieu de ces alternatives ne sur-
MALADIES W MflSTÈMS PlLo-H'-lt \< i
viennent pas des modifications dans la coloration dos téguments. Une malade que nous traitons depuis bientôt ira an, nVst pas guérie. Les poils repoussent plus petits, plus lins, moins colorés, mais ils repoussent, au grand désespoir de la pâli en te !
Vussi, croyons-nous que pour cette affection la radiothérapie est loin de répondre aux espérances qu elle avait fait naître. Dans L'état actuel de nos connaissances techniques, on ne peut pas être certain de produire une alopécie définitive, et on peut craindre, chez certaines personnes particulièrement sensibles, l'apparition de lésions cutanées durables, souvent plus disgracieuses que rhvpertriehose elle-même.
Et puis, il faut le rappeler que, si les cheveux tombent facilement sous l'influence des rayons, il n en est pas du tout de même des poils lins et soyeux qui ombrent le visage de certaines femmes ; on éprouve parfois une grande difficulté à obtenir un résultat. Nous avons eu une malade brune, qui présentait sur le menton quelques petits poils foucès dont elle trouvait reflet disgracieux. Nous avons fait absorber à la région environ 4 a 5 unités M, dose sullisante pour produire une alopécie complète sur la plupart des cuirs chevelus. Nous avons vu apparaître un léger éry thème, suivi d'hyper pigmentation. Au bout de i mois et demi à 2 mois, ces phénomènes inflammatoires se smil calmée, mais les poils ne sont pas tombûs !
Bien plus, il nous est arrivé, dans le traitement de certains cas de sycosis de la barbe, de déterminer en quelques points, par une dose normale, l'apparition d'une radiodermite légère. Nous avons craint, au début, que la réaction soit suivie d'une alopécie totale. En réalité, au bout de deux à trots mois la barbe a repoussé partout et il nous était alors impossible de pouvoir distinguer les places où lu réaction avait été plus violente.
Il est possible, comme le dit Sabouraud, que toute radiodermite entraîne toujours au cuir chevelu l'alopécie définitive
IlYPEftTfUCHOfiE 8t6
totale.-, mais cette assertion devient inexacte si on veut l'appliquer à tout le système pileux.
On sait aussi que la radiothérapie est employée dans la pelade pour favoriser et activer la repousse : dans ce cas, la dose absorbée doit être très légère, car il faut stimuler lu papille par une irritation légère et ne pas l'atrophier. Des résultats indéniables ont été obtenus par ce procédé.
On voit, par là, combien sera difficile et compliqué le traitement de l'hypertrichose. Si la dose est trop légère, on risque d'exaspérer la lésion ; ©ï elle est trop élevée, on produit l'alopécie, mois elle est accompagnée de troubles cutanés.
Si l'on veut un instant réfléchir à l'imperfection des instruments de mesure que nous possédons, on comprendra combien le traitement de cette affection par les rayons X est actuellement difficile, pour ne pas dire impraticable.
Du reste, à part Schiff et Freund. la plupart des praticiens, Béclère, Ehrmann, Kienbôck entre autres, sont peu partisans de cette méthode, et la radiothérapie est encore loin de remplacer Télectrolyse*
Aussi croyons-nous que c'est seulement dans les cas gravée qu'il famlra l'employer. En seront justiciables les visages féminins pourvus d'une barbe abondante, longue, épaisse et disgracieuse ; car, dans ce cas, une légère atrophie cutanée sera moins désagréable que l'aspect primitif. On pourra aussi l'essayer lorsque Thypertrichose se manifestera par un duvet foncé et épais, cas où l'ëlectrolyse est impraticable.
Voici alors, à notre avis, quelles règles devront guider le médecin.
C'est, en résumé, la méthode qui nous a donné les moins mauvais résultats.
Les rayons seront peu pénétrants et marqueront environ 5 au radioehromomèti >■ de Benoist. L'étincelle équivalente sur notre installation est de 2 centimètres et demi, La surface à traiter
3l6 MALADIES DU SYSTÈME PILO-SLBACÉ *
géra choisie do grandeur telle que l'éclairage y soit partout uniforme, La distance de l'ampoule I là peau «ara de 16 centimètres, par exemple, et permettra ainsi d'irradier, également, un espace circulaire ayant 7 centimètres de diamètre environ.
Dans les endroits où le visage présente des surraces courbes ou des angles, on devra 1rs décomposer en petites suri façon a ramener le plus prés possible d'une surface plane la région traitée. On pourra se servir d'une lame de plomb pour proléger les parties sur lesquelles on ne veut pas agir. Mais, dans ce cas, il faut prendre soin de la déplacer continuellement, pour éviter l'apparition dune ligne de démarcation brusque entre la région traitée et celle qui a été épargnée ; sinon, l'aspect est tout à lait disgracieux.
La quantité nécessaire pour produire l'épilation varie entre 3 el \ unités H (par espace traité, bien entendu). Mais il faut modifier cette dose, en tenant compte de la sensibilité spéciale des régions, particulièrement des lèvres, et de la coloration de la peau du patient (bruns).
On la fait absorber en une seule séance ou en plusieurs applications successives. Généralement, il ne survient qu'un léger érytlième ; parfois même aucune réaction n*est visible, surtout si la dose n'a pas dépassé 3 H. Les poils commencent à tomber 12 ou 15 jours après la fin des applications. Parfois la dépilation est totale, souvent elle n'est que partielle.
Mrs que tout est calmé, c'est-a-dire 30 à /|0 jours après la première application, on fait une nouvelle exposition en faisant absorber à peu prés la même quantité.
On peut ainsi obtenir, petit à petit, une épilatioa totale. 11 haï alors prévenir la repousse ; cm fait pour cela tous les deux mois, plus ou moins souvent suivant les cas, une courte séance de 5 à 10 minutes, en faisant absorber 2 H environ. On pourrait arriver par cette méthode a une guérison complète, au bout d'une à deux années. Mais il faut se rappeler que cette voie est pleine
(Téeuâils et qui:, le plus souvent, le résultat définitif est imparfait, car souvent apparaît, au bout d'un an de traitement, une atrophie spéciale de In peau.
Lorsque Thypertrichose est circonscrite, la radiothérapie peut être avantageusement employée ; cette méthode est également indiquée dans le nœvus pileux. La dose nécessaire varie, suivant les cas, entre 4 et 5 H. On la fait absorber en une seule séance. Dix à quinze jours après, apparaît sur la partie traitée un érythème plus ou moins violent, accompagné parfois d'infiltration œdémateuse de la peau. Puis l«*s poils commencent à tomber, et, au bout de quelques jours, l'alopécie est totale. Enfin la peau, devenue glabre, reprend un aspect le plus souvent normal. Six à dix semaines plus tard, survient une repousse, qui est traitée par une faible irradiation de 2 à 3 II. Au bout de six à huit mois de traitement, les cheveux qui repoussent sont atrophiés, petits, souvent décolorés. Après une ou deux années» la partie traitée finit par rester pflabre, mais alors survient souvent l'atrophie spéciale, que nous avons déjà signalée tout à l'heure.
II faut bien remarquer que, dans ces cas, le résultat est tout aussi peu parfait que dans Thypertrichose généralisée. Mais, comme avant le traitement, la lésion était le plus souvent très apparente ; l'atrophie cutanée, très localisée (nœvus), est beaucoup moins disgracieuse que les poils auxquels elle a succédé.
Nous nrî résumerons qu'une seule observation, à cause du peu d'intérêt qu'elles présentent, en général :
M nie Jt T...» 35 ans, atteinte depuis deux ans d'by périr icuosc de la face, Itarbe assez abondante sur le menlon, sur les joues et sur la lèvre supérieure. Traitée sans succès par les épilatoires* Acné concomitante*
Elle a subi, du âfi mai UK)H au .s mars 19M, 17 séances, avec dose moyenne de 3 à A II. Les poils tombèrent ordinairement après une seule séance ; mais la repousse tut rapide, yueiquelois un érytbème assez prononcé apparut, mais ne fut suivi d'aucun autre phénomène inquiétant* L'acné concomitante lut améliorée. A la longue, les poils repoussèrent de moins en moins nombreux, et I alopécie lut complète par places. Mais
3l8 MALADIES DU SYSTÈME PILO-SÉBACÉ
nous devons dire que, môme après ce long traitement, la malade n'est pas guérie ; elle a encore, par endroits, un peu de barbe.
TRICHOPHYTIE8
Dans le traitement de l'hypertrichose, on cherche à obtenir une alopécie totale définitive de régions anormalement velues. Mais, dans ce cas, les poils ne sont pas malades, et l'esthétisme seul justifie le traitement.
La situation n'est plus la même, lorsque les cheveux sont atteints de teignes cryptogamiques. Au lieu d'être saines, les productions pilaires sont lésées. Elles sont envahies, jusqu'à leur renflement terminal, par des colonies parasitaires. Il faut les en débarrasser pour obtenir la guérison.
Un premier procédé, longtemps préconisé, est l'antisepsie. Mais, comme le disait Sabouraud, il y a sept ans : « Non seulement aucun traitement connu n'est curateur des teignes tondantes, mais je me crois môme autorisé à prévoir qu'aucun traitement antiseptique quelconque ne parviendra, dans l'avenir, au but cherché. Car si Ton peut varier la nature chimique des antiseptiques, cela change à peine leur pouvoir physique de pénétration. Ils seront solides, liquides ou gazeux, et se heurteront toujours au même obstacle mécanique, qu'aucun des agents employés, quelle que soit sa nature, n'a pu franchir, à bien loin près : la racine du cheveu est inaccessible aux antiseptiques externes. »
Ce que Sabouraud disait pour les teignes tondantes est également vrai pour la teigne faveuse. Mais, dans cette dernière, un procédé mécanique peut conduire à la guérison : c'est l'épilation à la pince des cheveux malades !
Dans les teignes tondantes, le cheveu est devenu cassant ; on ne peut donc plus l'enlever avec la pince. Au lieu d'être arraché en entier, il casse en son point le plus malade. Sa racine garde des spores à foison. Ce cheveu continue à pousser, mais le para-
TRICHOPIïYTIES 3l£
siir continue a s'y développerai la maladie, au Heu d'être guérie, continue à progresser.
Comme le dit Sabouraud dans son article sur la radiothérapie des teignes, auquel nous ferons de larges emprunts, la solution du problème ne pouvait être fournie que par un agent capable de suspendre quelque temps la fonction de la papille qui orée te cheveu.
Dans ce but» cet auteur avait essayé remploi d'une toxine spéciale ; mais l'alopécie n'était pas localisée au point d'inoculation.
L'acétate de thallium lui donna bien des alopécies parfaites T mais les accidents toxiques qui les accompagnaient l'obligèrent â renoncer à cette méthode.
La découverte de Rôutgen a complètement changé la thérapeutique de ces affections.
En faisant agir les rayons X sur la surface malade, pendanl ti n temps convenable, on produira une épilation plus ou moins parfaite, un arrêt dans la production pilaire, par suite un nettoyage du foyer infecté, puisque les cheveux qui renfermaient le parasite auront. 6t4 totalement expulsés.
On comprend facilement que, dans le traitement de cette affection, non seulement on ne devra pas chercher à obtenir une alopécie définitive, mais qu'il sera nécessaire de régler les irradiations de façon à l'éviter. En effet, la repousse est une des conditions du traitement. Les nouveaux cheveux devront être sains, si le follicule a été précédemment débarrassé de tout germe pathogène.
Tout cela démontre la valeur réelle du nouveau traitement. Nous savons qu'il est relativement facile de produire, par la radiothérapie, l'alopécie, Le seul point difficile est de rendre cette alopécie définitive. Dans ces affections, il faut, au contraire, qu'elle soit temporaire. Les rayons X sont donc pour le praticien un précieux auxiliaire*
Il est bien difficile de faire un historique même incomplet de
3&Q MALADIES DO SYSTÈME PÎLO-SÉBACÉ
la question. Presque tons les médecins qui se sont occupés de radiothérapie, ont obtenu des résultats plus ou moins probants.
En 1806, Freund essayait déjà le traitement des teignes par les rayons X, et, en 1900, SchifT affirmait au Congrès de Paris que la radiothérapie était, sans conteste, le traitement d'avenir de la teigne tondante et du fa vus.
Depuis lors, en Allemagne, en Angleterre, en Amérique, nombre d'essais partiels furent tentés. Ou'il nous suffise de citer les noms de Zïemmsen, Kienbock, Àlbers Schônberg, Hahn, Grouven, Lion, Norman Watker, Schollz, Boczar, Bukofsky, Soeoloff, Pusey, etc.
A Paris, les premiers essais d'épîlalion furent tentés par Oudin i \ Barthélémy. Il est vrai que leurs expériences ont plutôt porté sur des systèmes pileux normaux (région pubienne). Puis Gastou, Vieira et Nicolau ont présenté à la Société de dermatologie quelques observations de teigneux, guéris ou améliorés par là radiothérapie*
Nous- même, avec Bisserîé, nous traitons par cette méthode, depuis deux ou trois ans, les quelques teigneux qui nous viennent à Broca, à la consultation du docteur Brocq* Depuis bientôt un an, nous nous sommes arrêtés à une méthode qui nous permet, dans la plupart des cas, d'obtenir une alopécie temporaire suivie d'une j^uérison complète, au bout d'un laps de temps plus ou moins long.
Dans le courant de Tannée 1903, M* le docteur Sabouraud nous lit l'honneur de nous adresser son technicien, M. IL Noire, pour que nous lui montrions nos résultais et que nous lui indiquions notre technique*
Les résultats qu'il obtint furent excellents, et le nombre de malades dont il disposait lui a permis de fixer, avec plus de précision, les règles pratiques du traitement des teignes par les rayons X. Il a publié ses premiers résultats dans les Annales de l'Institut l Pasteur de janvier 190^, avec laclarté et la méthode qui le caractérisent.
l'ftli IIOI'HYTIKS
Ou connaît la fragilité du cheveu teigneux et l'impossibilité de l'arracher complètement par les moyens mécaniques habituels. Les rayons X, en produisant un arrêt momentané dans la production papillaire, déterminent une alopécie parfait*
Ordinairement, dans cette affection surtout fréquente au cuir chevelu, la lésion n'est apparente que par la raréfaction locale du système pileux, due à ce que la plupart des cheveux malades sont cassés plus ou moins prés de la surface cutanée. Parfois, cependant, ou peut voir sur la région atteinte quelques squames et quelques croûte! les. C'est dire que l'inflammation locale est ordinairement minime.
Kienbûck avait indiqué la dose de 5 à 7 unités H de l'échelle d'Holzknecht comme nécessaire et suffisante pour produire le p dation d'un cuir chevelu malade. Bien entendu, les rayons employés devaient être peu pénétrants. Avant lui, Schiff, Freund et d autres taisaient, avec un tube dur, des séances courtes et souvent répétées. Quelques cas de. teignes ne furent guéris qu'après 40 ou 50 applications environ.
Tout dernièrement, Sabouraud vient de fixer ainsi une formait* thérapeutique : w Pour guérir une plaque de teigne, il faut l'exposer à une distance de t5 centimètres du centre de l'ampoule de Yillard, Tampoulr ayant une résistance constante correspondant a la quatrième division du radiochromomêtre de Banoiat, jusqu'à ce que In source électrique ait fourni unn somme de \ correspondant à 4 et demie ou 5 unités H de Holzknecht. *» En agissant ainsi, ajoute-t-il, on obtiendra exactement 04 un «m «l'-sîre, c'est-à-dire la dépilation pure et simple de la région insolée, sans plus, sans complication de brûlures bénignes ou graves d'aucune sorte, en un mot sans accident.
Dans les premiers essais que nous fîmes, il y a trois ans* fti Bisserié, imbus des idées de SchifFet FreumL dépourvus d'instruments de mesure, nous faisions des séances courtes, souvent répétées, al les résultats qui les suivaient étaient invguliers
BLLOT ai
et imparfaits, Mais, des que nous eûmes des instruments plus précis, nous employâmes notre méthode des doses massives. Comme le dit Sabouraud, nous croyions une séance do 25 minutes nécessaire et suffisante, parce que ce temps nous Hait nécessaire pour faire absorber la quantité voulue, avec l'installation dimt nous disposions.
Pour tixer 1rs idées, supposons qu'il s'agisse d'un malade atteint d'une saule plaque teigneuse, située sur la face supérieure de la tête» Nous faisons asseoir notre patient et nous irradions la région malade en protégeant les parties saines, mais ♦ ii empiétant d'environ 1 centimètre sur les cheveux normaux. Cette protection se faisait, au début, par une lame de plomb percée d'un orifice de forme el de dimensions correspondant à retendue de la lésion. Cette plaque métallique Mail lourde, peu pratique et difficile à mettre en place. Aujourd'hui, nous nous servons de notre localisateur, et un tube de diamètre il de longueur convenables limite exactement le champ d'action, Sabou* raud emploie un dispositif analogue très pratique, construit par Drault
Les rayons utilisés sont des rayons n° 5 ; rétineelle équivalente est, avec notre installation sur bobine, de 2 centimètre . r demi stj avec celle sur machine statique, de 2 centimètres seulement.
En une seule séance ou en deux séances consécutives, nous faisons absorber a la partie malade 5 11 de I échelle d'HolzkneeliL Cela demande, suivant l;i distance de l'anticathode à la peau, 15 à 35 minutes environ.
Le cuir chevelu, a la suile de ce traitement, ne présente aucune modification immédiate. Souvent, vers le sixième ou le dixième jour qui suit l'application, on peut voir^ sur la région irradiée, un léger erythème, à peine perceptible. Quelques auteurs croient même qu'il se produit toujours, mais que sa constatation est difficile ; il passe, par suite, souvent inaperçu,
TRlUtOPlIYTlES
Au bout de quelques jours, trois ou quatre suivant Sabouraud, il disparait et est remplacé par une pigmentation si peu apparente, qu'il faut la rechercher soigneusement pour la voir. Du quinzième au vingtième jour, suivant les cas, sur toute Taire insolée, les cheveux commencent à tomber, au moindre effort de traction et souvent même spontanément. Avant leur chute» ils peuvent changer de coloration, ainsi que l'ont signalé quelques auteurs* Nous n'avons jamais constaté ce fait ; mais nous avons remarqué que parfois ils paraissent atrophiés, et que l'ensemble des cheveux irradiés est un peu plus gris, plus terne, que ceux qui ont été respectés. Ils sont comme brûlés, disent les malades.,., les comparant ainsi à la plante qui se flétrit sous l'action intempestive des rayons solaires.
Au bout de quelques jours, la dépilation est complète* On peut, comme le conseille Sabouraud, l'activer par des savonnages quotidiens, suivis d'une friction douce avec une liqueur faiblement iodée, pour assurer l'antisepsie de surface.
Nous connaissons le mécanisme de l'alopécie; les cheveux tombent par suite de la sidéra tion de la papille* Sa fonction créatrice est arrêtée pendant un certain temps ; aussi le cheveu malade est-il expulsé, depuis longtemps, quand pousse le nouveau cheveu*
k Lors même que la repousse du cheveu nouveau suit de très près l'expulsion du cheveu mort, dit Sabouraud, l'un reste séparé de l'autre, ordinairement, par une épaisseur d'épiderme complet, interposé. Ainsi, peut-il se faire qu'un parasite spécialisé à l'épidémie corné, habitant un cheveu mort en expulsion, soit jeté hors de la peau, par un processus physiologique d'élimination^ sans que le cheveu nouveau qui pousse au-dessous du cheveu mort soit contaminé* Les cheveux teigneux sont éliminés, comme les cheveux sains, par atrophie momentanée totale Je leur papille. Eux aussi s'effilent peu à peu, se séparent de leur papille et sont expulsés, n
MAI \DILS TU" SYSTKME plLO-Sl'jBACE
Telle est la pathogénie de la guérison. C'est à une action purement mécanique, pour ainsi dire, que Ton doit la disparition des trichophytons* 11 ne faudrait pas croire, en effet, que les rayons X exercent, dans ce cas, un effet bactéricide. Dans les conditions thérapeutiques habituelles, cette action n'existe pas. Le triclmphyton conserve sa vitalité, mais le cheveu dans lequel il a élu domicile est expulsé. Les dernières parcelles de cheveux malades qu'on recueille à la surface de la peau, au moment de leur expulsion, sont encore infiltrées de parasites vivants, Les cultures pratiquées, par Saliouraud etd'uut: avec ces débris furent invariablement positives.
Ce fait permet de "<miprendre combien la réinoculation est facile sur des aires non traitées de la même tète : « Quand, dit Sabournud, les cheveux teigneux tombent, ils sont d'admirables porte-graines. Ce fait explique la nécessité d'une antisepsie constante du cuir chevelu, depuis l'opération jusqu'à la période de déglabratiou constituée, »
On peut, pour cela, recommander les savonnages avec du savon au naphtol, OU, comme on le pratique à Saint-Louis, des frictions journalières de tout le cuir chevelu avec une teinture d'iode étendue & 5 fois son volume d'alcooL
Si la région atteinte a été convenablement traitée, la repoussa commence à se faire au cours de la septième ou huitième semaine qui suit la dépilation, c'est-à-dire environ dix semaines après le début de l'opération. Mais ce qu'il faut savoir, c'est qu'en général la repousse est très lente ; elle se produit toujours, du inoins dans les cas que nous avons pu suivre, mais parfois elle ne commence que douze mi treize semaines après répilatÎMiL DflUi lea i eta normaux, dit Sabiiuraud, elle est à peu prèi ootnph ■!♦■ deux mois après qu'elle a oommen
Ce retard peut 4tr«s Donaidérë Dommfi un inconvénient de la
thode, mais té il la rend excellente.
En effet, le dernier débris de cheveu malade est expulsé depuis
TRICILOPHYTIES
longtemps, quand les cheveux nouveaux apparaissent. Ceux-ci w> peuvent donc pns rire infectés par le parasite, puisque, depuis déjà longtemps, il a été expulsé hors du Follicule,
Il est évident que la plus ou moins grande rapidité de la repousse dépend de la sensibilité du sujel, <l>- la régioû, et surtout de la quantité des rayons X qui a été absorber.
Plus la réaction aura été vive, plus la repousse sera tardive, et cela nous amène à l'élude des accidents légers qui peuvent survenir dans le traitement de ces affections.
La quantité ô H, que nous avons fixée, représente un»1 dose moyenne, pour un cuir chevelu d'adulte. Chez l'enfant, 'i H et même moins seront souvent amplement suffisants. Nous répéterons encore que le temps de pose ne signifie rien ; ce qui importe, c'est la quantité de rayons X, En plus, il faut tenir compte des différences individuelles. Nous avons vu des malades qui sentaient une dépilatinn incomplète, après avoir absorbé <> M : chez quelques autres, il se produisait, surtout au voisinage du Centre duplication, une légère réaction, constituée par l'apparition de quelques pustules avec croutelles, qui cédaient vite aux applications de glycérine indée à 1 p. 40.
Lorsque la triehophytic siège à la barbe, ou sur une autre région poilue, il faudra être prudent, car une dose qui, au eiiir ! . i produit aucune réaction désagréable, peut parfaitement sur la face^ donner naissance à une inflammation plus ou moins violente. Cette dernière ne sera pas toujours nécessairement suivie d'une complète alopécie.
On rnnstate du resterons les jours, en clinique dermatologique, la facilité avec laquelle le cuir chevelu supporte sans inconvénient des agents irritante médicamenteux, qui, s'ils étaient appliqués sur le visage, pourraient donner naissance à des phénomènes inflammatoires, sinon graves, du moins ennuyeux.
Si Ion en croit Sabouraud, les rayons obliques seraient plus nocifs pour Tépiderme et moins dépliants : « La tête humaine,
surtout la tète petite des enfants, présente une convexité de forte courbure. Quand on l'engage dans un manchon de grand diamètre, les rayons obliques qui viennent frapper te cuir cheveliij au bord du cylindre, sont presque tangentiets à la peau, Ils provoquent le développement d'une folliculite staphylococcique, sans doute par traumatisme de rèpiderme toujours infecté du cuir chevelu. On voit alors Taire alopécique, 20 jours après 1 opération, sertie d'une couronne de pustules folliculaires èpidermiques, complication bénigne, mais ennuyeuse et évitable. »
Lee rayons obliques sont certainement moins actifs et, par suite, moins dépitants que les rayons normaux. On sait, en effet, que l'intensité d'action dépend de la distance du point d'application à la source et du sinus de l'inclinaison; mais nous croyons que cVst aller un peu loin que de gratifier c^s rayons d'une puissance nocive spéciale. Ne faudrait-il pas plutôt attribuer ces poussées staphyloeocciques périphériques à une infection de voisinage, ou à une irritation locale, due à une dépilation incomplet»1 : le cheveu agissant comme corps étranger ?
En tout cas, il est sage de prévenir ce léger accident en réduisant, comme nous le disions plus haut, retendue des surfaces irradiées et en faisant faire, comme le conseille Sabouraud, du dixième au trentième jour après l'opération, des applications locale* 1 1 ■ i « » l i • I î i unes de (leur de soufre. On peut employer le Uni* ment suivant, que Ton aura soin d'agiter avant de l'étendre au pinceau :
Soufre précipité ••*.•] ta Mtt
Alcool à M- ! &à *»*»"«•■
Eau distillée , „ . Q.S. p. «K
I nrsque le patient ne présente qu'une seule plaqur teigneuse, le traitement est facile. On circonscrit largement le foyer morbide et une seule application conduit i l'êpilationde tous les cheveux trichophytiques. Lorsqu'il y a plusieurs points malades,
TRICHOPIIYTIES
il est encore relativement facile d'agir séparément sur chacun. Mais le problème devient plus complexe, lorsque Ton veut épiler une tête entière. Il faut un nombre considérable de séances, car on doit décomposer l'étendue totale du cuir chevelu en un certain nombre d'aires contigués de moins grande surface. Si Ton voulait agir sur toute la tête (face supérieure du moins), il faudrait éloigner considérablement l'ampoule du point d'application; le temps de l'irradiation devrait croître comme le carré de la distance; il deviendrait considérable, et l'immobilité du patient serait impossible à obtenir.
Il est bien préférable de faire des applications contiguës et successives. Mais> dans ce cas, il est souvent difficile d'assurer un raccord parfait entre les différentes surfaces traitées. Les bords seront irradiés trop ou insuffisamment, et, par suite, Cépilatton y sera incomplète, ou s'accompagnera d'une radiodermite plus ou moins sévère. Sabouraud trouve une grande difficulté dans 6e fait que Ton ne peut procéder que par aires rondes et que, par suite, ta nnvord de ces surfaces laisse entre elles des triangles courbas non in soles. Mais il est facile de remédier à cet inconvénient en employant comme protecteurs des disques de plomb, dont l'ouverture sera rectiligne sur un ou deux côtés. Si Ton préfère se servir de mandions, ce qui est plus commode, pourquoi ne pas placer dans leur ouverture inférieure une petite lame de plomb, disposée de telle sorte qu un des segments du cercle soit remplacé par une ligne droite? On traitera, il est vrai, une surface moins étendue, mais on pourra raccorder plus facilement les parties traitées et obtenir un résultat définitif plus parfait. Ce serait à coup sûr plus simple et plus pratique que de se servir de tubes spéciaux, théoriquement capables de limiter l'action des rayons aux surfaces comprises entre chaque aire circulaire.
L'exacte localisation de l'action des rayons a une grande importance* En effet, si on respecte quelques cheveux malades,
MALADIES nr système PltO-SÉBÀCÉ
ils vont répandre la maladie autour d'eux ; si on irradie a nouveau un espace du cuir chevelu déjà traité, on risque ta radindcrmite. Si le temps écoulé entre les deux séances est suffisant, Iaradiodermite ne se produira pas, mais il faudrait craindra l'alopécie définitive*
Sabouraud a publié a ce sujet des faits intéressants. D'après lui, une alopécie définitive peut survenir sur les points traités en double, alors même qu'il ne se serait pas produit de radiodermite ou d'érythème.
Aussi faut-il tâcher de limiter exactement le champ d'action, de l'irradier d'emblée convenablement et d'éviter toute retouche locale pendant un certain temps, La durée de cette période d'arrêt semble devoir être assez longue.
« Supposez, dit Sabouraud t que dans un cas on ait pratiqué une première séance de radiothérapie insuffisante, qui n'ait fait absorber à la peau que 3 unités H et demie: la dépilation qui s'ensuivra sera incomplète. Il restera sur la plaque des cheveux teigneux, qui obligeront à une nouvelle intervention. Cette fois la peau absorbera, je suppose, 4 unités H et demie ; alors les cheveux que la première séance avait respectés tomberont* mais beaucoup de ceux que la première séance avait fait tomber ne repousseront pas. >
Signalons enfin un fait que nous avons constaté deux fois dans le cours du traitement de nos teigneux, Lorsque l'cpilation fut complète, nous avons pu distinguer, sur la partie devenue glabre, deux zones : une zone centrale, légèrement pigmentée an brun clair, qui correspondait exactement à la partie où la teigne était précédemment en activité; au contraire, la couronne glabre qui entourait ce disque central, et sur laquelle se trouvaient auparavant des cheveux d'apparence saine, présentait une teinte blanche normale, L'épilation s'était produite sans apparition de réaction.
Ouelle est la valeur de la méthode? Le succès est-il certain?
TRICI10P1IYT1ES
Sag
Les teignes sont-elles guéries? Faut-il l'aire des restrictions ? Sabouraud croit qu'il faut compter 5 n 10 p. 100 d'échecs relatifs. Il les attribue à trois causes :
a) Une déflation insuffisante sur un ou deux points et qui laisse quelques cheveux malades sans les faire tomber;
P) Un oubli opératoire réservant un îlot de cheveux malades, difficiles à voir, et dont on s'aperçoit quand la guërison du reste est obtenue ;
T) Quelques réinoculations au cours du traitement .
Ce sont aussi des insuccès dus à des causes identiques, qu'a signalés M. le docteur Àuché à la Société médicale et chirurgicale de Bordeaux, en juin 1904.
Cette faible proportion d'échecs relatifs doit nous rendre très conduits, 11 est probable que la guérison suit ordinairement la chute totale et complète de tous les cheveux atteinte. Mais la difficulté réside dans la production de cette alopécie. On ne peut jamais être certain qu'elle sera totale, qu'il ne restera pas quelques particules de cheveux malades, partant quelques triehophytons, qui viendront infecter les nouveaux cheveux. Il est vrai qu'il sera alors Facile de procéder à une seconde épilation.
En tout cas, les malades doivent être mis en observation; la repousse doit être surveillée de prèsj et ce n est que lorsqu'elle sera saine et complète depuis quelque temps que Ton sera certain du succès.
Néanmoins^ ce procédé surpasse de beaucoup tous ceux qui L'ont précédé, par ifl rapidité d'application et par l'absence de phénomènes douloureux. Seul, il assure une épilation le plus BOtt* vent complète, partant la guérison, et il doit être préfère aux anciennes méthodes.
La radiothérapie permet de traiter plus rapidement un bien plus grand nombre de malades. On comprend l'importance de ce fait quand il s agît d'établissements spéciaux, comme Fécole Lailler de Paris. Avant l'introduction des rayons X en théra-
politique, Sabouraud avait obtenu en une année 57 guérisons. En six moi», il en a obtenu 134, grâce à la nouvelle méthode. Bien plus, l'hospitalisation des teigneux a cessé d'être une nécessité pour tous les enfants qui ne sont pas nécessiteux et pnuvont recevoir chez eux les soins journaliers, devenus très simples. C'est donc dire que la découverte de Rôntgen, grâce à un dosngo méthodique, a révolutionné le traitement de la teigne sous sos diverses formes.
Nous no résumerons pas les observations des 6 malades que nous avons traités cette année ; elles ne présentent aucun intérêt et no seraient que la répétition de ce que nous avons dit.
On peut, on terminant, résumer ainsi la technique opératoire : on obtiendra généralement l'épilation d'une plaque de teigne, en faisant absorber à tous les points de la surface malade une quantité moyenne de 5 II environ de l'échelle d'Holzknecht ; les rayons employés ayant une puissance de pénétration voisine du quatrième ou du cinquième degré du radiochromomètre de BenoisL La guéridon suivra ordinairement l'épilation.
PAVUS
Presque tout ce que nous avons dit au chapitre des teignes tondantes s'applique également au favus. Mais, dans cette affection, les cheveux conservent leur solidité et, par suite, peuvent être facilement arraches par les procèdes habituels d'épilation.
La radiothérapie ne présente donc pas. à priori, un avantage immense sur les autres méthodes, car le seul effet que Ton puisse en rvclamor semble être Lepilation. On a bien prétendu que les rayons X pouvaient avoir une action modificatrice sur les lésions cutanées elles-mêmes ; mais elle n%est pas démontre*. Quant à un oflet bactéricide, il doit être complètement écarté* Les rayons X, a la dose où ils sont absorbes, sont incapables de modifier directement Ja \ italitc des colonies parasit aires.
FAVUS
Le fa vus <*3t rarement localisé en un seul point du cuir chevelu ; il est ordinairement plus ou moius disséminé* Aussi, Freund* qui a une grande expérience en la matière, conseille-t-il de pratiquer IV pilât ion de toute la tête. A cette seule condition, il serait possible d'éviter les récidives. Voici comment cet auteur conseille d'agir : « On irradie d'abord le dessus de la tête, puis on attaque les erMés et enfin la région occipitale. La distance de l'iinticathode à la peau doit être de '25 à 30 centimètres, pour pouvoir atteindre, eu une seule séance, une plus grande étendue, m D'après lui, les irradiations doivent être plus intenses pour le traitement de cette affection que pour celui des autres maladies du cuir chevelu.
Après 3 semaines de traitement (méthode de Freund), les cheveux commencent à tomber, soit spontanément, soit à la moindre traction, et en écartant ceux qui restent, on peut apercevoir sur le cuir chevelu une teinte érythémateuse plus ou moins prononcée. Durant les 2 semaines suivantes, l'alopécie se continue et finit par devenir complète, Si, dit Freund, il y avait des godets faviques sur la région traitée, ils s'exfolient et laissent à leur place des excoriations rougeatres, suintantes, qui, au bout d'une dizaine de jours, se recouvrent de tégument. A cette époque, les parties traitées présentent une surface unie, glabre, brillante, avant l'aspect de la bille de billard,
Six à huit semaines après la fin du traitement, la repousse commence. Elle se manifeste par l'apparition d'un fin duvet, qui croit h'ïi ;j peu et se transforme finalement en cheveux adultes.
Dans beaucoup de cas, ajoute cet auteur, la repousse est complètement saine, et les malades peuvent être considérés comme guéris, si, dans le cours des 10 semaines suivantes, il ne se produit aucune nouvelle poussée.
Dans quelques cas rares, l'apparition d'une petite récidive nécessite un court traitement secondaire.
A quoi sont dues ces rechutes?
Faut-il les attribuer à une épilation incomplète, à la présence de parasites sur la surface cutanée, dans les follicules, ou bien à uno infection de voisinage ?
Tttrok et Schein croient que les récidives ne sont pas occasionnées par des champignons restant dans les follicules, mais par uno nouvelle infection exogène. Aussi recommandent-ils, comme Freund, do dépiler complètement le cuir chevelu, dans chaque cas do favus.
Il faut, en plus, assurer l'antisepsie de la surface traitée. On peut employer la teinture d'iode étendue, comme le fait Sabouraud pour les teigneux. Mais il paraît préférable d'utiliser les préparations phêniquées, qui, d'après Galderone, constituent l'agent médicamenteux le plus nocif pour le champignon favique. On peut se servir, comme Freund, d'une préparation de lanoline et de glycérine phéniquée. Les applications doivent être faites, matin et soir, sur toutes les parties glabres, en massant en même temps le cuir chevelu. Il est évident que ce traitement ne doit être commence qu'après disparition de tout phénomène réactionnel.
L'auteur affirme qu'il a pu guérir par ce procédé, en quelques semaines, des affections très rebelles. Quelques cas n'ont pas récidivé depuis 2 ou 3 ans.
Si le» applications phêniquées n'ont pu empêcher la récidive de se produire, il faut faire de nouvelles applications de rayons X. Il faudra alors agir avec prudence, éviter toute réaction violente, qui pourrait être suivie d'alopécie définitive.
Résumant les avantages de la méthode, il croit qu'elle tire surtout sa valeur de son act ion dépilante : mais il est convaincu qu'elle exerce aussi sur les follicules une action excitante qui en modifie l*s conditions de nutrition, et qu'elle amène la dégénérescence dVIéments cellulaires dans lesquels vivent les parasites, ce qui *utraw les conditions d'existence de ces derniers.
Oes explications ne SvMit que des hypothèses, car. dit-il, il nYviste pas de recherches histologiques précises.
FAVU8
En 190*2, MM. Gastou »-t Vieira obtinrent lepilation dun cuir chevelu atteint de fuvus au bout de 1 1 à 1*2 séances : une amélio ration notable fut consécutive à ce traitement.
Seholtz a traité quelques cas de favus. Il nie tonte action bactéricide, mais admet comme possible une influence favorable sur les lésions cutanées concomitantes. Il a toujours conduit son traitement de telle sorte que la chute des cheveux se produise sans phénomènes inflammatoires très notables. Il n'a jamais vu la simple dépilation, par la méthode de Runtgen, conduire à une guérison définitive : a Xous avons répété plusieurs fois l'expérience, pour savoir si l'épilation totale de la tête était suivie de la guérison complète, et nous avons dû nous convaincre que toujours, parmi les cheveux qui repoussaient, il y en avait de malades. On trouvait aussi des godets faviques en nombre plus ou moins considérable, » Aussi conseille-t-il un traitement ultérieur énergique, avec des préparations phéniquées, pyrogallécs, ;i l'acide chrysoplianique et à la chrysarobine. Malheureusement, même en prenant ces précautions, il se produit encore assez souvent des récidives, et on doit alors, par de nouvelles irradiations, ou empêcher temporairement la repousse, ou faire une nouvelle épilation.
Ilolzknecbt conseille d'épiler tout le cuir chevelu, car, s'il reste un endroit malade, on est certain de voir se produire la récidive, Il fait absorber, en une séance, 4 à 5 H. La réaction consécutive est plus violente aux endroits enflammés que sur les parties non enflammées. Elle se manifeste par l'irritation des godets faviques, par de l'érosion, le tout suivi de desquamation et d'accalmie trois semaines après le début du traitement.
Kienbdck s'exprime ainsi :
« Tout le cuir chevelu est épi lé en une séance ; il est divisé eu eix zones, qu'on expose successivement, chacune pendant 5 à 8 inimités, de manière à lui faire absorber 4 à 5 H. Souvent il existe, en outre, des plaques d'eczéma. Après 10 à 1*J JOUTA
de latence, les cheveux tombent, les plaques de mycosis et d'eczéma s'enflamment, et la réaction, qui peut être bornée à une simple tuméfaction, atteint le plus souvent le deuxième ou le troisième degré avec érosion et exsudation. Après six semaines, les cheveux reparaissent, les parties atrophiées depuis longtemps par la mycose demeurant naturellement glabres. Après trois mois, la tète est couverte de cheveux sains et bien colorés. Pas de récidive.
« Pour le mycosis favosa, la radiothérapie représente le meilleur traitement ; dans les cas graves, c'est même le traitement unique, et il suffit d'une seule séance, sans douleur aucune, pour amener consécutivement la guérison. »
Sabouraud, à Saint-Louis, emploie, pour les teignes faveuses, le même traitement que pour les teignes tondantes. A l'école Lailler, il traite côte à côte teignes faveuses et teignes tondantes. « L'une et l'autre, dit-il, sont guéries par le même traitement, et le traitement de Tune et de l'autre demande, au lieu des années de traitement ancien, quelques semaines de traitement nouveau. »
Pusey et d'autres n'attribuent pas grande valeur à cette méthode. Ils semblent croire, qu'en pratique, les rayons X ne répondent pas à l'espoir qu'ils avaient fait naître.
Enfin, Williams, Norman Walker, Lion, Grouven, Hahn, Xeumann, Ziemssen, Albers Sehônberg, Spiegler, Boczar, Bukofsky ont obtenu des résultats plus ou moins satisfaisants.
On sait que le traitement des teignes tondantes est d'autant plus facile que la lésion est plus limitée ; par suite, la guérison est d'autant plus certaine que la maladie est plus localisée.
La teigne faveuse envahit le plus souvent une grande partie du cuir chevelu, laissant entre ses différents foyers des espaces d'apparence saine. 11 semble qu'il soit nécessaire, pour obtenir un résultat définitif, dépiler tout le cuir chevelu... condition
FAVUS
qui, outre les difficultés d'application demande du temps et <i» la patience.
En plus, dans la trichophytie, le parasite est ordinairement localisé au cheveu ; dès lors, il est légitime d'admettre que l'expulsion totale de celui-ci puisse conduire à la guérison. Dans le favus, l'achorion occupe non seulement le cheveu, mais encore le pourtour de l'ouverture du follicule et même parfois le follicule lui-même. Aussi, Pépilation, à elle seule, est-elle souvent incapable de conduire à un résultat complet. 11 sera nécessaire de faire de l'antisepsie par des applications appropriées, lorsque la dépilation sera complète. On sait, en effet, que les rayons X n'ont aucune action bactéricide dans les conditions thérapeutiques habituelles.
En plus, l'envahissement du follicule par le parasite permet de comprendre pourquoi le résultat sera d'autant plus parfait, que la durée de l'alopécie aura été plus longue : il faut que le nouveau cheveu ne rencontre sur son trajet aucun germe pathogène, sinon la récidive est probable ,
Néanmoins, la radiothérapie doit être employée dans la plupart des cas de favus, et particulièrement dans les cas graves, où les autres méthodes ne donnent que des résultats incomplets.
Outre lepilation que produisent les rayons X, ceux-ci ont sur les godets favîques et la dermatose concomitante mu influence favorable indubitable. Quelques Jours après l'irradiation. l'irrita Lion s'accentue ; en certains points, qui paraissaient sains avant 1»- traitement, apparaissent de nouveaux godets et qnelquei croutelles. Parfois même il se produit un peu dTérosion* puis tout se calme, les croûtes tombent, et le cuir chevelu devenu glabre ne présente bientôt plus de lésions apparentes,
Si la dose a été convenablement choisie, la repousse se fait normalement comme pour la teigne tondant <\ avec culte différence toutefois que les cheveux ne repoussent pas sur les cicatrices consécutives aux lésions primitives.
La dose nécessaire pour arriver à l'épilation est sensiblement la même que pour la trichophytie, soit 5 H.
Nous avons obtenu une guérison complète chez une malade atteinte de cette affection. La lésion était très limitée, et l'épilation fut suivie d'une repousse saine en apparence. Quelques malades en traitement sont très améliorés, et tout nous fait espérer que la guérison sera complète.
SYC08IS ET FOLLICULITE DE LA BABBE
Schiff et Freund furent les premiers à appliquer la radiothérapie au traitement du sycosis. Ils furent conduits dans cette voie par cette idée, qu'en enlevant les poils par l'épilation, ils devaient obtenir la guérison. Ceux-ci, selon ces auteurs, paraissaient jouer le rôle de corps irritant ; en les enlevant, on éliminerait en même temps la cause principale de l'inflammation des parois des glandes, de la peau, des follicules, etc.
D'après Freund, il faut, en pratique, tenir compte de deux facteurs : le caractère de l'affection et les conditions extrinsèques dans lesquelles se trouve le patient.
Lorsque la lésion est étendue, qu'il existe des poches purulentes sous-cutanées..., il faut se contenter de faire un petit nombre de séances, toujours avec des tubes durs. Ces applications légères suffisent à produire une notable amélioration. L'infiltration diminue, les pustules se dessèchent, le prurit et la tension de la peau sont moins prononcés, et la surface cutanée présente à ce moment une coloration rouge foncé.
Lorsque la lésion revêt un autre aspect et qu'elle est constituée par des petits boutons rouges, péri pilaires, par places transformés en pustules (folliculite de la barbe, acné pilaire de Besnier), il faut, si les conditions sociales du malade le permettent, lui recommander de rester quelque temps sans barbe. Pour cela,
WCOeiS tr FOIXICULITK DE la barbe 33j
on fait des irradiations de façon à produire une alopécie totale et on maintient cet état, s'il est nécessaire, par des applications secondaires. Maïs comme* dans cette affection, la peau est relativement plus sensible qu'à l'état normal, il faut agir avec prudence» de façon à éviter toute réaction désagréable*
En général, dès que les réactions inflammatoires sont calmées, il faut, pour avoir un résultat complet, faire sur toute la région dépilée des applications de pommade soufrée a 15 ou !Î0 p, 100, Freund avait traité de cette façon, jusqu'en novembre 1901, 17 cas de sycosis. Cinq ont été guérit* par une seule série d'applications ; dans 5 autres, il a fallu faire deux séries ; 3 ont nécessité une troisième période de traitement, et dans un seul on a dû le recommencer une quatrième fois.
Gaston, Vieïra et Nicolau obtinrent une complète épilation après 11 séances. Jamais il n'y eut de réaction violente. Le malade guérit, mais la lésion récidiva au bout de quelque temps; elle céda, du reste, a de nouvelles irradiations,
Scholtz, comme la plupart des auteurs, a guéri définitivement des malades atteints de syeosis léger. Par contre, dans les cas graves et invétérés, il y avaitrécidive dès que la repousse s'était produite. Un long traitement prolongé est indispensable, dit-il, et il faut faire, au bout de quelques semaines, de nouvelles irradiations pour retarder la repousse, et même, dans certains cas il sera nécessaire de l'empêcher définitivement.
François, de Valenciennes, a guéri un cas de sycosîs en 3 séances de 10 minutes, à 25 centimètres de distance. La source était une machine statique à /j plateaux,
Kienbôck procède de la façon suivante, Si la barbe tout entière est atteinte, on fixe l'ampoule successivement dans quatre positions, au-dessus des joues droite et gauche, en avant des lèvres et au-dessous du menton. On a soin de ne pas placer l'ampoule trop près, sans quoi l 'épilation serait inégale, et après de nouvelles séances mensuelles, elle repousserait inconv
& E lot. aa
plète. Dose normale (3 à 5 H). Il importe de bien recouvrir de plomb les parties glabres du visage, ainsi que la muqueuse des lèvres. Après une période de latence d'une semaine, on voit survenir l'épilation, l'exacerbation des phénomènes inflammatoires et l'évacuation des abcès péripilaires, puis la peau redevient unie. Quand les poils repoussent (après six semaines), il faut les raser et continuer pendant des mois l'usage du rasoir. Le pronostic est naturellement défavorable si la maladie est entretenue par une cause qu'on ne peut guérir, par exemple par une rhinite chronique.
Holzknecht conseille d'irradier toute la région malade jusqu'aux parties glabres. 11 fait absorber en une séance 3 à 5 H, suivant les cas, et suspend l'usage du rasoir. Au bout d'une semaine, l'inflammation s'accentue sur la partie irradiée, les pustules existantes s'excorient et de nouvelles peuvent apparaître. Puis l'alopécie devient complète et la peau reprend un aspect normal. Au bout de deux mois la repousse commence ; mais le malade doit tenir sa barbe rasée pendant une année. Il peut se produire des récidives, surtout si l'inflammation est entretenue par une cause extrinsèque, comme la rhinite chronique (sycosis de la moustache). On peut alors faire quelques nouvelles séances, avec dose réfractée, soit 2 H toutes les trois semaines.
Williams, Lancashire, Grouven, Gassmann et Schenkel, Spiegler, Lion, etc., ont eu quelques succès par ce procédé; Pusey lui attribue une réelle valeur.
Enfin, récemment, Ullmann, dans un travail d'ensemble sur la radiothérapie, croit que cette méthode est indiquée lorsque le sycosis est superficiel ; mais s'il existe des abcès sous-cutanés, la force de pénétration des rayons n'est pas suffisante.
Comme dans le favus, le principal effet que peut produire la radiothérapie sur une région atteinte de sycosis est l'épilation. A ce point de vue, cette méthode est préférable à la pince, quand es lésions sont étendues, à cause de la rapidité d'action et de Tab-
sycosis et iMiihuin; m: la iuiibr
dépliante, 1*^
de douleur. Mais outre leur action dépliante, Les rayons sont o&QOre capables de produire, sur les téguments qu'ils atteignent, certaines modifications d'ordre plus ou moins inflammatoire. Dans certains cas même, cette irritation modérée serait favorable ; les pustules irradiées diminueraient de volume» se dessécheraient et finiraient par disparaître. Aussi, lorsque la lésion est légère, les éléments localisés au pourtour des poils, l'infiltration peu prononcée, la radiothérapie peut être pour le praticien un précieux auxiliaire.
Même lorsque la plupart des follicules sont atteints, que le derme est épaissi, on peut encore l'employer sans crainte. Mai» cette méthode employée isolément ne parviendra pas à faire disparaître, à elle seule, les poches purulentes et les inliltrations profondes que Ton rencontre dans certaines formes. Eu plus, ces lésions sont facilement irritables, et la perspective d'une radio dermite facilement grave devra, dans ce cas, rendre le praticien très prudent et très réservé*
ïl faut demander à la radiothérapie ce qu'elle est susceptible de donner. Prenons-la comme agent épilant — même si nous voulons, attribuons-lui une action cicatrisante et résorbante (parfois assez nette) sur les poussées staphylococeiques — mais ne cherchons pas à obtenir la guéri son de ces vastes décollements purulents que Ton rencontre quelquefois. Il est faux d'attribuer cette inactivité a un manque de pénétration des rayons. On doit simplement savoir que les rayons X n'ont jamais été capables de faire résorber un abcès ni de remplacer le bistouri !
Nous avons traité à l'hôpital Broca plusieurs cas de sycosîs et de folliculile de la barbe, localisés soit aux joues, soit au menton, soit à lu moustache, soit occupant toute la barbe : les résultats obtenus ont été satisfaisants et certainement plus rapides que par les méthodes habituelles. Dans ces cas, les téguments étaient infiltrés, mais il n'y avait pas de grands décollements; cependant presque tous les follicules étaient atteints.
34a MALADIES* DU SYSTÈME pilo-sébacé
Chez un de nos malades, la lésion datait de plus d'un an, et les démangeaisons et les cuissons étaient intolérables. Les irradiations ont été conduites de façon à obtenir une épilation complète, sans cependant risquer la radiodermite. Nous avons fait absorber une quantité variant entre 3 et 5 H, suivant les régions et suivant l'état des téguments.
La dépilation s'est faite d'autant plus facilement que les lésions étaient plus accentuées. Dans certains cas, il a fallu, au bout de 15 à 20 jours, faire une nouvelle application pour la compléter. Généralement, au bout de 12 à 15 jours, les poils commencent à tomber, et ce phénomène est souvent précédé de l'apparition d'un ér y thème, d'autant plus intense que la peau irradiée était plus atteinte. Dès que les poils commencent à tomber, parfois avant octte époque, les pustules se modifient ; les croûtes se détachent et il se produit souvent un peu de suintement. Les surfaces suintantes et purulentes se dessèchent, se cicatrisent, et la peau, d'asject général normal, prend une teinte rouge brun, mais présente à sa surface un certain nombre de marbrures plus ou moins apparentes. Les douleurs et les démangeaisons, qui s'étaient atténuées dès le début des modifications, ont totalement disparu . A ce moment, il faut prescrire des applications de pommade soufrée ou ichtyolée, et, dans certains cas graves et rebelles, il est prudent de faire au bout de quelque temps une nouvelle irradiation (2 à 3 H) pour retarder la repousse. Souvent, en effet, surtout si la durée de l'alopécie a été peu prolongée, de nouveaux foyers morbides apparaissent à ce moment et exigent un nouveau traitement.
Mais, n'en est-il pas de même, lorsque, au lieu de la radiothérapie, on emploie la pince à épiler ? On sait, en plus, combien cette opération est douloureuse.
L'écueil à éviter, c'est la radiodermite. Elle survient très facilement. Ces tissus infectés, en mauvais état, infiltrés, etc., sont bien moins résistants que les tissus sains, et si la dose nécessaire a été quelque peu dépassée, parfois môme sans qu'elle
sycosis t:r foixicuute de la barbe
ait été atteinte, l 'épidémie tombe, et on a des surfaces plus ou moins étendues, suintantes, rougeàtres par places, jaunâtres en d'autres endroits, recouvertes do croûtes, et donnant issue a un liquide parfois purulent. Au milieu de tout cela, quelque* poils subsistent, preuve évidente que la dose dépilante n'a pas été dépassée! Cet état est ennuyeux, mais n'est pas grave. La réparation est très rapide, sans production de cicatrice visible. Durée te, dans certains cas, l'aspect objectif de la lésion est tel, qu'il est légitime do se demander si on est en présence d'une radiodermite véritable ou d'une simple exagération des phénomènes inflammatoires préexistants.
Néanmoins, il faut tout mettre en œuvre pour éviter cea réactions, d'autant plus que, si la radiodermite est un peu prononcée, on peut redouter une alopécie définitive, en plaques, par atrophie des bulbes pilaires, complication disgracieuse et mal supportée par les malades,
Si l'inflammation est très prononcée, il va sans dire qu'il faut attendre qu'elle soit calmée, avant de commencer les séances radio t liera piques.
Dans les cas chroniques, avec infiltrations nodulaires plus ou moins volumineuses, on pourrait encore, d'après Freund, employer avec succès ce procédé. Il assurera une bonne épilation et, si Ton en croit cet auteur, une diminution et un aplatissement notables des infiltrats, Il n'y a à cela rien d'invraisemblable, et les résultats que nous avons obtenus sur les chéloïdes semblent confirmer les résultats de Freund,
On ne peut rien dire des récidives. Il semble cependant que, sans être la régie, elles se produisent assez souvent. Un second traitement en a ordinairement raison ; sinon, il devient nécessaire de déterminer une alopécie définitive, ce qui demande du temps et de la prudence.
Comme nous l'avons dit au début, Freund croit que la guérison résulte surtout de la suppression des poils. On pourrait croire
34^ MALADIES DU SYSTÈME PJI.O-SLK.VGÉ
que de cette façon l'entrée des médicaments dans les follicules est facilitée et que c'est là le point important. Freund n'est pas de cet avis. Pour lui, le mécanisme de la guérison réside dans ce fait : « que, par répilation, on enlève un corps irritant entretenant rinflammation du follicule ». Aussi, a-t-il grande confiance dans la radiothérapie, qui assure une alopécie de durée plus longue que celle obtenue par les autres méthodes» dVpilatiou. On peut dire, en terminant, que la rodiothériipii1 appliquée au traitement du sycosis a surtout pour but de produire, sans douleur, une épilation relativement parfaite et qu'elle n'est pas sans influencer favorablement les lésions cutanées dues a* infections staphylocoeciques, soit par action directe, soit simplement par suppression du cheveu, qui joue ici le rôle de corps irritant.
Oas, I, — Af. £■«, 25 ans* — Sycosis vulgaire de la barbe» datant de
2 ans, occupant les joues et le menton. Le malade éprouve de terribles sensations de brûlures et des démangeaisons. La peau est 1res rouge, couverte de croù telles ; chaque poil est en gainé par un petit abcès. In M II ration générale de la peau de toutes les régions malades. Le patient a été traité par difïé rentes méthodes, sans résultat,
iS janvier 1 90 i . — 5 H sur la joue droite. Hayons nn* 4-5.
3 février* — L'épilation commence à se faire sur le côté traitée ; la peau est très rouge, la foJliculîte subsiste.
5 II sur la joue gauche.
17. — I /épi b lion est complète à droite, les démangeaisons et les sensations douloureuses ont disparu. La peau est moins infiltrée, les pustules u existent plus, quelques croùtctles subsistent, l'ensemble est rouge foncé et comme marbré, À gauche, répilation commence.
On traite le menton {côté gauche), 4 à 5 IL
Du 18 février au 27 avril* — On tait ainsi sur les diJTérenis points malades une séance avec la dose dépitante, soit i-5 H, an tout ft séances. La dépila tien s'est ta île partout, et la réaction n'a été vive que sur la région mentonnière, sur un petit espace où existaient déjà quelques croûlelles avant le traitement : un peu d'exulcération s'est produite, et la lésion s'est hnpétigînisée, Tout est rapidement rentré dans Tordre.
Il mai. — Seul le menton est encore en réaction ; il présente une teinte rouge cuivra, la cicatrisation est presque complète, sans appa-
ULÉPIIAMTES
renée cîcatri ctelle ; partout ailleurs la guérîson parait totale, Le malade est 1res satisfait.
30. — Le malade est guéri. La repousse commence à droite ; elle est saine; tout phénomène morbide a disparu. Le malade revu en juillet était complètement guéri*
Obs. IL — Af. B...f 26 ans. — Sycosîs de ta barbe datant de ï ans; phases d'amélioration et d'aggravation successives, Aujourd'hui la lésion est eu pleine évolution; les démangeaisons sont violentes*
Du II mon au M avril 1904, le malade a reçu 4 séances de radiothérapie, de façon à faire absorber une dose de 4 à 5 H à chaque point malade. Bayons n°a 4-5.
Sur une joue, la réaction a été un peu marquée; partout répilation a été totale; les démangeaisons se sont calmées. La peau a repris une apparence normale, quoique colorée en rouge foncé.
Nous avons revu le malade au commencement de juin* la repousse commençait sur certains points; elle était saine et la peau du visage avait repris presque partout une coloration normale» Le malade pouvait être considéré comme guéri*
BLÉPHARITES
Freund, en traitant par la radiothérapie des malades atteints de sycosis de la barbe, d'eczéma de la face, ou d'acné, etc.. eut l'occasion d'observer qu'une blèpharite concomitante guérissait complètement et en très peu de temps.
En collaboration avec SebilT, il publia le premier cas de ce genre ; il s agissait d'une blèpharite existant en mémo temps qu'un eczéma chronique de la barbe. Depuis, il a soigné trois patients atteints simplement de l'affection elle-même. En général, dit-il, qu'il suisse* d'inflammation ulcéreuse ou simplement squameuse du bord des paupières, la lésion se modifie rapidement, à la suite de quelques légères irradiations faites avec une ampoule dure* Les croûtes se détachent > la rougeur cesse, les excoriations se cicatrisent et la peau redevient normale, sans que pour cela les cils soient tombés. Aucun médicament n'est née es-
3/|i MALADIES DU SYSTÈME PILO-SÉBACÉ
saire, et la conjonctivite catarrhale concomitante s'améliore vite, dès que la blépharite est guérie.
Nous n'avons jamais eu l'occasion de traiter ce genre d'affections ; mais, le cas échéant, nous croyons qu'il serait sage de s'arrêter à la dose de 3 unités H de l'échelle d'Holzknecht, avec dos rayons peu pénétrants.
Le pou de sensibilité de la cornée à l'action des rayons X somblo devoir favoriser la réussite.
La seule chose qui nous étonne, dans les observations de Fround, c'est que la guérison se soit produite sans avoir été précédée de la chute des cils.
Otto alopécie n'aurait du reste aucun inconvénient, la repousse semblant être la règle, et son existence momentanée devrait, dans certains cas, hâter la guérison.
TRIOHORRHSXIB NOUEUSE
Fround a traité par la radiothérapie un cas rebelle de trichorrhrxis nodosa, qui durait depuis plusieurs années. Douze séances, de 7 à 10 minutes de durée, produisirent un léger érythèmo et la chute d'une partie des poils malades. La guérison fut complète à la repousse.
Kienbdck èpilo la barbe malade en une séance normale ^1 à A 11* ; après deux semaines les poils tombent, et après *ix semaines ils repoussent sains.
Il est probable que% dans ces cas. les rayons X agissent simplement en produisant IVpilation. Mais les expériences de Sabouratui semblent démontrer que. dans un certain nombre de trichorrhexios* il sutlit de supprimer l'usage du savon pour obtenir
PELADES ET ALOPECIES
— Les rayons X, stimulante du système pileux.
PELADES ET ALOPÉCIES
Le 2 novembre 1900, Kienbock présenta à la Société médicale de Vienne le premier cas de pelade traitée par les rayons X et apparemment guérie* Il s'agissait d'un homme de 26 ans, qui depuis 3 ans avait perdu tous ses cheveux. Six application* radiothérapiques, de 15 minutes de durée, furent faites sur la partie supérieure de la tête. L'ampoule était placée à une distance de 20 centimètres de la peau. Le duvet jaunâtre qui recouvrait le cuir chevelu tomba rapidement sur les régions irradiées, et une chevelure normale repoussa au bout de 2 mois. L'alopécie persista sur le reste de la tête, où les rayons n*a valent pas porte.
Le 7 décembre 1900, G. Holzknecht publia une guérison analogue, survenue après 5 applications de 10 minutes de durée» à 20 centimètres de distance. Ce succès l'encouragea à multiplier ses essais, et les résultats qu'il obtint, sans être constants, furent cependant très encourageants.
Diaprés lui, il existe deux méthodes de traitement. On peut irradier isolément chaque foyer peladique, en empiétant sur les cheveux normaux ; le reste de la tète est alors protégé par une lame de plomb. On peut également traiter tout le cuir cheveluf sans respecter les parties saines intercalées entre les foyers malades.
Chacune de ces méthodes s'applique à des cas différents. Si les lésions ont peu d'étendue et se réduisent à un ou deux placards, il va sans dire qu'il faut se contenter d'agir uniquement sur eux* Lorsque la maladie a atteint une plus grande surface, mais que son étendue ne dépasse pas celle des parties saines, il
Maladies du système mîÂMSÉBàCÉ
est encore préférable de localiser Y action des rayons X aux plaques de pelade. Un essai comparatif fut fait par Holzknecht. II constata que, dans ce cas, les irradiations localisées aux parties malades donnaient une guérison plus rapide. Mais lorsque le nombre des foyers est considérable, et que Ton peut se demander s'il Sexiste pas de foyers latents, que l'extension du mal est rapide, il faut attaquer tout le cuir chevelu si Ton veut avoir quelque chance de succès*
Dans toutes ses applications, Holzknecht a cherché à produire le premier degré de réaction inflammatoire de la radiodermite, c'est-à-dire Fliyperémie.
Il fait absorber, en une fois, 3 à 4 H, lorsqu'il s'agit de pelade de la barbe et 4 à 5 H si cette affection atteint le cuir chevelu. Bien des cas sont favorablement influencés, mais quelques-uns sont tout à fait réfractaires au traitement.
Freund obtint quelques guéri sons en se conformant aux indications d' Holzknecht,
H Dans certains cas, dit Kienbôek (1904), la pelade est guérie par la radiothérapie. Chacun des foyers est successivement exposé* et une séance normale (3 à 4 H) suilitdans les cas favorables. Après deux semaines, chute des cheveux qui entourent la plaque de pelade; après 4 à 0 semaines (2 à 4 semaines après Fépilation), apparition de nouveaux cheveux sur la plaque glabre, et un peu plus tard repousse des cheveux dans la région saine avoisinante.
« Dans les cas graves, où toute la tête est chauve et complètement glabre (sans lanugo, en même temps que les sourcils et la barbe manquent), la radiothérapie n'est d'aucune utilité. »
Williams croit que les rayons X sont capables de stimuler la croissance des cheveux. 11 cit*** le cas d'un patient, dont les cheveux tombaient, qui voulut absolument être soumis aux irradiations, quoique Fauteur lui eût fait comprendre que les cheveux qui lui restaient allaient tomber. L'alopécie se produisit en effet ;
PELADES ET ALOPÉCIES 3^7
mais la repousse fut abondante, et le résultat final a été très favorable* Il obtint de même une repousse complète sur un cuir chevelu atteint de pelade. La réaction ne dépassa jamais le léger ér y thème.
Quelques auteurs étrangers ont publié des résultats contradictoires ; il faut du reste remarquer que ce mode de traitement est encore relativement peu employé, quoique, depuis 1900, Holzknecht en ait formulé les règles.
Dans un travail récent, Ullmann cite quelques améliorations indiscutables obtenues par ce procédé.
Lorsque Kienbock fit sa première communication, Kaposi ne voulut pas admettre que le résultat fût attribuable aux rayons X- Pour lui, tous les traitements réussissent, quand ils ont été employés les derniers, avant la guérison spontanée de l'affection. Mais cependant, comme le faisait remarquer à cette époque Noble, le malade de Kienbock portait sur lui la preuve évid ente dune influence directe des rayons X. Comme le dit aussi Holzknecht, il est inadmissible de nier cet effet quand la1 repousse est localisée seulement là où ont porté les irradiations, et qu'à côté Talopécin primitive existe dans toute son intégrité.
Cette démonstration parait évidente, et de ce que des faits ne concordent pas avec les idées habituelles, on n'a pas le droit d'en contester, à priori, la valeur.
De prime abord, en effet, il semble contradictoire qu'un agent capable de faire tomber les cheveux puisse en même temps favoriser la repousse dans certaines alopécies* Mais cette contradiction n'est qu'apparente. Tout dépend de la quantité de rayons absorbée par la papille et des réactions inflammatoires qui s'y produisent consécutivement; en faisant varier ces facteursr les résultats ne devront plus être les mêmes.
On a cru , au début , que l'action favorable des rayons X sur la pelade était explicable par son caractère myeosique : ils produiraient la mort du parasite. F reund s'éleva contre cette hypothèse.
En effet, il faudrait d'abord démontrer que le microorganisme auquel on a attribué cette affection est véritablement pathogène. Bien plus, ce fait serait-il acquis, que, dans les conditions thérapeutiques, Faction bactéricide n'est pas soutenable. On peut donc dire avec Holzknecht : « La propriété bactéricide des rayons de Rôntgen n'est pas la cause de la guérison des processus infectieux, parce que la dose bactéricide est énormément plus élevée que la dose curative. » Il est probable que c'est dans l'hyperémie réactionnelle qu'il faut aller chercher la véritable cause de la guérison, ainsi que l'ont soutenu Schiff, Freund, Ehrmann et Holzknecht.
On sait, en effet, que le traitement habituel de la pelade se résume dans des applications médicamenteuses plus ou moins irritantes : elles ont pour but de stimuler les fonctions de la papille et du cuir chevelu, et comme effet local de déterminer un peu d'irritation do la surface où elles ont été appliquées. Elles modifient, peu à peu, les conditions biologiques de la papille et favorisent ainsi la repousse. Mais forcément, les agents chimiques ont surtout une action superficielle : ils pénètrent difficilement dans la profondeur. Aussi Finsen et Jersild songèrent-ils à employer les rayons chimiques ; de cette façon Pirritation ne serait plus limitée au tégument. Les résultats qu'ils obtinrent furent intéressants. Tn cas, publié par Jersild, dans lequel une réaction légère consécutive à quelques applications photothérapiques fut suivie d'une repousse rapide, est tout à fait probant.
Nous avons nous-mème eu l'occasion de constater plusieurs fois des faits analogues. C'est ainsi que. chez une jeune fille, une série d'applications photothérapiques détermina la croissance rapide du système pileux sur la région qui avait été éclairée. Le tin duvet qui existait jadis sur la joue avait été remplace par des poils plus gros et plus longs, là où avait porté le compresseur de Finsen.
Il est Unique d'admettre que les rayons X agissent de façon
PELADES ET ALOPÉCIES 3%
analogue, La papille pilaire est particulièrement sensible à cet agent; si la dose est suffisante pour la sidérer, on obtient L'alob; si la quantité est moins considérable, au lieu de siilrration, il y aura simplement stimulation, et la repousse se produira.
En plus, il paraîtrait, d'après les observations d'Holricùeeht. que, sur les régions peladiques, les phénomènes réactionnels n'évoluent pas de la môme façon que sur les régions qui ont conservé leurs cheveux. Ainsi, un foyer malade, traité par cette méthode, est plus vite recouvert de cheveux qu'une autre partie du cuir chevelu qui a subi uue irradiation id mtiqu *. Il semble, dit Holzknecht, que les papilles pilaire* des régions peladiques commencent à entrer en activité immédiatement après l'éclairage, comme si celui-ci les avait débarrassées d'un obstacle ; tandis que, sur les régions saines, la repousse ne se produit que lorsque les éléments producteurs se soutremis d'une sorte d'altération passagère. De même, la rougeur consécutive à une dose identique est plus prononcée sur les parties peladiques que sur le reste du cuir chevelu.
En plus, il est naturel d'admettre que les papilles dea régions atteintes de pelade sont moins facilement irritées que celles qui ne sont pas altérées» De cette façon, on peut comprendre comment une dose, capable de déterminer la sidération d'une papille normale, produit simplement l'irritation de la papille lésée, et parlant la réveille de sa torpeur et déUrriiiiu: la repousse.
Quoi qu'il en soit, il semble bien que c'est à une stimulation papillaire qu'il faut attribuer les résultats obtenus* stimulation due très probablement à une modification d'ordre chimique.
Quelle sera la méthode d'application ? Elle doit, comme Ta bien dit Holzknecht, varier suivant les lésions. Si une partie du cuir chevelu est atteinte, si la lésion progresse rapidement, il faut irradier a la fois cheveux sains et parties glabres- La repousse complète sera un peu plus longue à se faire; mais, en
35o MALADIES DU SYSTÈME PILOSÉBACÉ
procédant ainsi, les foyers latents, s'il en existe, seront atteints, et, par suite, la guérison définitive sera plus rapide. Plus le nombre et l'étendue des plaques sont limités, plus l'irradiation isolée de chaque foyer est indiquée.
On devra se servir de rayons peu pénétrants, correspondant au n° 4 ou 5 du radiochromomètre de Benoist, et • la quantité totale que Ton fera absorber à chaque point malade devra être telle qu'elle ne produise qu'un peu d'hyperémie, autrement dit, le premier degré de la radiodermite. Cette quantité peut être évaluée, d'une façon générale, à 3 ou 4 H. Une période de 15 jours devra séparer chaque séance.
11 ne faudrait pas voir, dans ces chiffres, une dose absolue, car on sait qu'à quantité égale, le degré de réaction est variable suivant les régions. La peau du cuir chevelu parait être peu sensible ; celle de la figure est plus facilement impressionnée, et on peut dire que la réaction est d'autant plus prononcée que la peau est plus fine. Cette indication peut permettre de déterminer la dose nécessaire et suffisante pour les pelades de la barbe, par exemple.
Quant aux dispositions instrumentales, elles peuvent se résumer en ceci : assurer des mesures exactes et l'éclairage uniforme de toute la surface traitée ; ce qui se réalisera facilement en se conformant aux règles que nous avons précédemment formulées.
Dans quels cas d'alopécies la radiothérapie doit-elle être employée ?
Il faut que le follicule ait conservé son intégrité. Si l'alopécie est consécutive à un favus grave, ou à une lésion cutanée ayant détermine l'atrophie folliculaire, le résultat sera évidemment négatif. Quant aux alopécies d'origine spécifique et celles d'origine séborrhéique, nous ne pouvons nous prononcer, n'ayant aucune expérience en la matière. Nous croyons cependant que les alopécies séborrhéiques pourraient être améliorées par cette méthode.
ACNÉ VULGAIRE ET ROSACÉ*:
Ze sont surtout les malades atteints Je pelade vraie qui semblent être favorablement influencés. L'expérience montre que les résultat» sont différents sur des sujets présentant des lésions objectivement identiques. Les uns sont améliorés, les autres restent stationnaires, et il n'est pas possible de déterminer, à priori, comment se comportera tel ou tel cas. II est probable que la durée de l'alopécie doit être un facteur à considérer, les cas réeeûta semblant guérir plus facilement queceux qui existent depuis longtemps, 11 semble aussi que les cas de pelade générali sée, occupant tout le système pileux d'un individu, sont ordinairement rebelles à cette méthode. Enfin, d'après Neumann, la repousse se ferait plus facilement ches les personnes jeunes que chez les gens d'un certain âge,
IL faut reconnaître, du reste, que nombre de pelades guérissent spontanément, et il est probable que ce sont surtout ces caslà qui sont améliorés par la radiothérapie, en ce sens que la repousse est activée. En tout cas, on aurait tort de croire à une action spécifique ; elle est, au contraire, souvent infidèle.
La radiothérapie est une méthode d'exception ; elle devra être employée dans le traitement des pelades rebelles ; elle produira parfois des améliorations notables» là où les autres procédés auront totalement échoué.
S 3+ — Action indéterminée.
ACNÉ VULGAIRE ET ROSACÉE
Le docteur Gautier, de Paris, au Congrès international de Moscou, en 1897, a rapporté 16 cas d'acné vulgaire et rosacée qui avaient été très améliorés par les applications radiothérapiques. Les séances, quotidiennes, duraient 5 à (> minutes, à 30 centimètres de distance, La bobine absorbait au primaire
6 ampères et de 18 à 20 volts. Déjà, après la sixième séance, les lésions commençaient à se modifier. La peau desquamait, la couleur rouge s'atténuait et les télangiectasies étaient moins apparentes.
Au même Congrès, le docteur Pokitonoff, de Paris, a présenté l'observation d'une femme de 23 ans, atteinte depuis l'âge de 13 ans de lésions acnéiques vulgaires, qui fut soignée par la radiothérapie chez le docteur Gautier. Après 12 irradiations, la guérison fat complète.
Ullmann a traité un cas d'acné invétérée du dos. Après 10 à 15 séances survint un érythème très prononcé. Les nodules acnéiques se tuméfièrent, sans cependant arriver à la suppuration. Pais, peu a peu, ils se desséchèrent, la peau s'exfolia, et les lésions diminuèrent ; la guérison survint après 50 séances, en laissant sur toute la région traitée une pigmentation très intense.
Hahn a rapporté plusieurs cas d'acné rosacée, très améliorés, quelques-uns même guéris par cette méthode. Il a revu les malades quelques mois après la iin du traitement et n'a pas constaté de récidive.
Jutassy a remarqué, comme d'autres auteurs du reste, que dans certains cas, où une surface cutanée atteinte d'acné vulgaire avait été soumise à la radiothérapie pour une autre affection concomitante, les éléments acnéiques disparaissaient. Il fit aussi quelques essais sur des malades atteints d'acné rosacée et constata une amélioration notable.
Schiff et Freund pensent que de bons résultats peuvent être obtenus dans l'acné rebelle et dans l'acné comédonienne.
Freund, en particulier, a traité un cas d'acné rosacée et deux d'acné vulgaire. L'amélioration a été certaine, mais elle est survenue lentement. Les expositions furent de courte durée. Des taches rouges ont persisté pendant longtemps à la place des éléments acnéiques ; puis elles ont pris une teinte brunâtre.
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Il semble, d'après cet auteur, qu'il ne faille pas trop espérer une longue durée de la guérison. Dans un cas, la récidive s'était déjà produite, et les autres cas étalent guéris depuis trop peu de temps pour qu'il puisse se prononcer.
Il eut un succès remarquable dans un cas de furonculose du cou,
Scbolta a constaté que ces lésions étaient améliorées par les applications radiothérapiques. Mais, d'après lui, cette améliora* tion n'est pas suffisante pour que Pou puisse préférer cette méthode aux autres procédés thérapeutiques. Le plus souvent, les papules d'acné et les comédons disparaissent lentement et incomplètement ; et même, pendant le traitement, il survient de nouveaux éléments.
Campbell rapporte 15 cas d'acné traités par des applications de 10 minutes de durée, à une distance de 10 ou 15 centimètres. Les résultats ont été les suivants :
Dans 9 cas, la guérison fut complète : 3 ne récidivèrent pas. Un de ces 9 malades eut, à la suite du traitement, une légère pigmentation passagère, sans érythème ni dermatite.
Dans /j l'îis, l'amélioration fut limitée. Quelques éléments disparurent, d'autres ne furent pas influencés.
Dans 1 cas, l'éruption acnéique disparut partout, sauf au voisinage des cheveux. Les rayons X n'avaient pas été dirigés sur cette région, pour éviter de déterminer l'épi la tion du cuir chevelu.
Dans 1 cas, après 3 mois de traitement et 33 expositions de 10 minutes de durée, il se produisit une légère dermatite, qui ne fut suivie, cependant, d'aucun dégât local. Dans ces conditions, l'auteur cessa le traitement. Au bout de quelque temps, une partie des lésions acnéiques disparut, une partie progressa.
tlyde, Montgomery et Ormsby, dans deux cas d'acné vulgaire» virent disparaître les symptômes objectifs à la suite d'applications radiothérapiques*
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Dans quelques cas, cette méthode fut un adjuvant utile pour arriver plus rapidement à l'atrophie des glandes et des follicules.
Si les lésions acnéiques sont grave» et étendues, il ne faut espérer de résultat qu'à la condition de pousser le traitement suffisamment loin pour obtenir l'atrophie des glandes sébacées (face). En résumé, pour ces auteurs, le procédé ne sera légitime que si, dans l'avenir, on ne constate pas de récidive.
Pusey, traitant par les rayons X des malades atteints d'hypertrichose, a remarqué que l'acné concomitante disparaissait. Aussi, soumit-il à ce traitement un certain nombre de malades atteints de cette affection ; il a rapporté 1 1 cas qui ont été améliorés.En général, il n'a pas déterminé de réaction cutanée intense et croit cette méthode efficace, sans qu'il soit nécessaire de modifier objectivement l'apparence de la peau. Il a traité différents types cliniques. Les résultats ont été favorables dans les cas d'acné vulgaire (jeunes filles à la puberté) et dans ceux d'acné profonde indurée, existant depuis longtemps. Dans cette dernière forme, les modifications qui peuvent survenir sont parfois étonnantes. Les lésions cessent de se développer: la rougeur et l'infiltration s'atténuent peu à pou et bientôt laissent à leur place une peau saine, où ne subsistent, comme vestiges de la maladie, que des cicatrices blanchâtres. Ces résultats, dit Pusey, ont été obtenus dans certains cas graves, qui n'auraient pu être améliorés par aucune autre méthode ; la radiothérapie, appliquée convenablement et judicieusement, donne des résultats absolument Inconnus jusqu'à présent.
William L. Heeve a guéri, en S mois, un cas d'acné vulgaire de la région seapulaire, qui depuis 6 mois n'a pas récidivé.
Les résultats obtenus par Baraey sont encourageants.
Bulklcy emploie les rayons X comme adjuvant aux autres ïuethodes; d'après lui, ils favoriseraient la guerison.
l.uslcarten *'** moins enthousiaste; ses observations sont
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peu nombreuses, maïs les résultats qu'il a obtenus ne sont pas concluants,
La méthode suivie par Williams est la suivante : L'ampoule est placée à 20 centimètres de la peau et les Séance* ne doivent pas dépasser 10 minutes de durée* Elles sont faites trois Ibis par semaine et doivent être plus espacées, s'il survient de l'irritation. L'irradiation doit dépasser légèrement la surface malade; il faut s'armer de temps et de patience et prendre grand soin de ne pas produire de brûlures.
George E. Pfahler est tout à fait partisan de cette nouvelle méthode, pour le traitement de l'acné. Voici, du reste, ses conclusions :
i° La radiothérapie est préférable à tout autre procédé;
2* Les récidives sont moins fréquentes après ce traitement qu'après les autres ; en plus} quand elles se produisent, elles sont légères ;
3* Il faut éviter avec soin toute brûlure sérieuse j
4° Si Ton a eu soin d'éviter toute radiodermite grave, l'atrophie cutanée ne survient ordinairement pas ;
5a Aucune réaction locale ne se produit jusqu'à l'apparition d'un érythème modéré ; celui-ci doit être obtenu au bout d'un temps relativement long ;
0° il n'est pas nécessaire, pour la guérison, de déterminer l'apparition de cet érythème ; mais si on veut que les résultats soient rapides, il faut arriver à ce degré de réaction ;
7* Il faut avoir grand soin de protéger complètement les cheveux, les yeux et les sourcils, pendant les applications ;
8* Pour obtenir les meilleurs résultats, il faut employer une ampoule dont le degré de vide correspond à 2 pouces et demi d'étincelle. On la place à 10 ou 12 pouces de la peau ; on l'alimente avec un courant de 2 à 5 ampères, et chaque irradiation doit durer de 5 à 10 minutes ;
9° Dans les cas ordinaires, le traitement dure environ trois
moi h. Le nombre des applications oscille entre 20 et 30. La guérison survient le plus souvent.
Brocq a vu un malade qui avait été traité, à Vienne, par 17 séances de radiothérapie, pour de l'acné et de l'eczéma séborrhéique. La séborrhée s'est peu modifiée; l'acné a été exagérée; mais, par contre, on a vu survenir de l'alopécie sur les régions irradiées.
Si Ton recherche comment les rayons X agissent sur cette dermatose, on peut trouver deux modes d'action : atrophie des glandes sébacées et action irritative desquamative.
11 est possible que l'amélioration se produise à la suite de l'action des rayons X sur les glandes sébacées. Celles-ci, en effet, comme les autres glandes, du reste, produisent une sécrétion moins intense lorsqu'elles ont été irradiées; si les séances sont prolongées, l'atrophie peut même survenir.
Or, si l'on en croit Sabouraud, l'acné vulgaire se développe comme complication d'un état séborrhéique. L'élément matériel qui caractérise la séborrhée, le flux graisseux superficiel, résulte de la germination surabondante d'un microbacille dans les lamelles cornées qui normalement recouvrent l'orifice pilo-sébacé et forme en s'accumulant un véritable cocon : l'hypertrophie des glandes sébacées en serait la conséquence. Dès lors, un agent thérapeutique, capable d'atrophier des glandes hypertrophiées, devra produire* sinon la guérison, du moins une amélioration notable.
C'est ainsi que Torok et Schein établissent la pathogénie de ces guérisons. Us attribuent en plus aux rayons X une action mierobicide, que nous ne croyons pas soutenable.
Tour Fround, il faut chercher la cause de la guérison dans la desquamation que produit la radiothérapie. Cette hypothèse est U>es vraisemblable, car les topiques usuels n'ont pas d autre but. C'est en irritant et en produisant 1 exfoliation des couches superiicielles de la peau qu'ils conduisent au succès.
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Dana l'acné rosacée, dans la couperose, les rayons X pourraient encore agir théoriquement, par leur action dégénéra tive, sur les vaisseaux sanguins, ainsi que Ta soutenu Gassmann.
A r hôpital Broca, nous n'avons pas traité beaucoup de lésions acnéiques par la radiothérapie. Si les topiques habituels ne nous donnent pas de bons résultats, nous y joignons les applications de haute fréquence, qui nous ont donne quelques succès. Enfin, dans certains cas rebelles, la photothérapie serait très favorable, ainsi que l'a dit dernièrement M. Leredde, Les essais que nous avons faits dans cette voie sont encourageants.
En tout cas, il nous semble que,seuls^ les cas rebelles, profonds, graves et disgracieux, peuvent relever de la radiothérapie. Cette méthode ne sera légitime que lorsque toutes les autres auront été inutilement essayées; on doit, en effet, toujours proportionner la puissance de l'agent thérapeutique à la malignité de la lésion.
Voici, alors, comment il faudra procéder. Si l'acné est généralisée et occupe une partie de la face, on doit traiter séparément chacune des joues, puis le menton, le nez et le front. On prendra grand soin, avant de commencer les irradiations, de protéger par une feuille de plomb le cuir chevelu, les lèvres, les yeux et les sourcils* L'ampoule devra être placée à environ 12 ou 1 5 centimètres de la région malade, de façon à assurer un éclairage uniforme. Les rayons devront être peu pénétrants (n05du radiochromomèlre de Benoist). On commencera par faire absorber, en une séance, 2 à 3 H à chaque région malade, surtout sll s'agit d une forme légère et si le sujet en traitement est une femme ou une jeune fille. S'il s'agit de lésions anciennes, d*acné rebelle et invétérée, et que le sujet soit un homme, on pourra sans inconvénient donner de 3 H et demi à 4 H et demi. La dose de 5 H sera une excellente quantité si l'acné n'est pas située sur le visage* Au bout de 15 à 20 jours, suivant l'état des téguments et de la lésion, on recommencera avec une dose identique, ou de préférence avec une dose plus faible , Trois à quatre
séances déterminent, le plus souvent, une amélioration notable, parfois môme la guérison complète. Les récidives sont à craindre ; elles seraient même fréquentes.
Il faut éviter avec soin toute radiodermite grave et ne jamais dépasser, comme réaction, l'érythème léger. Même en se conformant à cette règle, on peut craindre de voir survenir l'alopécie définitive de la région irradiée (hommes) et des modifications cutanées d'ordre atrophique (au bout d'une année) si le traitement a dû être prolongé pendant longtemps, comme cela peut être nécessaire dans certains cas rebelles.
KÉRATOSE PILAIRE
Nous avons traité par cette méthode une malade atteinte de kératose pilaire des régions sourcilières et souffrant de démangeaisons intolérables.
Les doses furent faibles au début, 3 à 4 H, avec des rayons pou pénétrants, espacées par une quinzaine de jours de repos. Les démangeaisons disparurent en même temps que répilation commenta. Mais, au bout de quelque temps, le prurit reparut, et nous dûmes recommencer. La malade a subi ainsi 15 applications reparties sur les deux sourcils, avec dose de 3 à 6 H par irradiation.
Nous n'avons jamais déterminé de réaction vive, la rougeur sVst atténuée* l'alopécie est devenue totale et laguérison semble complète : la malade nVprouve plus de démangeaisons. On ne voit plus de c^nes cireumpilaires. et aucune tache atrophique a est perceptible.
Ce résultat est d'autant plus intéressant que la malade avait présente sur la joue gauche un lupus érythêmateux, disparu attyounThuu et qu'on pouvait se demander si la kératose des tourcil* ne cachait pas une nouvelle poussée.