Quand la pureté intérieure et extérieure est
réalisée, il s’ensuit sinon du dégoût du moins de l’indifférence pour son propre corps et de l’éloignement pour les autres corps.
Quand la véritable purification est réalisée entièrement et intérieurement, on est porté à négliger le corps, et l’idee disparaît surtout de 1 embellir , on ne le soigne plus, alors, que pour maintenir la pureté réalisée et ainsi ou aussi par sentiment de « balance ».
Pour revenir à l’état du \ogui qui a réalisé en lui la purification intégrale, ce qu’on appelle communément une jolie figure ne semble plus au \ogui qu’une face animale si elle n’est pas conjointement additionnée d’intelligence, tandis que la plus laide physiquement des figures pourra paraître céleste si elle est illuminée d’un reflet de l’esprit. Aussi bien, le souci, l’appétence pour le corps est le grand poison de la vie humaine, et le premier signe de réalisation de la pureté en nous est l’insouciance entendue comme il convient à l’endroit du corps.
41. La pureté produit encore la régularisation des Gunas, l’équilibre, le contentement mental, la fixation ais>-e d’attention, la maîtrise des sens et la capacité de réaliser le Soi, c’est-à-dire de communiquer avec l’âme.
Ces divers points se comprennent aisément. On
HO
peut dire cependant que la pureté réalisée fait prévaloir un équilibre matériel qui entraîne la satisfaction, la paix et la fixité du mental. Un sentiment de plaisir implique toujours un certain équilibre. L’homme équilibré prend aisément plaisir aux choses, et un tel état marque du progrès dans la Yoga. La plupart des peines proviennent de Tamas et de Rajas. En somme, la force, la santé et l’audace sont de bonnes conditions pour réussir dans la Yoga. Au Yogui tout paraît bien et tout venant est pour lui bien venu ; c’est aussi la caractéristique de l’homme vertueux. La misère et la peine, en effet, sont exclusivement causées par le péché, c’est-à-dire par 1 ’mfraction à la loi.