PRÉFACE
Cet ouvrage s'adresse surtout aux personnes, Architectes, Ingénieurs et Constructeurs, qui désirent étudier les questions de résistance des matériaux et de stabilité des constructions sans avoir recours au calcul infinitésimal.
C'est à la mécanique la plus élémentaire, ainsi qu'à la géométrie, que, sous forme d'épures de Statique graphique, j'emprunte les solutions de toutes les questions, même de celles qui sont les plus ardues, telles que le calcul des poutres continues, le calcul des arcs et la détermination de la poussée des terres.
Un coup d'œil jeté sur la table des matières suffira pour faire comprendre le plan de cet ouvrage. En réalité il est le développement du cours de Stabilité des constructions que, depuis 1878, mon maître et ami M. Emile Trélat m'a fait l'honneur de me confier k l'Ecole spéciale d'Architecture en remplacement du regretté de Dion. Il reproduit aussi les leçons sur le même sujet que, à litre de suppléant de M. Trélat et, ensuite, comme titulaire du cours de constructions civiles, j'ai faites à plusieurs reprises au Conservatoire des Arts et Métiers. Si j'insiste sur les origines de cet ouvrage c'est pour convaincre celui qui tentera de le lire qu'il aura sous les yeux un livre élémentaire dans sa forme quoique assez complet dans ses développements, un livre qui n'aura été publié qu'après avoir, auprès de nombreux élèves, subi la sanction de l'enseignement et avoir, comme conséquence de ces épreuves répétées, éprouvé des modifications et, surtout, des simplifications nombreuses.
Il est sans doute bien prétentieux à moi de faire paraître un traité de Stabilité' des Constructions alors qu'il existe déjà les ouvrages de Bresse, de Collignon, de Rouché, de Kœklin, de Brune et de tant d'autres Ingénieurs, alors que M. Maurice Lévy a fait bénéficier les constructeurs de son admirable traité de Statique graphique, véritable monument dans lequel on trouve tout ce qui a été dit aussi bien que tout ce qui sera dit, pendant longtemps encore, sur cette
science et que je devrais citer à chaque page de mon modeste, quoique trop volumineux, ouvrage. Je n'apporte rien de bien nouveau comme théorie si ce n'est, peut-être, dans la question des poutres continues, le théorème des deux moments trisecteurs joint à celui des Centres de correction (v. n° 280 et 288), et dans celle des arcs, l'emploi des quatre points que je nomme des Stabili-centres (v. n° ils . à l'aide desquels la détermination de la poussée, ainsi que celle des moments d'encastrement aux sommiers, se ramène à l'équilibre de quatre forces, situées dans un même plan, et appliquées en ces quatre points. Si quelqu'un me contestait la priorité de ces théorèmes je la lui abandonnerais immédiatement, car je tiens à répéter que ce n'est pas l'œuvre d'un savant que j'ai entreprise maie exclusivement celle d'un professeur dont la plus grande récompense serait d'avoir été compris et d'avoir contribué à vulgariser cette belle science, toute moderne, de la Stabilité des constructions.
En terminant, je veux remercier mon maître M. Ed. Collignon, Inspecteur général des Ponts et Chaussées, pour les bons conseils qu'il ne m'a jamais refusés et pour l'emprunt qu'il m'a permis de faire de ses méthodes ; MM. Arana. Diébold et Jolibois. Conducteurs des Ponts et Chaussées, . qui en rédigeant et en âutographiant les leçons que j'ai faites au Conservatoire en 1880, m'ont puissamment aidé dans la publication de cet ouvrage : M. Cordeau, Ingénieur Civil, ancien Elève de l'Ecole Centrale, auquel je dois presque toutes les applications numériques de mon livre et certains points de théorie, entre "autres (v. n° 451 et suivants) l'étude, qu'il a rendue si simple, de l'action du vent sur les fermes en arc; M. Woyciechowski, Ingénieur des Constructions civiles, ancien Elève de l'Ecole des Ponts et Chaussées, qui a bien voulu me faire profiter de sa grande expérience du calcul appliqué à la construction et revoir mes dernières épreuves.
Paris, le 15 avril 18'.t5.
J. P1LLET.