CHAPITRE PREMIER
NOTIONS GÉNÉBALES.
538. La Guomonique est lart de tracer sur une surface donnée, plane ou courbe et nommée le cadran, un système de lignes telles que chacune soit recouverte par lombre solaire d un style Ç)^ précisément à la même heure du jour dans toutes les époques de Tannée. C'est donc une application de la théorie générale des ombres ; mais comme ici la solution du problème doit s appuyer sur quelques notions élémentaires d'astronomie , nous croyons devoir les exposer succinctement , en invitant ceux de nos lecteurs pour qui elles sont familières , à passer immédiatement au n^ S51.
539. Les étoiles fixes, ainsi nommées parce qu'elles conservent toujours entre elles les mêmes distances angulaires , sont à une distance si considérable de la terre, qu'on n'a pu encore la mesurer, malgré la précision extrême des méthodes et des instruments qu'emploient les astronomes modernes; on sait seulement que cette distance doit surpasser plusieurs millions de millions de lieues. Dès lors on doit s'attendre à ce que le globe terrestre tout entier (quoique son rayon moyen soit de i Sga lieues de 4 kilomètres) paraîtra n être qu'un point unique, quand on le comparera avec les étoiles; aussi les rayons visuels menés de deux points quelconques de la terre à une même étoile, ne comprennent jamais entre eux qu'un angle nul ou entièrement inappréciable avec les meilleurs instruments. Il faut donc admettre en principe que toutes les droites menées du centre de la terre et des divers points de sa surface à une même
(*) Le style est une verge cylindrique ou prismatique, fixement attachée au cadran, et au bout de laquelle' on ajoute souvent une plaque mince, percée d'un petit trou circulaire, afin de rendre plus sensible le point du cadran où tombe le rayon solaire qui passe par Textrémité du style. Quelquefois même on ne laisse subsister que cette plaque; mais alors son centre tient lieu du bout du style.