JOUES
FISTULKS DU CANAL UE STENON.
Le plus souvent, au niveau d'une longosîlé située dans la région du niasséler ou du buccinateur, on voit s'écouler un liquide clair. Ce lii|uide est peu abondant dans l'intervalle des repas, augmente et devient très abondani pendant la mastication. Mitscherlich a observé ipie ce liquide était plus alcalin et plus riche en matières fixes pendant les repas que dans leur intervalle. Un orifice plus ou moins visible conduit sur le trajet du canal de Sténon. Le malade éprouve parfois de la sécheresse buccale du côté où existe la fistule ; il n'en résulte pas de troulde nutritif.
Il existe pai'fois une sorle de poche kystique au niveau de la fistule; elle se vide facilemcnl par pression et laisse couler du liquide salivaire. Cette poche est due à ce que les deux bouts du canal ne se correspondent pas, ne sont pas au même niveau, et la salive s'amasse dans leur intervalle. Ces divers caractères suffisent à établir le diagnostic de fistule du canal de Sténon.
Il s'agit là non pas d'une lésion grave, mais d'une infirmité ennuyeuse, et de tout temps les chirurgiens ont eu la préoccupation d'y remédier. Leurs méthodes furent très variées.
On eut 1 idée de tarir l'écoulement fistuleux en provoquant l'atrophie de la glande parotide.
On a, dansée but, tour à tour pratiqué la compression de la glande l^Desault) ou du canal (Maisonneuve), la ligature du canal (Viborg, Ciollisen, Velpeau, Borel, Pelschinsky), l'oblitération du canal par un corps étranger (Julliard), les injections atrophiantes (Daniel Molière, Tussau, Cocchini).
Les tentatives chirurgicales les plus anciennes avaient eu povir but d'oblitérer directement l'orifice fistuleux ; on ignorait, en effet, l'origine du liquide qui s'écoulait par ce canal, et la méthode d'atrophie de la glande ne vint qu'après. Les méthodes utilisées dans le but de fermer le trajet de la fistule sont nombreuses : par application d'emplâtres (Galien, Roonhuyssen), d'eau-iorte (A. Paré), d'eau minérale d'Appones (Fabrice d'Aquapendente), de poudre d'os (Munnicks), de nitrate d'argent (Louis, Hergolt, Lombard, Ravenel, Guder, Martini, par l'usage d'agglutinatifs tels que lame d'or collée avec de la poix (Malgaigne), coUodion (Rodolphi, Michalski, Morrisj, par suture (Morand, Rodolphi, Moty), par compression Louis), par autoplastie (Hérard).
On a essayé de rétablir vui drainage par la voie naturelle : Louis, Morand, Morris inlroduisaienl une sorte de selon dans la portion de canal comprise entre la fistule et le vestibule ])uccal ((ig. 45). Bérard a introduit une canule en argent dans le conduit salivaire par son orifice buccal. Thornley Stocke a employé un tube en étain ; \ ignard a pratiqué le cathétérisme du bout
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Fig. 43. — Procédé de Louis et de Moi-and.
4j() L. DIEULAFÉ. — MALADIES DE LA CAVITE BUCCALE.
antérieur du conduit, au moyen de sondes de Bowmann de volume croissant. Richter a essayé de produire la dilatation par un courant liquide.
Le JDOut postérieur du canal a été transplanté Langenbeck, Hibéri, Delore, Princeteau, Bougie, Pœnaro-Caplesco). La technique de Langenbeck, modifiée par Princeteau, est longuement exposée dans la thèse de Baillif (1 ; sur une ligne allant du tragus à la commissure, on tire une incision à travers laquelle on va à la recherche du Ijout postérieur du canal ; on attire ce bout postérieur hors de la plaie et on fend sa paroi sur une étendue de 2 ou 3 millimètres; on obtient ainsi deux petits lambeaux triangulaires, à travers chacun desquels on passe un fil de soie. On pratique à travers le masséter un orifice que Ton agrandit au doigt et que Ton conduit jusqu'à la muqueuse vestibulaire; dans cette voie, on introduitle bout postérieur du canal de Sténon et au moyen des fils on fixe à la muqueuse. On ferme ensuite lorifice fistuleux après avivement.
Tout un autre groupe de procédés a pour principe de dériver la salive dans une voie artificielle remplaçant le bout antérieur du canal. L'idée première de cette méthode est due à Deroy: cet auteur, avec un fer rouge, traversait la joue de la fistule vers la muqueuse. Monro utilisa une forte alêne de cordonnier et entretint la béance du canal ainsi obtenu au moyen d'un cordonnet de soie introduit dans le canal et noué au niveau de la commissure. Ce procédé du séton fut aussi employé par Coutavon, Prompt, Jobert.
Larrey, Desault, J.-L. Petit ont supprimé le séton dans la partie externe du conduit artificiel; ils l'ont placé sous forme dune mèche dans la partie buccale de la plaie et ont traité l'orifice fistuleux soit par suture, soit par cautérisation. Duphœnix. Atli ont remplacé le séton par une canule. F*ozzi, Kaulîmann, Campenon, Tillaux, Reynier, l'ont remplacé par un drain.
Richelot a aussi utilisé un drain qu'il a placé obliquement à travers la joue, depuis un orifice externe nouvellement créé et situé en arrière de la fistule, jusqu'à un orifice buccal voisin de l'embouchure normale du canal de Sténon. Decretou, Rey ont obtenu avec ce procède* d'excellents résultats.
La voie de dérivation salivaire a été assurée, aussi, par une double ponction : Déguise a percé la joue en deux endroits à l'aide d'un trocart et, Fi". 46. — Procédé de utilisant la canule laissée en place, a fait passer Déguise. dans la double ouverture un fil de plomb dont
les extrémités sont dans la bouche et la convexité au niveau de la fistule. Celle-ci est fermée par suture (fig. 46). Béclard a modifié celte méthode en pratiquant la torsion de l'anse
(1) H.ULi.iF. Thèse de Bordeaux, 1898-1899.
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tlu fil de plomb, de laron à produire une seclion lenle des tissus interposés, (iosselin provoque tout de suite la section de ces tissus en exerçant une très forte constriclion de lanse au moyen du serre-nœud de De Grade.
Malgaigne, Mirault, Le Fort ont tous appliqué ces mômes principes techniques avec quelques variantes opératoires. Rousseau, dans sa thèse (Paris, 1909), rapporte une observation d'A. Broca où la double ponction a donné un succès après échec de la méthode de Richelot.