ULCÉRATIONS
Du côté de la muqueuse, on observe fréquemment des uhîérations provoquées par des blessures alimentaires, par des chicots, par des dents déviées.
L'infection partie des surfaces ulcérées peut se propager dans l'épaisseur de la joue et donner lieu à des abcès ou à des phlegmons ; on peut voir aussi des abcès de la joue faire suite à des inflammations provoquées par des corps étrangers du canal de Sténon ou des calculs salivaires.
NOMA.
Les infections dorigine buccale prennent parfois, au niveau de la région génienne, une forme gangreneuse qui aboutit au sphacèle de toute l'épaisseur de la joue et s'étend même dans la région labiale correspondante. C'est le noma, qui alteintsurtout de jeunes enfants,
débilités par un état morbide antérieur. Le pronostic de celte aiïection est grave ; les lésions commencent par un noyau induré, situé
au-dessous de la muqueuse et qui, au milieu de phénomènes fébriles, gagne rapidement toute la région; puis la joue devient noire et tombe
Fig. 4". — Gangrène de la joue droite Fiu:. 48. — Perte de substance de la consécutive au noma (d'après Sultan). lèvre. Nonia (d'après Sultan).
en plaque de spliacèle. Beaucoup de malades succombent, car la gangrène a tendance à s'étendre.
On doit agir rapidement par ablation large de loule la zone mortifiée (fig-. 47 et 48).
ADÉNITES.
Les inflammations revêtent une torme particulière lorsqu'elles intéressent les ganglions géniens. 11 existe, en effet, des masses ganglionnaires au niveau de la joue, qui sont les récepteurs de divers troncs lynq)hatiques venus de la lèvre supérieure, du nez, de l'arcade dentaire supérieure. Mascagni, Debierre, Jaboulay, Poucet, Vigier, Albertin, Princeteau, Gapette-Laplène, Kiitlner, Buchbinder, Trendel, Le Norcy ont figuré ou décrit des groupes ganglionnaires étalés pour la pluparl, entre Tarière et la veine faciales, sur la face externe du muscle l)uccinaleur (Voy. fasc. V). Poucet, Vigier dislin-
JOUES. — ULCERATIONS DENTAIRES. 49
panent trois s^roupcs : massctérins, commissuraux, sous-orbitaires.
Ladénophlegmon génien est le plus souvent consécutif à la carie dentaire; il a été observé par Poncet, Vigier, Albertin, Capette- Laplène, Buchbindcr.
Sur un enfant de quatre ans, Le Norcy a vu une adénite génienne consécutive à une pyodermite.
L'inflammation ganglionnaire s'accompagne de phénomènes phlegmoneux plus ou moins intenses, qui peuvent donner le change au point de vue de l'origine des lésions. 11 en résulte des abcès qui viennent s'ouvrir à la peau s'ils sont abandonnés à eux-mêmes; on doit les traiter par incision et lavages.