‹ Traité de stomatologie (volume 2)Chapitre 57 sur 197 · PLANCHER BUCCAL. — LITHIASE SOUS-MAXILLAIRE · texte numérisé non relu

PLANCHER BUCCAL. — LITHIASE SOUS-MAXILLAIRE

lion on expulsion sponlanéo d'nn calcul du canal, (Taulres concrétions venues de la glande prennent sa place et forment un calcul analogue.

Le nombre descalculs est variable; ils sontle plus souvent uniques dans le canal, mais ils peuvent atteindre le chifl're de 2,3, 4 (JMorival, Loison), 7 (Manget, Drelincourt, Perrone) et, dans la glande, leur nombre peut s'élever k l-2(Lallemand),20 (Schmidt).Leurpoids ordinaire est de 1 à 2 grammes et leur volume moyen celui d'un pois ou d'une olive ; mais on en a trouvé de gros comme une amande ou une noix, arrivant à peser 8 grammes (Pirondi), 10 grammes (Richet). Leur coloration est blanche ou grise. Leur forme est sphérique, ovalaire ou allongée : la surface est le plus souvent granuleuse, mûriforme ou ramifiée ; on peut y voir une sorte de rigole, parfois un véritable canal, et ce sont ces accidents de surface, saillies et dépressions, qui assurent la perméabilité du canal excréteur.

Ces calculs sont constitués par la juxtaposition de granules groupés en amas; ils présentent une région corticale dure, une région centrale plus ou moins molle ; dans la partie centrale, on a trouvé des amas bactériens (Galippe, Waldeyer, Klebs), des corps étrangers. La composition chimique correspond à un mélange d'eau, de matières organiques, de carbonate et phosphate de chaux.

La paroi du canal est hypertrophiée, et le segment situé en arrière du calcul est le siège d'une dilatation plus ou moins maïquée.

L'inflammation qui a créé la formation des concrétions salivaires a pu passer inaperçue, être chronique et atténuée, ou bien avoir eu une phase aiguë, avec ou sans suppuration. Dans tous les cas, le tissu glandulaire présente des lésions ; l'inflammation du parenchyme aboutit à une sclérose plus ou moins marquée, qui devient atropliique; la glande est dure, adhérente aux tissus voisins (Terrier, Berger, Power, Mastermann, Barling, Kuttner, Pilliet, Perrone, Walther, Arrou, Weinberg). Les lésions sont particulièrement accentuées autour des canaux excréteurs; cette systématisation, dit Schsefer, est une preuve qu'il s'agit bien d'une infection ascendante de la glande. Pater et Deshayes, en outre de la sclérose péri-acineuse, ont noté la dégénérescence graisseuse des cellules glandulaires.

Les calculs se développent lentement, insidieusement ; leur présence est reconnue par hasard, à propos d'une exploration du plancher buccal, ou se manifeste par des symptômes inflammatoires ou des accidents d'expulsion. La présence d'un calcul assez volumineux dans le canal détermine de la rétention salivaire, la contraction de la musculature de la paroi, contraction qui s'accompagne de violentes douleurs (colique salivaire) et parfois delà mobilisation du canal; son expulsion peut survenir à la suite d'une ou plusieurs crises de ce genre (Berlin, Labordette, Scheild, Leclerc, Die lafé). Sous l'influence de l'altération mécanique des conduits excréteurs

et de la rétention partielle qui résulte de l'obstacle canaliculaire. l'infection ascendante de la glande est favorisée, et il peut en résulter des poussées inflammatoires aiguës. On voit se dérouler alors la symptomatologie des sous-maxillites : fièvre, inappétence, douleurs, gonflement de la région sous-maxillaire; ces poussées inflammatoires se compliquent de suppuration et activent le processus de sclérose, qui détruit le parenchyme glandulaire ; elles donnent aussi naissance à des abcès glandulaires ou périglandulaires,qui s'ouvrent spontanément àl'extérieur. Dans certains cas, la glande affectée n'a plus aucune valeur fonctionnelle et n'est qu'un foyer permanent d'infection.

Lorsqu'un calcul est reconnu, à l'exploration du plancher buccal, sans qu'il ait donné lieu à des symptômes de rétention ou d'inflammation, ou après n'avoir provoqué que de petites crises de colique salivaire, il ne s'accompagne pas encore de lésions profondes de la glande. Son extirpation doit être pratiquée, selon le point du canal où il siège, par voie buccale ou par voie sus-hyoïdienne. Cette dernière voiepermet, en même temps, d'apprécier l'état de laglande.

Dans les cas où l'évolution du calcul s'est accompagnée d'abcès glandulaires, de sclérose et d'atrophie de la glande, il est préférable d'extirper à la fois la glande et le calcul. L'ablation de la sous-maxillaire a été pratiquée par Forget (1874), Power. Berger (1889), Launay (l900),Coudret(190r.

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