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CONDITIONS GÉNÉRALES

Les conditions essentielles d'un soudage correct sont la propreté et la non-oxydation des surfaces à souder ; leur contact par adaptation parfaite ; lapplicatiou de la chaleur.

Propreté dos surfaces à soutier. — Ces surfaces doivent être préparées avec des limes rc'servées à l'usage des métaux nobles pour éviter le contact intime des limailles de plomb, fer ou zinc; elles doivent être débarrassées de toute impureté et en particulier des oxydes qui ont pu se former au cours des recuissons. Dans ce but, les pièces à souder sont portées au rouge sombre et projetées dans un bain formé d'acide chlorhydrique ou sulfurique ; ou bien on les fait bouillir quelques instants dans ces acides. Les pièces sont ensuite lavées à l'eau pour éviter la formation des chlorures ou sulfures au moment du chaulTage suivant.

Non-oxydation des parties en contact. — Pour éviter l'oxydation qui se produirait en chaulVant les pièces, on recouvre

les parties à souJer de substances appelées flux ou fondants. Ces substances fondent à une température relativement basse, recouvrent les métaux et les préservent de l'oxydation par contact avec Tair libre; elles ont, de plus, la propriété importante de réduire les oxydes métalliques. Les flux employés sont :

\° Le borax ou borate de soude. Il est d'abord calciné, pour qu'il perde l'eau de cristallisation qui le ferait se boursoufler au moment de la fusion, puis réduit en poudre et mélangé pour former une pâle avec de Teau qui s'évapore facilement sans se combiner avec lui.

Cette pâte doit être appliquée en petite quantité sur les parties à souder.

2° Le fluide liquide, qui est une solution aqueuse, saturée à parts égales de borax et d'acide borique. Il est appliqué avec un pinceau avant le chaufTage des pièces.

3° La cire boratée de Parr, qui est une cire dure, c'est-à-dire un mélange de cire vierge et de résine. Cette cire dure est additionnée de borax. Servant à maintenir en place les pièces à souder, elle dépose en brûlant un dépôt de borax et forme un flux de bonne qualité.

Contact. — Les parties à souder doivent être limées finement à plat pour ne permettre entre elles qu'un espace capillaire. Cette disposition est la meilleure, puisqu'elle demande une quantité infime de soudure et parce que la soudure liquide est attirée par la force très appréciable de la capillarité sur les parties à réunir.

Lorsque cette disposition n'est pas possible, on ajuste et on intercale entre les parties à souder une pièce de métal intermédiaire dite béqiiet, qui fait pont sur le vide à combler et permet la coulée de la soudure.

Revotements. — Lorsqu'on soude l'extrémité d'une pièce à ellemême, pour construire un anneau par exemple, il suffit d'ajuster les surfaoes à souder par flexion du corps de l'anneau ; mais, dans tous les cas ou l'on désire souder des pièces différentes, on emploie pour maintenir leurs rapports avec exactitude des enveloppements à base de plâtre, dits revêtements.

Outre cette parfaite contention au momenidela soudure, le revêtement par sa masse égalise la température, prévient ses changements brusques et parla évite les fractures des faces de porcelaine incluses dans les pièces de prothèse.

Un bon «revêtement ndoit durcir assez vite et fortement, être bon conducteur de la chaleur, ne pas se dilater, ou s'émietter sous son influence; être infusible à la température de soudage.

Au plâtre on a ajouté un grand nombre de substances habituellement pulvérisées.

Nouséliminerons habituellement l'amiante en poudre, qui est mauvais conducteur, pour ne l'employer que sous forme de filaments, lorsqu'on désire donner au revêtement une résistance plus gpaude ;.

MATERIAUX Dli CONSTRUCTION.

les coiuli-cs (le houille, (|ui s(Mit de eoiiijiosiliou trop iriconsliuilr . la pierre ponce pulviM'isée (pii rond à trop basse température.

11 resteànotre disposition, dans l'ordre de nos préférences, le silex pulvérisé, la terre à mouleur, la bri(|ue pulvérisée, le saille (in, le marbr;* |)ulvérisé, l'oxyde de majj^nésie.

Ces |)oudres sont d'abord intimement mélangéesau plAtre linement i)ulvérisé et ensuite gAchées avec lui.

Les pièces i\ souder, maintenues ensemble dans leur position désirée par de la cire dure, sont noyées dans la masse molle du revêtement, les surfaces à souder restant seules en vue par un de leurs côtés. Le revêtement se cristallise ; il est ensuite dégrossi et égalisé au couteau, desséché à une température douce et ensuite porté sur un bec de Bunsen pour chaull'age élevé.

S4»ii(la;>-<' i)i*<»|>i*<'iii<Mi( <IM. — I^'opération du soudage peut se faire les pièces à soudei* étant à découvert ou (Miveloppées dans un revêtemenl.

On soude' à découvert les anneaux et tout(;s pièces simples et les appareils composés de deux |)ièces pouvant facilement être maiiile-

Vig. 192. - Dent investie

Fig. 193. — Ghaurt'age de la pièce investie.

nues ajustées; les calottes de couronnes à souder à la bande; les bases de bandes, les queues de crochets. Pour cela, on peut laisser les pièces reposer sur un bloc d'amiante ou bien les fixer ensemble avec un mince fil de fer ou de nickel; on peut enfin utiliser les cro-

284 POL NESPOULOUS. — COURONiNES ARTIFICIELLES.

chetsde Melotte, munis ou non de leur bloc àsouder, ou tenir ensemble les pièces à la pointe d'une fine précelle.

On fixe dans un revêtement les appareils formés de plus de deux pièces, et tous ceux qui contiennent une pièce de porcelaine exigeant soit une immobilisation certaine, soit une égalisation de la chaleur.

Pour souder avec revêtement, les surfaces à souder sont d'abord recouvertes de fluide et la masse du revêtement portant les pièces à souder et préalablement desséchée est soutenue par une grille métallique au milieu de la flamme dun bec de Bunsen et portée au rouge sur toute sa surface inférieure. La flamme jaune d'un chalumeau chaulTe ensuite de même la surface supérieure du revêtement; en dernier lieu, la flamme est localisée sur les pièces à souder.

Dans le cas de soudage sans revêtement, ce temps est remplacé par le chauffage directdansla flamme.

A partir du moment où les pièces à souder sont portées au rouge sombre, la technique du soudage est sensiblement la même, que cette opération ait lieu avec ou sans revêtement : nous décrirons donc seulement de façon séparée les deux procédés de soudage: autogène et par fusion de soudure.

Soudag-e aiitogoiie. — Les parties à souder doivent être progressivement et régulièrement élevées du rouge sombre vers le rougecerise jusqu'au moment précis où, devenant pâteuses, elles s'unissent })ar contact.

Le moyen de produire une élévation régulière de température est de prendre un foyer de chaleur constant et d'utiliser dans ce foyer des parties de plus en plus chaudes.

Pour cela, les parties à souder sont lentement portées de la périphérie au centre de la flamme d'un bec de Bunsen ou d'un chalumeau. On apprécie l'élévation de température par la couleur du métal, et on juge de sa fusibilité par l'apparition de points brillants fugaces audessus de la surface rouge claire. A ce moment précis, la pièce est rapidement retirée du feu; on vérifie l'état de soudure et on laisse refroidir.

Soudag-e par soudure. — Les partiesà souder étantrougies parla chaleur, on place avec des précelles une pièce de soudure, de forme et de volume appropriés au-dessus de la ligne d'union, et la température est élevée localement au moyen de la flamme du chalumeau. La pièce de soudure devient rouge à son tour et bientôt fond la première en coulant entre les parties à souder. Sitôt cette fusion produite, les pièces sont refroidies, la soudure vérifiée, et elle peut être reprise, si besoin est. dans la même séance.

Accidents du soudag-e. — Les échecs de soudage, en réalité assez nombreux, tiennent soit à une inobservation des conditions

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préalables, soil ù uiu; l'aiilo tic lecliniciuc. On poiil presque; toujours les éviter, tandis qu'ils sont d'iiabituth^ dirficilement réparables.

l" Soudure en boule. - La masse «le soudure l'oiulue former une gouttelette liquide qui roule dans la partie déclive du métal ou du revêlement. Dans ce cas, les surfaces métalliques n'ont pas été sui'fisamment cliaulïees; la soudure fondue a gagné une partie voisine plus chaude, où elle s'est à sou tour réchaulfée et li(juéfiée plus fortement. Si cet étal de choses est maintenu, les mélaux-bases s'oxydent dans la goutte de soudure; la teneur en or de celle-ci augmente, et avec elle le degré de chaleur nécessaire pour la maintenir en fusion monte peu à peu ; la soudure étant alors mise en contact avec les parties à souder les fondra au lieu de les réunir. Pour prévenir cet échec, il faut ne faire fondre la soudure que quand le revêtement et les parties à souder sont suffisamment chaulïes.

Rétrécissement des pièces. — En se cristallisant, une soudure se contracte et peut attirer à elle les pièces qu'elle réunit. Aussi doit-on éviter de souder des pièces mal ajustées et séparées par un espace appréciable.

3° Fracture de la dent en porcelaine. — La dent de porcelaine plate ordinaire comprend deux crochets en platine ou en métal pris dans sa masse. Tandis que la porcelaine est mauvaise conductrice de la chaleur, le métal des crochets est au contraire bon conducteur. Sous l'influence d'un chau liage trop rapide ou d'une flamme mal dirigée, les crochets se chaulïent et se dilatent plus vite que la porcelaine et causent son éclatement. Dans d'autres cas, la contreplaque de doublure pince les bords de la porcelaine et les fait éclater par rétrécissement au moment du refroidissement. Il faut donc chaufler lentement les dents de porcelaine prises dans des appareils que l'on soude; il faut aussi éviter l'encerclement de la porcelaine par les plaques de doublage.

4° Perforation des plaques d'or. — Des fragments de métauxbases, tels que le plomb et le zinc fondus au-dessus d'une plaque d'or, provoquent une perforation à leur niveau. Il convient donc d'obtenir et de conserver au niveau des pièces à souder une méticuleuse propreté.

5° Dessoudage des premières soudures. — Lors d'un soudage, on peut faire fondre des parties de la pièce de prothèse déjà unies ; il a fallu pour cela soit que les soudures anciennes soient d'un karat supérieur, soit que la llamme ait donné à leur niveau un excès de température.

Ces deux fautes seront facilement évitées. S'il est impossible d'éviter que la flamme n'atteigne des soudures voisines que l'on désire respecter, on les recouvrira au préalable d'une pâle fine composée de blanc d'Espagne et d'eau.

POL NESPOULOUS.

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