B. — ISOLEMENT DES MICROBES ANAEROBIES
Le seul procédé recommandable pour les recherches qui nous occupent est celui de Veillon (1).
1" Une gélose bien transparente, additionnée de 1,5 p. 100 de glucose, est répartie en couches de 10 à 15 centimètres de hauteur dans de grands tubes à essais (22 centimètres de long sur 15 millimètres de diamètre). Stériliser comme de coutume.
2° Au moment du besoin, porter à 100", dans le bain-marie, luiil à
(1) Veili.on et Zi'BEH, Arvh. de mèd. expérim., ISOS.
A. BESSOX. — BACTERIOLOGIE DE LA BOUCHE.
dix (le ces tubes, les y laisser pendant environ vingt minutes pour liquéfier la gélose et en chasser lair; les placer ensuite dans un bainmarie à 40° pour maintenir la gélose liquide pendant les ensemencements.
.'î° Dans le premier tube faire tomber une goutte du liquide à ensemencer ; agiter en faisant tourner le tube entre les mains,
4° Prélever quelques gouttes du tube I pour ensemencer le tube II, qui lui-môme servira à ensemencer le tube III, etc.
5° Aussitôt après Tensemencement, les tubes sont refroidis rapidement en position verticale. On les porte ensuite à Tétuve et il est aisé d'observer directement le développement des colonies et d'opérer les prélèvements (fîg. 39).
La partie supérieure de la gélose dissout de lair, les microbes aérobies s'y développent, tandis que les anaérobies poussent dans les couches profondes.
Les tubes, soigneusement examinés, ne tardent pas à montrer des colonies plus ou moins nombreuses suivant le degré de dilution de la semence; on examine ces colonies à l'œil nu et à la loupe et, en s'adressant aux tubes où la dilution est la plus faible, onopèreles prélèvements pour l'ensemencement des cul turespures (cultures anaérobies en pipettes de Roux, de préférence). Pour pratiquer ces prélèvements, on prend une pipette Pasteur ^à extrémité très effilée ; puis, le tube étant maintenu horizontal, on enlève son bouchon d'ouate, on introduit l'effdure ouverte de la pipette et on l'enfonce dans la gélose jusqu'au niveau de la colonie choisie : en appuyant sur cette colonie, une partie de celle-ci pénètre dans la pipette. La pipetleretirée, on repique aisément, dans un milieu neuf, la colonie prélevée. Il est recommandable, ainsi que le conseille Guillemot (1), dégarnir la grosse extrémité de la pipette d'un petit tube de caoutchouc qui permet de pratiquer une légère aspiration et de faire pénétrer plus aisément dans la pipette la colonie choisie, puis de chasser celle-ci dans le tube neuf où on désire la réensemencer.
Au cours de ces opérations il faut avoir grand soin de ne pas toucher plusieurs colonies, ce qui est difficile quand les colonies sont serrées : on s'adressera toujours aux tubes où les colonies sont lesplus
Fig. .H9. — Colonies anaérobies en tube de Veillon.
(1) Guillemot, Thèse de Paris, 1899.