BACILLE FUSIFORME DE VLXCENT
Le bacille décrit par Vincent dans la pourriture d'hôpital (1), puis dans certaines angines (2), appartient à la lloi'c buccale nornuile ; sous l'influence de causes mal déterminées, il peut acquérir, principalement en symbiose avec des Spirochèles, des propriétés pathogènes et déterminer des angines et des stomatites (Voy. plus loin).
La présence du Bacille de Vincent dans la bouche saine et dans le tartredentaire a été démontrée par Miihlens (3), V. Ellermann (4), Tunnicliff (5), Weawer (6). 11 faut rapporter également au Bacille de Vincent le microbe décrit dans les cryptes amygdaliennes par Zeilz, sous le nom de Bacillus luislilis (1).
Caractères microscopiques. — Bacilles fusifornu's, renflés à leur partie moyenne, effilés à leurs extrémités, de longueur variable (<> à t'2 a), parfois tilamenteux, rectilignes ou légèrement recourbés, pouvant s'associer pur deux boni à bout de manière à donner l'aspect
0) \'i>cii>T, .\nn. lie l'inslitiil l'nsleiir. l!S06, p. 488.
(2) \iNCENT, Soc. méd. des hôp., 11 mars 1S08, 13 janvicf 1891).
(.5) Mlhlens, Zeilsch. f. Ihjij., 1006, L^', p. 81-llJ.
(4) V. Eu.ERMANx, Zeilsch. /. //.i///., 1007, LVI, p. 215.
(d) TuNMCLiii, Journ. of inf. diseases, 2 mars 1906.
(6) \^'EA^^■r■ll cl. TiT>M«;i.iFi', Jnurn. of inf. diseases, 1905, p. 416.
(7) Zkitz. Zeilsch. f. Uiiu., X.W.
d'un S allongé. Dans la plupart des descriptions, le Bacille de Vincent est donné comme immobile (Vincent, Weawer et Tunniclifi", Muhlens, V. Ellermann) ; Letulle lui décrit des mouvements dans la î^alive. D'après Vesprémy (1), il possède de nombreux cils ; Plaut (1) signale également la présence de cils très fins et très nombreux, formant autour du bacille une auréole semblable à une couche d'ouate.
Les variations observées dans la morphologie du Bacille de Vincent ont conduit Ellermann à admettre rexistence de plusieurs espèces (trois types,- ; celte multiplicité n'est rien moins que prouvée. De même aucun fait n'autorise à admettre, comme l'a voulu faire Silberschmidt (3), que le Bacille fusiforme n"est qu'une forme de croissance de certains Spirochètes.
Le Bacille lusiforme se colore aisément par les couleurs basiques
d'aniline. Il ne prend pas le Gram (distinction avec le Bacille de la diphtérie). Les bacilles colorés présentent souvent des vacuoles.
Cultures. — Vincent (4'j n'a pu obtenir des cultures pures de son bacille ; les ensemencements de parcelles d'exsudats amygdaliens en bouillon de Martin (5) donnent des cultures impures dans lesquelles le Bacille lusiforme a la forme de filaments allongés et immobiles.
Depuis, plusieurs auteurs, en utilisant la méthode de Veillon, ont préparé des cultures pures, anaérobies, du Bacille fusiforme.
Ce bacille est anaérobie strict ; il ne se développe qu'à 37° et dans des milieux additionnés de sérosités. Eichmeyer (0) insiste sur la nécessité d'éviter dans les ensemencements les différences de température et de chauffer préalablement le milieu à 37".
Lewkowicz (7) pratique les isolements dans des tubes de Veillon contenant de la gélose glucosée, additionnée d'un tiers de sérosité péritonéale : on obtient ainsi de petites colonies grisâtres, transparentes, dont le diamètre ne dépasse pas un millimètre. Les cultures restent vivantes pendant un mois environ ; les réensemencements
(1) Vesprémy, Centralbl. f. Bakl., Orij?. 1907, XLIV et XLV.
(2) Plait, Centralbl. f. Bakt.. Orig. 1907, XLIV.
(3) Sii.iiEHscHMinT, Centralbl. f. Bakt., XXX, p. 159. (4, Vincent. C. li. de la Soc. de biol.. 23 mars 1001.
(5) Bessûn, loc. cil., p. 34.
(6) KiCHMEYEH, 7<i/ir/j. f. Kinderheilkunde, LXII, 1905, p. 63. (7J Lewkowicz, Przeglad lekarski, 1903, p. 197,
Fig. 49. — Bacille de l'anj^ine de Vincent (association avec des Spirochètes).
SPIRILLES ET SPIROCHETES. 87
réussissent en gélose-sérum sucrée et en bouillon-sérum sucré.
Pour isoler le Bacille fusiforme de la bouche des sujets sains, V. Ellermann (1) conseille le procédé suivant :
1° Mélanger à du bouillon-Cibils (2) un peu de tartre dentaire ; abandonner pendant deux jours à Tétuve à 37° ; il se forme un dépôt constitué par des coccus et des bacilles fusil'ormes.
2" En même temps, préparer sur gélose inclinée ordinaire une culture abondante de tartre dentaire ; ensemencer du bouillon avec la culture obtenue (Streptocoques et Staphylocoques).
3° La culture aérobie obtenue en 2° est stérilisée, puis le bouillon est décanté et ensemencé avec la culture mixte en bouillon-Cibils : les coccus trouvent le milieu épuisé et le Bacille fusiforme seul pousse abondamment. Après quelques passages anaérobiques en gélose-sérum, on obtient une culture pure de Bacille fusiforme.
Inoculations. — L'inoculation de fausses membranes à Bacilles fusiformes sous la peau ou dans les muscles des animaux de laboratoire a donné, entre les mains de Vincent, des abcès, des foyers de nécrose où le fusiforme pullule à côté de nombreuses espèces microbiennes.
On obtient des résultats analogues avec les cultures impures préparées en bouillon de Martin ou en bouillon-sérum (Vincent, Vesprémy). Les inoculations de cultures pures restent au contraire ordinairement négatives (Miihlens, Tunniclifî).
SPIRILLES ET SPWOCIIÈTES
La cavité buccale est l'asile de diverses espèces de Spirilles et de Spirochètes, espèces dont beaucoup sont encore mal définies.
L — Les Bacilles courbes, décrits par Miller (3) présentent la plus grande analogie morphologi(iueavec le Vibrion de Finkler-Prior; ce sont des bâtonnets légèrement recourbés en virgule, longs de 1,5 à 3 [x, mobiles, s'effilant légèrement aux extrémités, ne prenant pas le Gram.
Ils cultivent sur les milieux ordinaires en présence de Tair.
Le microorganisme rencontré par Lewis (i) dans la salive et le tartre dentaire et désigné sous le nom de Spirillum sputigenum (Lewis, Clarke, Van Ermengen, Fliigge) est identique au \'ibrion du choléra, comme dimensions, aspect et mouvements; il possède un cil vibratile ordinairement inséré au milieu du corps, au centre de la concavité (Lœwenthal, Zeltnow, E. Hofl'mann); mais il ne cultive |ias
(1) Ellermann, Zeilsch. f. Ifi/g., LVI, mai 100".
(2) Consulter Besson, loc. cil., p. 36.
(3) Miller, Deutsche med. Woch., lS9i, n"» 36 et 46.
(4) Lewis, The Lancel. 20 sept. 1884.
sur les milieux ordinaires. Mûhlens (1) en a obtenu des cultures anaérobies en gélose additionnée de sérum de cheval.
Le Vibrio rugula [vel Spirillum rugula), espèce très fréquente dans les milieux putréfiés, existe dans le tartre dentaire (Vignal) (2); c'estun microbe anaérobie, constitué par des bâtonnets volumineux, mesurant 6 à 16 ij. de longueur sur 0,5 à 2,5 [x de large, courbés en arc ou en S très allongé, parfois agglomérés en zooglées. Ces vibrions sont doués de mouvements très vifs et possèdent des houppes de cils vibratiles ; ils ne prennent pas le Gram. Ils cultivent anaérobiquement sur les milieux ordinaires en produisant une odeur fécaloïde; ils liquéfient la gélatine.
Le vibrion décrit par Klein, Stephens et Smith (3) dans le mucus
du pharynx, sous le nom de Spirillum tonsillare, présente Taspect morphologique du Spirille de Finkler ; il cultive sur les milieux aérobies et ne liquéfie pas la gélatine. II. — Dans les sécrétions buccales normales, on colore aisément de volumineux Spirochètes à ondulations allongées, et aussi, avec plus de difficultés, des Spirochètes très fins, à peine visibles, à tours de
spire serrés.
Fig. 50. — Spirochètes du mucus r\„ i^„ , *•„ i^^ i„'
? 1 A ■ »■ 1- Dans les suppurations, les uicc-
buccal. Association avec diverses ' ' '
bactéries. rations buccales, on trouve égale-
ment de nombreux Spirilles (Verneuil et Clado) (4), et Vincent a montré l'importance du rôle qui revient à des Spirochètes dans l'association fuso-spirillaire de certaines angines et stomatites (Voy. plus loin).
Technique. — La coloration des Spirochètes exige certaines précautions; les Spirochètes volumineux se colorent aisément par les solutions mordancées des couleurs basiques d'aniline ; les Spirochètes fins exigent l'emploi des méthodes spéciales que nous avons décrites à propos de la recherche du Spirochète delà syphilis (Voy. p. 72).
Procédé de MiiHLENs et Hartmann. — Le mucus buccal ou dentaire est délayé dans une gouttelette deau à laquelle on a ajouté une trace de solution au centième d'acide osraique. Après dessiccation, on colore par le Giemsa ou par l'encre de Lôffler et la fuchsine de Ziehl (Voy. p. 72).
Procédé de Hoffmann. — Étaler sur une lame les sécrétions buc-
(1) MuHLENS, Centrait, f. Bakt , I, Orig., XLVIII, p. 523.
(2) Vignal, Arch. de phys., 1885.
(3) Klein, Stephens et Smith, Centralbl. f. Bakt., XIX, 1896, p. 928.
(4) Verneuil et Clado, (.'. R. Acad. des science.s, 18 janvier 1869.
SPIRILLES ET SPIROCHÈTES. 89
cales, fixer par les vapeurs osmiques, sécher et colorer comme plus haut.
Morphologie. — D'après E. Hofïmann et Prowazek (1), Mûhlens et Hartmann (2), les Spirochètes de la bouche peuvent se ramener à trois types.
A. Spirochaete buccalis (Steinberg, 1882). — Spirochète volumineux à ondulations rares et allongées; se colore aisément ; paraît posséder une membrane ondulante; est muni d'un cil terminal (parfois un à chaque extrémité, d'après Mûhlens et Hartmann) qui paraît
Fig. 51. — Différents types de spirocliètes.
A, Spir. pallida; B, Spir. refringens\ C, Sp. d'un cancer; D, 5p. plicatilis : E, Sp. dentium: F, Sp. Vincenti.
être un prolongement du périplaste. Mouvements de contraction et de rotation autour de l'axe. Formes de division longitudinales, donnant des figures en Y.
B. Spirochaete dentium (Miller). — C'est le Spirochœte microgijrala de Lœwenthal. Spirochète très fin avec nombreux tours de spire très serrés ; sa longueur ne dépasse pas 5 à 10 a; il n'est guère visible que dans les préparations mordancées à l'encre de Lôffler. Ses mouvements de rotation et de flexion rappelleut, d'après Miihlens et Hartmann, ceux du Spirochœte pallida de la syphilis.
Mûhlens est arrivé à le cultiver dans des tubes de Veillon contenant un mélange de deux parties de gélose liquéfiée et d'une partie de sérum de cheval chauffé à 58»-00" pendant une demi-heure ; l'ensemencemeut est pratiqué à 40", puis les tubes sont refroidis rapidement. Vers le huitième jour à 37», on voit dans la profondeur de la gélose des colonies très petites, nuageuses, transparentes, blanchâtres. Les repiquages en série sont possibles. Les cultures ne possèdent pas de propriétés pathogènes. Les spirilles observés présentent parfois un cil terminal long et fin, souvent il n'existe pas de cil; ou ne voit aucune membrane ondulante; dans deux cultures il a élé rencontré des formes de division longitudinale en Y et en Y.
(1) E.HoiiMANN etPROVAzi-K, Ccnlralbl. f. Bakt., Oiip. XLL 24 juillet 1906.
(2) MunLE>s et Hartmann, Zeilsch. /'. Hyg., LV, 1906, p. 81-112.
90 A, BESSOxN. — BACTERIOLOGIE DE LA BOUCHE.
C SpirochaBle média (Prowazek). — Entre les deux espèces que nous venons de décrire il existe des formes intermédiaires paraissant constituer un troisième type (Hoffmann) et décrites par Prowazek sous le nom de Spirochsete média. C'est à ce type intermédiaire, et peut-être aussi au Spirochsete buccalis., que semble se rapporter le Spirochète décrit par Vincent dans les associations fuso-spirillaires; du Spirochœte buccalis, il a la taille volumineuse et les ondulations peu serrées; il paraît posséder une membrane ondulante et présente parfois un prolongement périplastique ciliforme à une de ses extrémités.
Le Spirochsete schaiulinni, décrit par Prowazek (1) dans des ulcères des pays chauds, paraît identique au Spirochète de Vincent.
PNEUMOCOQUE
Le Pneumocoque {Micrococcuspasteuri; Streptococcus lanceolatiis) se rencontre souvent dans la bouche des sujets sains (Pasteur, Sternberg, Frankel, Bûrger, etc.). Netter (2) Ta rencontré 4 fois sur 5 dans la salive des sujets ayant eu une pneumonie et 20 fois sur 100 dans celle des personnes qui n'ont jamais été atteintes de cetle alfection. Bezançon et Griflbn le signalent comme l'hôte habituel du mucus amygdalien. Frost, Divine et Reineking (3) ont trouvé, 36 fois sur 100, dans la salive des sujets sains, un Pneumocoque virulent pour le lapin.
Il faut identifier au Pneumocoque le Micrococcus salivariiis septiciis de Biondi (4).
Chez les sujets sains, le Pneumocoque vit en parasite inofîensif dans la cavité buccale: mais si la résistance de l'organisme vient à être affaiblie par un motif quelconque (refroidissement, etc.), la bactérie révèle ses propriétés pathogènes en causant des angines, ou en envahissant le poumon.
Caractères microscopiques. — L'aspect du Pneumocoque diiïere selon que le microbe est examiné dans un produit organique ou dans des cultures en milieux artificiels. Dans les cultures en milieux liquides albumineux (sérum, bouillon, sang) il présente les mêmes caractères que dans l'organisme.
A. Aspect dans l'organisme. — Aspect caractéristique : Coccus ordinairement ovalaires ou en grainsd'orge, réunis en diplocoques ou en courtes chaînettes, toujours entourés d'une capsule ou auréole. Le microbe se colore aisément et prend le Gram (caractère spécifique important).
(1) Prowaziîk, Arb. a. d. Kais Gesundheilsamte, XXVI, 1907, fasc. l.
(2) Netteh, Soc. de biol., 1888, et Arch. de méd. expér., 1890.
(3) Frost, Divine et Rei>ekikg. Journ. of infect, diseases, mai 1905.
(4) Biondi, Zeilsch. /'. Hyg., Il, p. 194.
PXEUMOBACILLE. ^»1
B. Aspect dans les cultures. — Dans los cuUurcs en milieux artificiels, il n'existe pas de capsules, les coccus sont tantôt arrondis, tantôt lancéolés, isolés, groupés en diplocoques ou en chaînettes courtes de 3 à 8 éléments; les chaînettes sont surtout longues et nombreuses dans les cultures en bouillon.
Caractères des cultures. — Le Pneumocoiiue, aérobie facultatif, ne cultive bien qu'à la température de 3:v^-37°. Les cultures sont toujours grêles; les milieux additionnés de sérum ou de sang de lapin sont les plus favorables.
Sur gélose, la culture est caractéristique : au bout de vingtquatre heures à 37° il se produit un fin semis de petites colonies transparentes, à i)eine visibles, jamais confluentes, ressemblant à des gouttes de rosée.
Dans le bouillon, la culture est très grêle ; si le bouillon est additionné de sang de lapin, on obtient uneculture al>ondanteavec troul)le notable et précipité muqueux très riche en microbes capsulés.
Inoculations. — La souris est très sensible au Pneumocoque. Le meilleur mode de recherche du ,,. ,^ , i .
biy;. ôi. — Pneumocoque (exsudât Pneumocoque consiste à inoculer péritonéal du lapin). (Reicherl ;
une souris à la base de la queue obj. 1/12 imm.; Oc. II|. avec un |)eu de crachats broyés
dans de leau stérile ; si Texsudat contient du Pneumococpic, ranimai succombe ra[)idement et le sang du cœur, le liquide [x'-riloni-al. ensemencés en bouillon à 37°, donnent une culture abondante du microbe.
Le lapin est un |)eu moins réceptil", et la souris lui est toujours préféralde pour la première inoculation.
Quand on veut inoculer un animal avec une culture, il faut toujours s'adresser à une culture de vingt-quatre heures en bouillon-sang, provenant d'un Pneumocoque fraîcliemeni isolé de l'organisme.
PXErMiHiACILLH
Le Pneumobacille existe fréquemment dans la cavité buccale des sujets sains (Netter) (1) ; Be/.ancon i'2] l'y a rencontré dans la moitié des cas. Ce microbe, (jui doit être confondu avec le Bacillns nuirosua
(1) Netti;h, C. li. de la Soc. de hioL, 1.SS7.
(2) Bezancon, Précis de niicrohioloj;ie cliiiiqui-, Paris, 100(5, p. .'î.'^l.
capsulaius de Fricke et avec le Bacilluslactis aerogenes d'Escherich (Denys et Martin, Grimbert et Legros, Bertarelli), est susceptible d'acquérir sur place des propriétés pathogènes; il cause des angines, des stomatites, des rhinites, etc., envahit parfois les voies respiratoires (bronchopneumonies, pleurésies), et peut même se généraliser (septicémies, péricardites, méningites, etc.). Il s'associe souvent au Bacille de la diphtérie.
Aspect microscopique. — Hàlonnels très courts, un peu larges,
parfois filamenteux dans les cultures, immobiles, non sporulés,pré sentant une capsule très nette dans les milieux organiques.
Coloration aisée par les couleurs basiques d'aniline : pas de coloration par la méthode de Gram.
Cultures. — Aérobie facultatif ; il se dévelo])pe sur tous les milieux entre I5et38°. En bouillon, trouble avec voile visqueux et anneau ; en gélatine, culture en clou sans
Fi;,'. 53. — Pncumobacille dans dosera- Hquéfaction. Il COagule le lait.
chats. Thionine phéniquéc. - looo/i. Inoculatious. — La souris et le
cobaye sont les animaux les plus réceptifs; Tinoculation sous-cutanée du bacille virulent détermine chez eux un abcès à pus crémeux, puis le microbe se généralise et la mort survient plus ou moins rapidement avec des lésions de bronchopneumonie.
BACTEIUUM COU
Dans la bouche normale, de préférence au niveau des amygdales, le Bacterium coli se rencontre 45 fois sur 100 Vignal (1), Grimbert et Choquet (2) .
Ce bacille, hôte habituel des voies digestives de l'homme, |)eut acquérir, sous des influences encore mal connues, des |>ropriétés virulentes très marquées; il cause un grand nombre de maladies humaines : broncho-pneumonies, pleurésies, péricardites, infections septicémiques présentant l'allure de la fièvre typhoïde, diarrhées, etc. On doit l'identifier à la Bactérie urinaire de Clado.
Aspect microscopique. — Bâtonnets à bouts arrondis, mesurant '2 à 3 a de long sur 0,6 à 0,7 a de large, mobiles, présentant des cils peu nombreux, et difficilement colorables.
(1\ Vignal, Arch, de physioL, ]8S6.
(2) Grimbert et Choquet, Soc. de thérap., 23 oct. J905.
MICROCOCGUS TETRAGEXES. 93
Le Bacleriwn coli se colore aisément par les couleurs basiques d'aniline et ne prend pas le Grani.
Caractères des cultures.— Le Bacterhim coli est aérobie facultatif; il se développe sur tous les milieux de culture entre 4° et 46°. Ses cultures dégagent une odeur fécaloïde. Il fait fermenter les sucres, coagule le lait et colore en rouge les milieux sucrés additionnés de teinture bleue de tournesol.
En bouillon, à 37°, il donne en quelques heures un trouble avec ondes moirées, puis il se forme un voile à la surface et un dépôt au fond du tube.
La culture sur gélatine est abondante, opacjue, sans liquéfaction.
Inoculations. — Il existe une
grande variabilité dans la virulence
des divers échantillons du Z>ac/erài/??
co/i. Le cobaye estranimal de choix; ^''p- 5^- - Bacterium cuU. Guitiuoeu ,,. , , . " 1 / I- 1 bouillon. (Reich. ; obi. 1 12 imm.,
1 inoculation sous-cutanée d un ba- q^ ili cille peu actif produit chez cet
animal un abcès qui tend à la guérison; quand le ]>arillc est virulent, l'inoculation sous-cutanée et surtout Tinoculation inlrapéritonéale déterminent une septicémie mortelle en un à trois jours. Diagnostic. — Le Bacterium coli est un très proche voisin du Bacille de la fièvre typhoïde ou Bacille d'Eberth, dont il se distingue capilalement i)ar sa propriété de faire l'ermenter les sucres. Le Bacille d'Eberth ne coagule pas le lait et ne fait pas virer au rouge la teinture de tournesol dans les milieux sucrés.
MICROCOCGUS TE THAGENEH
Le MicrococcLis telrayenes, signalé pour la première fois par Koch, décrit et dénommé |)ar (ialfky (1), vit à Tétat sapropliytirjue dans les milieux extérieurs, la salive, le mucus nasal des sujets sains.
Il est susceptible de devenir jjathogène et cause des augiiirs, diverses suppurations (pleun-sies |)urul('ules, adénites, abcès dentaires) et parfois des seplicémies.
Caractères microscopiques. — Dans les crachats, le pus et le sang, le Tétragène appai'ait sous la forme de coccus isolés, de diplocoques, ou de tétrades. Les éléments sont volumineux et leur diamètre dépasse souvent 1 [j.; ils prennent parfois un aspect ovoïde, en harieot; ils sont l"r('queinuieut ent(»ur(''s iruuc caiisuh' irrégulière.
' (1) Gaitky, Latvjcnheck's Arcliiv., l. WN'III. |s9a, p. 49j.