COCCO-BACILLE DE L'INFLUENZA
Le bacille drcrit par Pfeiiï'er (1) comme Taisent spécifique de rinfhienza, paraît vivre à l'étal sapro{)hvtiqvie dans la bouche et les voies respiratoires de l'homme sain ou atteint d'affections diverses: tuberculose, pneumonie, coqueluche, angines, etc. | Rosenthal (2), Kamen (3), Auerbach(4), Davis (5)j.
Dans l'influenza, le Bacille de Pfeiffer se trouve fréquemment associé à d'autres microbes pathogènes, particulièrement au Pneumocoque et au Streptocoque.
Caractères microscopiques. — Le Bacille de Pfeiffer, l'un des
Fif;'. 57. — Bacille de l'inlluenza dans les crachats. (Reicli., Obj. 1/12 imni. : Oc. IV.)
V'i'^. 5X. — Bacille de l'influenza : culture sur },'olose san^. (Rcich., Obj. 12 )mm.;Oc. IV,)
plus petits microl)es visibles, a ras|)ecl d un cocco-bacillc : il est immobile, tantôt isolé, tantôt réuni en très courtes chaînettes ou en |)etits amas. Dans les cultures, il est plus volumineux tpie dans les crachats (;t |)ren(l parfois la forme de minces bAlonnets à bouts arrondis.
H se colore assez malaisément; le meilleur procédé de coloration consiste à em|)loyer la fuchsine de Ziehl diluée au sixième, en laissant agir le réactif pendant une dizaine de minutes. Il ne prend pas le (iram.
Caractères des cultures. — Le Bacille de l*feifferne cultive (jue sur les milieux additionnc'sde sang, de sérum etd'hémoglobine, et de pi-(''férenc<i à 37".
Sui- la g('lose additionnée de sang frais de lapin, qui constitue le milieu le plus favoral>le, il donne de très petites colonies ne |toiivant
(1) PiF,iii-i;it, Zeilsclir. f. Ihjg., t. .\III, IK",).!, p. 357.
(2) HosKMHAi., Thèse d(> Paris, lOOO.
(3) Kamiîn, C'en^r. /. linld., Ori.L,'., t. WXV, nov. 19(i3. (l) AuKKHAcn, '/.eil.iclir. /". Il}/(j., I. XFA'II, fasc. 2, p. 259. (5) .1. Davis, Joiirn. nf infect, disenxcx, l. III, 2 mars 1906
êlre vues qu'à la loupe et ayant Taspect de gouttelettes Iransparenles.
Inoculations. — La plupart des espèces animales, sauf le singe, sont réfraclaires au Bacille de Tinfluenza (PfeifTer). Chez le singe, l'inoculation dans les voies respiratoires détermine une maladie analogueà l'influenza humaine et aboutissant dordinaire à laguérison.
Le lapin et la souris peuvent cependant être infectés par inoculation intrapéritonéale de cultures très actives (Meunier, etc.) et surtout par l'association de cultures actives avec une culture stérilisée de Streptocoque (Jacobson).
BACILLE PSEUDO-DIPH TÉRIQ UE
Dans la gorge d'un grand nombre d'individus sains, n'ayant eu aucun contact avec des diphtériques, on rencontre un bacille présentant tous les caractères du Bacille de la diphtérie, mais plus court que ce dernier et ne présentant aucune virulence pour le cobaye. Ce bacille, sous le nom de Bacille pseudo-diphtérique d'Hotîmann, est nettement distingué par certains auteurs du Bacille de la diphtérie de Lôftler. Les ditïérences morphologiques invoquées pour établir cette distinction sont tellement minimes et inconstantes (ju"elles ne peuvent suffire à détruire Ihypothèse de l'unicité des deux microbes: il est parfaitement admissible que le Bacille pseudo-diphtérique corresponde aune forme saprophytique du Bacille de Loftlcr. Nous reviendrons sur ce point en donnant la description de ces bacilles à propos de l'angine diphtérique (Voy. p. 114).
D'ailleurs, l'opinion émise par divers auteurs et soutenue par (iraham-Smith (1). que l'on ne trouve jamais, en dehors de la contagion, le Bacille diphtérique virulent dans la gorge des personnes saines, a été battue en brèche par de nombreuses observations qui semblent prouver que le Bacille de Lôffler bien caractérisé peut exister dans la cavité buccale d'individus sains n'ayant jamais été en contact avec des diphtériques.
Graliam-Smith, observant systématiquement la gorge de 362 enfants sains, a trouvé 72 fois le Bacille pseudo-cliplitérique et jamais de bacille virulent, et sur LiH ol^servations de Kober, Park et Beebe, Denny, on ne rencontre que 3 fois des bacilles virulents contre 29 fois des bacilles avirulents.
Mais Pennington (2), à Philadelphie, trouve dans la gorge de JOp. 100 des écoliers un bacille présentant les caractères du Bacille de Loffler et virulent dans la moitié des cas. Anna von Sholley (3;, dans 1000 cas, en dehors de toute contagion spécifique, trouve 18 fois des bacilles virulents. II. Cumpston (4), chez des scarlatineux, en dehors de toute diphtérie trouve fréquemment des Bacilles de Lofïler, etc.
(1) Graham-Smith, Journ. of hyg., t. III, 2 mai 1003.
(2) Pen.mxgto", Journ. of infect, diseases, t. IV , janvier 190".
(3) An>a von Sholley, Journ. of infect, diseases, t. W. juin 11*07.
(4) H. CuMi'STON, Journ. of. hyg., t. VII, juillet 1907.