L«iilu 2S juillet tSGO tur le rebolsemeDl des inonUgnes
Loi du S Joln 1 864 sur le giionnement des monUgnes ;
Décret du 10 navembre lSti4 pour l'néculion de ces deux lois ;
Loi du 14 avril 1RS3, relative ï la reitaurailon et t la conserTallon ûts temini en montagne ;
Dterei du 11 Juillet 1882 pour Teiéeution de celle toi. •2. ReboUement det Àlpei, page 8.
de Tune ou de Taulro dépend la ruine ou la prospérité du pays. La première est la force de dénudalion qui démolit les crêtes, ravine les versants, comble les vallées, porte partout la dévastation. La seconde est celle de la végétation, victorieuse autrefois, vaincue aujourd'hui par l'aveuglement de rhomme qui a tout fait pour Tamoindrir et a causé la disparition du tapis de verdure auquel il devait aisance et sécurité; toujours prête cependant à cicatriser les plaies, h réparer les désastres.
Les phénomènes de dénudalion sont de deux ordres et, suivant la cause qui les détermine, doivent être subis ou peuvent être prévenus.
Parmi les premiers se rangent les éboulemenls, qui se produisent au pied des hauts escarpements calcaires, les chutes de rochers, les glissements lents ou subits de terrains parfois étendus, qui descendent à des niveaux inférieurs, avec maisons, forêts et pâturages. Les exemples de
ce genre ne sont pas rares Ce sont là des conséquences inévitables
de la constitution géologique des Alpes ; soulevées à des époques relativement récentes, et formées le plus souvent de terrains sédimentaires non métamorphiques, alternativement délayables et résistants, elles n*ont point encore pris leur assiette et la doivent prendre ; nulle force humaine ne saurait s'y opposer.
Mais à côté des faits de ce genre, locaux et accidentels en déflnitive, il en est d'autres d'un caractère plus général, auxquels revient la plus large part des ruines dont les Alpes sont couvertes. Ceux-là peuvent être prévenus ; reboisement et regazonnement en fournissent les moyens certains.
Ces moyens sont exposés avec détail par M. rinspecteur général Demonlzey*. Les procédés mis en œuvre sous son habile direction dans les Alpes francises sont applicables à toutes les autres régions montagneuses, car celte contrée, la terre classique des torrents, présente les plus grands exemples de la dévastation et les difficultés les plus sérieuses. C'est à l'ouvrage de M. Demontzey et au rapport de M. Mathieu que sont empnintés la plupart des renseignemeiAs qui vont suivre.
433. Division des Alpes en régions. — A ne considérer que les effets du mal, en vue d'y porter remède par le reboisement, les
1. Demontzey, Éiude sur les travaux de rebaisement et de regazonnement des numtagnes, Paris, Imprimerie nationale, IS78.
TEAiri Di snv. 27
418 PEUPLEMENTS ARTIFICIELS.
flancs montagneux des Alpes doivent tout d'aLord être divisés en quatre zones distinctes:
1' Zone méditerranéenne ou chaude de . . . 0" t 600" d'altitode.
2° Zone mojtttae oa tempérée àe GOO t 1,000 —
3* Zone alpestre on /roid; de 1,000 i 1,800 —
V Zone Hpmeoa tri* froide ie 1,800 4 3,000 —
Chacune de ces quatre zones peut être caractérisée par l'aspect de la végétation sauvage dans les terres stables et incultes qui s'y rencontrent.
Dans la première, les prairies proprement dites n'existent que dans les teiTains irrigués. Les pâtures nombreuses prennent le nom de gangues, oîi les plantes en touffes isolées ne forment jamais gazon continu. Parmi les espèces propres à la région, les graminées ne sont représentées que par des herbes à feuilles rares, dures, ordinairement enroulées.
Dans ta seconde, la végétation est encore éparse sur les terrains vagues. Les plantes qui les peuplent sont de familles très diverses; celtes ligneuses dominent, telles sont : le buis, la lavande, le thym, le sumac, les genêts, les cystes, les bugranes. Le sainfoin s'y rencontre fréquemment.
Dés qu'on pénètre dans la région alpestre, les pâturages peuvent être en gazons continus. Les plantes herbacées y réussissent mieux ; différentes familles ont de nombreux représentants, mais les graminées, pour l'importance, sont reléguées au second rang. Les espèces annuelles ont disparu.
Enfin, la zone alpine est la région pastorale par excellence. Les pâturages qui recouvrent de leurs gazons touffus et élevés tous les lieux en pente douce, les plateaux, les cols et même les pentes rapides ne sont peuplés que d'espèces vivaces. Les graminées prennent plus d'importance que dans la région précédente.
Ces pâturages sont parfois fauchés et deviennent alors des prairies.
434. Les essences employées au boisement. — Les principales essences de boisement, arbres et arbustes, sont données dans le tableau ci-après, en tenant compte des facultés qu'elles présentent pour être employées sous forme de semis ou de plantation.
fiOISEMENT DES fERtlAINS NUS.