B. — MÉDICATION EXTERNE
Elle est très importante : 1° le chlorhydrate de cocaïne à la dose de 1 à 2 centigrammes peut être appliqué soit sous forme de solution, soit en poudre mélangé à du sucre.
Toutefois, je ne saurais recommander trop de prudence dans l’emploi de ce médicament, dont l'usage peut devenir dangereux en raison de son action toxique.
2° Je préconise ici plutôt l'usage du menthol qui n’est pas toxique, et qu'on peut appliquer autant qu'on voudra; on devra l'incorporer à l'huile d'olive à la dose suivante:
DAMCNDOIE RE EEE ES SN 5 Cranines.
Huet olive tn 1.025 —
Dissolvez.
Le badigéonnage avec le gaïacol à élë recommandé par différents auteurs, mais on n'oubliera pas que son application est douloureuse pendant un certain temps. Il faut l’'employer à la dose de 1 pour 20 d'huile d'olive.
Nous conseillerons encore d’autres moyens locaux qui peuvent réussir à calmer la douleur. Ces procédés peu usités en France ont été recommandés surtout par des médecins étrangers, en Angleterre et en Allemagne, c’est de la réfrigération que j'entends parler, réfrigération que l’on obtient à l’aide de l'eau froide que l’on fait passer à l’intérieur de tubes de plomb enroulés autour du cou (tube de Leiter); l’eau qui pénètre très froide s'échauffe au contact du cou, mais elle est évacuée constamment; la glace remplit le même office; pour s’en servir on a recours à de petits sacs en caoutchouc que l’on dispose autour du cou.
Enfin, comme le rhino-pharynx est irrité dans presque tous les cas de pharyngite aiguë et que les mucosités qui sont la suite de cette irritation ont une tendance à s’accumuler
dans le pharynx nasal et à s’écouler vers la partie inférieure, j'ai l'habitude, dans toutes les pharyngites aiguës, d'associer au traitement externe que je viens d'exposer les irrigations nasales répétées plusieurs fois dans la journée avec de l’eau boriquée à 2 ou 3 p. 100. Je complète ce lavage de l’arrièregorge par celui de la gorge effectué à travers la bouche au moyen de la canule du siphon nasal; cette pratique est du reste celle des hôpitaux d'enfants où l’on observe de très nombreuses affections de la gorge.
Les procédés de lavage des amygdales et du pharynx à l’aide de liquides d'action énergique tels que l'acide phénique, le sublimé, le perchlorure de fer, la teinture d'iode, sont délaissés actuellement et avec raison dans le traitement des angines aiguës.
En résumé, je conseille pour traiter toutes ces pharyngites aiguës : 1° l'emploi du sa/o/ à la dose de 2 à 4 grammes par jour, suivant l’âge des malades ; 2° en cas de phénomènes de gastricité etde céphalalgie violente, l'administration de l’ipéca stibié à la dose que j'ai dite; 3° l’usage de médicaments externes tels que le chlorhydrate de cocaïne, le menthol, le qaïacol, et enfin dans tous les cas l’érrigation nasale et le - lavage pharyngien à l’eau boriquée.
Traitement des pharyngites aiguës profondes et suppurées.
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Lorsque la pharyngite aiguë se prolonge et que la suppuration apparaît, 1l faut surveiller le moment où le pus sera collecté, et en attendant on devra continuer le traitement externe précédemment déerit.
La collection purulente peut se faire soit dans l’amygdale,
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soit autour d'elle; quand elle a lieu dans l’amygdale, le siège n’en est pas toujours aisément constatable, car l’abcès peut proéminer en avant, en arrière, en haut ou en bas; ce n’est guère qu'en avant que la localisation de la suppuration est aisément contrôlée par l'œil, l'ouverture avec le bistouri est alors des plus faciles; mais si le pus ne pointe pas en avant, il n’est pas sans inconvénient de pratiquer d'inutiles tentatives opératoires qui peuvent donner lieu à des infections des tissus, prolonger ou aggraver la maladie. Quand on n’est pas certain d'ouvrir l’abcès, il est préférable de s'abstenir et d'attendre quelque peu.
Cette incertitude opératoire n'existe plus lorsque la suppuration a dépassé la région de l’amygdale, car alors le voile du palais est soulevé rapidement sur presque toute son étendue
par la collection purulente, que la fluctuation met aisément en évidence : dans ces cas, l'indication opératoire est tout indiquée, et c'est en plein voile que devra être faite la ponction. Si le pus ne coule pas immédiatement, il est bien rare qu'on ne le fasse pas sortir rapidement à l’aide d’une recherche avec la sonde cannelée.
Lorsque l’abcès est ouvert, nous conseillons de faire une injection détersive dans la cavité avec une seringue remplie d’eau boriquée. Cetle pratique est une bonne précaution, car elle évite la formation de clapiers dont la guérison serait malaisée et qui sont parfois l’origine d’abcès dits chroniques, que l’on peut éviter, en prenant ces précautions.
B. — ABCÈS RÉTRO-PHARYNGIENS
Cette localisation rétro-pharyngienne se manifeste Le plus souvent chez les enfants en bas âge; le traitement en est essentiellement chirurgical, et voici de quelle façon nous conseillons d'opérer.
On emploie des bistouris à lame très courte, puis, avec la pointe, on pratique une ouverture assez profonde: le pus jaillit violemment et menace de pénétrer dans les voies respiratoires
où son irruption pourrait provoquer des conséquences graves; aussi faut-il retourner rapidement l’enfant, lui mettre la tête en bas, pour éviter l'introduction du pus dans la trachée; quand le pus a fini de s’écouler, comme l’abcès est profond et pourrait récidiver en raison du décollement de la muqueuse, je recommande d’enfoncer dans la plaie une sonde cannelée et de dilacérer les parois, ce qui est facile chez l'enfant en raison de la mollesse des tissus.
Chez l'adulte, cette affection n’est généralement ni aussi aiguë ni aussi rapide que chez l'enfant, car elle n’a pas toujours la même origine; c’est une tumeur consécutive assez souvent aux caries des corps vertébraux, et la marche n'enest pas aiguë.
Pourtant, à cet âge, une angine aiguë peut déterminerune inflammation profonde, et alors c’est plutôt latéralement, en arrière de l’amygdale et du pilier postérieur, que se produit l’abcès. Cet abcès se complique presque toujours d’une adénite très développée sous-angulo-maxillaire, et il se collecte ordinairement dans le voisinage des gros vaisseaux du cou; à ce moment la prudence s'impose dans le traitement, car l'ouverture des gros vaisseaux est aisée et elle a été observée. C’est donc une éventualité que l'opérateur devra toujours avoir présente devant les yeux, et il ne faudra pas qu'il oublie le danger qui peut surgir de l'ouverture d’un abcès profond à cet endroit. Cette variété d’abeès est susceptible de longue durée, et quand elle à été observée chez des sujets âgés, elle a pu être confondue avec de l’épithélioma; j'en ai vu plusieurs exemples.
Un autre péril a été signalé dans ces phlegmons profonds, c’est la dyspnée qui éclate par le fait de la propagation de l'œdème aux replis aryténo-épiglottiques.. La trachéotomie deviendrait alors obligatoire.
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