CHAPITRE IX
PAR
M. E. GELLÉ
Membre de la Société de Biolo«no.
Considérations générales sur les maladies de l'oreille moyenne.
L'oreille moyenne comprend la trompe cTEustache, la caisse tympanique et les cavités mastoïdiennes (antre et cellules).
Cette division ânatomique sépare trois cavités communicantes, que la pathologie et la pathogénie réunissent à chaque instant dans le même processus.
Aussi la thérapeutique qui semble s'adresser à Tune de ces parties de l'oreille en particulier a-t-elle une action générale; et si Ton soigne la trompe, il est sûr que la caisse en profite et réciproquement; et il en est de même pour les cellules de l'apophyse mastoïde, et vice versd.
Aussi pour éviter les redites, je tiens pour avantageux de former un faisceau des divers traitements, et de les grouper autour de ce titre : les affections de l'oreille moyenne.
L'extraction des corps étrangers de l'oreille moyenne a été traitée au chapitre des corps étrangers du conduit. Le traitement des traumatismes de l'oreille moyenne sera d'ailleurs suffisamment décrit à propos des multiples opérations chirurgicales qui se pratiquent sur l'organe de l'ouïe.
La thérapeutique des affections inflammatoires sera étudiée dans les formes aiguës et chroniques ; on admet deux grandes divisions suivant qu'elles sont ou non suppuratives.
Traitement de l'otite moyenne aiguë simple,
non suppurative.
A. — Dans les cas les plus simples (catarrhe aigu), l'oreille souffre peu, et surtout de la gêne de la circulation de l'air ; la trompe est close par le gonflement de la muqueuse nasopharyngée, et le plus fort du traitement sera dirigé contre l'affection catarrhale initiale des fosses nasales. On obtient souvent ainsi la rétrocession du processus ; et, quelle qu'en soit la cause, locale ou générale, on arrête son évolution envahissante vers la caisse ; il en sera de même quand c'est par une amygdalite inter-tubaire (adénoïdite) que le mal a débuté.
L'infection, tant légère soit-elle, joue un rôle étiologique important : on doit aseptiser le rétro-pharynx.
Ainsi on prescrira des fumigations nasales d'infusions de plantes aromatiques additionnées de quelques cuillerées de la solution phéniquée (à 1 p. 500); des humages d'infusions chaudes de thé noir, de feuilles d'eucalyptus, as petite centaurée, de décoctions de Colombo, de quassia amara faibles, soit pures, pour faciliter la crise sécrétoire ; soit additionnées de sel marin et de sulfate de soude (formule du sérum artificiel) ; §o\ld y acide borique, à y alcool borique; et, s'ily a douleur, de lait bouilli (1/4) et d'eau de Vichy (Hauter^ve) (3/4) tièdes.
La pulvérisation intra-nasale d'huile de vaseline aseptique,
avec menthol à 1 p. 20 ; les insufflations et prises des poudres calmantes suivantes :
/ % Poudre de sous-nitrate de bismuth. . . 10 grammes. A. j — fine d'acide borique ....... 4 —
( — de menthol 0* r ,50
ou, s'il y a grande gêne de la respiration :
1% Poudre de chlorhydrate de cocaïne . . 0* r ,50 — de sucre de lait 5 grammes. — de camphre 10 —
ou, en cas de céphalalgie frontale :
[ % Poudre de sulfate de morphine gr ,05