‹ Traite de therapeutique appliquee v. 13, 1904Chapitre 45 sur 69 · A. CHEZ LES ADULTES · texte numérisé non relu

A. CHEZ LES ADULTES

Il n'y a pas d'otite aiguë suppurative sans participation plus ou moins étendue des cellules mastoïdiennes à l'inflammation, et souvent aussi à la suppuration.

L'antre s'ouvre en haut de la paroi postérieure de la caisse; mais cet orifice de communication [aditus ad antrum^ est souvent étroit ou rétréci par les lésions morbides, ou même il est oblitéré par des fongosités ou par une néo-membrane (otorrhée-.

Le pus intra-mastoïdien peut se trouver totalement isolé de la cavité tympanique ; il Test déjà partout dans l'enceinte mastoïde; c'est un foyer infectieux intra-osseux qui s est cods-

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titué là. On l'aborde par la paroi accessible, au niveau de la région mastoïde et du conduit auditif.

L'antre est la grande cellule intérieure qui s'ouvre dans la caisse, et on doit aller jusqu'à elle pour détruire le foyer infectieux.

Au cours de notre étude, nous avons déjà successivement donné quelques-unes des indications de l'ouverture des cellules mastoïdiennes et de l'antre.

Je les résume d'après Schwartze.

Cette opération est indiquée :

1° Dans l'otite suppurative avec mastoïdite, qu'il y ait ou non abcès extra-mastoïdien.

2° Quand l'abcès mastoïde s'est déjà ouvert, offre une fistule permanente, s'il y a des séquestres inclus, ou des retours offensifs d'infections nouvelles.

3° Quand il y a disparition de l'écoulement purulent, avec signes sérieux de rétention, même sans signes de mastoïdite apparents; de même dans le cholestéatome.

4° Dans certaines douleurs rebelles et graves à foyer mastoïdien, chez d'anciens otorrhéiques.

8° Dans le cas d'otorrhée fétide, interminable, même sans aucun signe de rétention ou d'inflammation mastoïde.

Nous avons dit plus haut que l'abcès souç-périostique -coïncide avec l'abcès intra-mastoïde : indication sérieuse.

L'absence de signes locaux sur la région mastoïde n'est pas une contre-indication, s'il y a des signes généraux intenses et la douleur vive à la pression sur la mastoïde.

La température atteignant brusquement 40°, 41° doit faire •craindre l'extension de l'infection du foyer mastoïde aux gros vaisseaux, à la méninge, etc., et opérer.

Le délire, le méningisme, au déclin d'une scarlatine, d'une fièvre grave avec et même sans suppuration de l'oreille, doit faire supposer un abcès mastoïde, et ouvrir les cellules et l'antre, même au huitième jour de l'otite, à plus forte raison plus tard. 11 y a une anémie par otorrhée; toxémie, que l'opération guérit.

Quand la suppuration dure depuis deux, trois, quatre m mairie» sans diminuer, même s'il s'écoule facilement par la trompe et par la perforation tympanique , un frisson intense, prolongé, avec altération des traits, sueurs profuses, température à 41° et plus, même sans changement d'aspect de l'apophyse mastoïde, doivent faire reconnaître un début d'infection purulente, l'extension aux vaisseaux, etc. On ouvrira l'antre et les cellules sans tarder; ce n'est plus là de l'otite, c'est de la pyoémie; si le foyer inclus n'est pas curette, aseptisé et drainé rapidement, c'est la mort.

C'est l'opinion de tous les maîtres, Duplay, Zaufal, Politzer, Schwartze, etc., et laguérison est d'autant plus assurée que l'opération est moins tardive, c'est-à-dire qu'on n'a pas laissé l'infection microbienne s'étendre et envahir les méninges et Ioh gros sinus de la base du crâne.

Pour la technique de l'opération et le choix des méthodes d'ouverture des cavités auriculaires, je renvoie aux traités spéciaux, aux leçons de Duplay, et aux mémoires de Kûster, do Stacke, de Zaufal, de Schwartze, de von Bergmann, de Politzer, de Chatelier, de Gellé, de Luc, de Broca et Lubet- Barbon, et au livre de Lermoyez, etc.

B. — OUVERTURE DE l'aNTRE MASTOÏDE CHEZ LES ENFANTS

Ce n'est point le lieu d'exposer, avec les détails qu'elles exigent, les graves complications des suppurations otiques et mastoïdiennes; je renvoie à l'excellent travail d'Albert Robin 1 . J'appelle l'attention sur l'absence de cellules mastoïdes dans le jeune âge, et sur l'existence d'une seule grande cellule aérienne communiquant largement avec la caisse en haut et en arrière, et pouvant facilement y vider son contenu. Cette cavité, ce dirrrtiïiiium est envahi par l'otite et suppure avec la cavité tympa \\\%\ ue , l .0 grand dange r ici, e est la minceur du tegmen iympani, et les larges communications vasculaires avec les méninges* aussi la symptomatologie est-elle cérébrale, d'allure méningi-

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tique, même sans méningite; aussi est-ce surtout là la complication redoutable, car l'otite avec ostéo-périostite ne donne lieu à aucun abcès intra-mastoïdien, puisque les cellules manquent.

Cette grande cellule mastoïdienne des enfants répond immédiatement au-dessus et en arrière du cadre tympanal. C'est à ce p int qu'on devra l'ouvrir en cas de rétention du pus.

Chez les tout jeunes enfants (1 an), une simple lamelle la couvre du côté extérieur; avec l'âge, peu à peu le diverticulum devient plus profond par le développement de l'apophyse mastoïde et du conduit auditif osseux (6 ans).

On trouve dans l'oreille moyenne des nouveau-nés et des fœtus nés avant terme des suppurations avec perforations tympaniques, fusées purulentes sous-périostiques temporales ou sous-dure-mériennes, et des caries diverses de siège et d'étendue, qui expliquent les surdités dites congénitales et les suppurations otiques, paralysies faciales, etc., des premiers jours de la vie (Wreden, Netter, Gellé, Brouardel, Lannois, etc.).

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