EXTIRPATION DES TUMEURS CÉRÉBRALES
L’extirpation des tumeurs cérébrales doit se faire de préférence en deux séances.
fre INTERVENTION
On pratique la craniectomie temporaire au niveau du siège présumé de la tumeur. L’hémostase des artères sous-cutanées est nécessaire, car, chez l’adulte, les tumeurs cérébrales d’un certain volume s’accompagnent toujours d’une augmentation de la vascularisation ambiante.
Le volet osseux doit être large, sans atteindre les dimensions extrêmes qu’on lui donne dans les opérations décompressives. Si l’hémorragie provenant du diploé est assez considérable, il faut mobiliser le lambeau rapidement et le rabattre aussitôt, puis suturer la peau et appliquer un pansement compressif sans drainage : l’hémorragie s’arrête par suite de la formation d’un caillot entre la dure-mère et l’os.
Toutefois la perte de sang est rarement considérable quand l’opération est faite sur un crâne indemne de toute tentative opératoire antérieure. Nous n’avons observé une hémorragie dangereuse que chez deux malades qui avaient déjà été opérés autrefois et où la première opération, à peine exploratrice, avait déterminé entre la tumeur, la pie-mère et la peau des adhérences intimes et très vasculaires.
L’exploration immédiate du cerveau n’est possible que dans les cas où l’opéré n’a pas perdu de sang. On peut, en pareil cas, pratiquer sur la dure-mère une petite incision exploratrice et même, si la tension encéphalique est exagérée, une incision décompressive.
On rabat ensuite le volet ostéo-cutané, on suture la peau et on
applique le pansement. ^
Le malade est traité, s’il y a lieu, par les injections de sérum artificiel, et, 4 à 7 jours après l’ouverture du crâne, suivant l’état de l’opéré, on procède à la seconde intervention.
2e INTERVENTION
Le volet rabattu, et le caillot sanguin extirpé, la dure-mère est incisée et le cerveau est exploré avec le doigt. Les tumeurs meme souscorticales se reconnaîtront parfaitement au palper et 1 index meilleur instrument pour les découvrir comme pour les enucleer.
3ède de la manière suivante : que la tumeur soit superficielle
Découverte d’une tumeur du cerveau,
124. — Pansement d’un opéré de craniectomie. La tête est soulevée par la barre d opération afin de faciliter la toilette de la région et l’application du pansemenl
l’énüclée en quelques instants, en l’isolant rapidement avec le doigt di tissu cérébral mou qui l’environne.
OPÉRATIONS SUR LA TÊTE
On n’observe ainsi aucune hémorragie sérieuse dans le cas même où la tumeur, très vasculaire, pourrait en imposer pour une ce tumeur érectile », car les ‘lacs vasculaires du néoplasme ne s’anastomosent avec les vaisseaux cérébraux que par des ramuscules de petit diamètre et qu’il est facile de pincer et de lier s’ils donnent d’une manière appréciable. J’ai extirpé ainsi, sans avoir recours à un autre procédé d’hémo¬
stase qu’un tamponnement de 5 à io sous-corticaux du volume d’un œuf de poule.
L’état du patient doit être surveillé de près au moment où le doigt isole et soulève la tumeur, car il se produit sans exception, à ce moment précis, une tendance à la syncope.
Il faut tamponner avec une compresse s’il vient du sang, et rabattre immédiatement le lambeau. On ranime le malade, on retire le tampon, qu’on pourrait au besoin laisser 2 ou 3 jours dans le crâne, et on suture la plaie en repérant sur la peau le point où on fera ultérieurement un orifice , dans
minutes, plusieurs néoplasmes
le cas où il se produirait, comme c’est assez fréquent, un kyste séreux dans
Fig. 125. — Kyste cérébral consécutif à l’ablation d’un énorme tubercule
la loge de la tumeur.
sous-cortical de la région motrice.
La figure 1 25 représente un de
ces kystes séreux, qui s’est produit au bout de plusieurs mois dans la loge d’un énorme tubercule sous-cortical. Le malade est mort longtemps après l’opération, de tuberculose pulmonaire.
Il y aurait lieu, en pareil cas, de faire une 3e opération destinée a découvrir largement le foyer primitif du néoplasme atteint de trans¬
formation kystique et à l’évacuer.
Nous avons insisté particulièrement dans ce paragraphe sur l’importance de l’hémorragie, parce qu’elle constitue un ventât e danger dans l’ablation des grosses tumeurs cerebrales. C est la que la présence d’esprit du chirurgien se révèle , tout enüere. Que d’opérations laissées inachevées parce que 1 opérateur était trop timide et ne possédait pas une instrumentation appropriée. Il faut mobiliser le lambeau en e ou 3 minutes au plus Si le sang vient, le chirurgien doit se hâter davantage. Des que 1 os cede, il place
g3 TRAITÉ DE THÉRAPEUTIQUE CHIRURGICALE.
au-dessous une compresse, rabat le volet et comprime avec énergie.
Certaines tumeurs cérébrales sont tellement étendues que l’extirpation en est impraticable. Mais ces mêmes tumeurs auraient été facilement enlevées si on les avait abordées plusieurs mois, plusieurs années plus tôt. J’ai observé un cas où l’évolution d'un endothéliome de la pie-mère a duré plus de io ans. Je croyais, en raison de cette marche lente de l’affection, à une tumeur bénigne. J’ai trouvé un néoplasme qui occupait les a/3 d’un lobe cérébral et dont je n’ai pas pu tenter l’extirpation.
J’ai obtenu de la famille l’autorisation de recueillir la pièce: l’examen macroscopique a démontré qu il s agissait d une énorme tumeur de la pie-mère. Cette tumeur avait comprimé le cerveau et en avait déterminé Y atrophie, sans l’envahir autrement qu’en quelques points très limités.
Une autre catégorie de tumeurs encéphaliques nous échappe encore : ce sont les tumeurs de la base du crâne et notamment les tumeurs de la région du 3e ventricule, qui ne sont pas très rares et devant lesquelles le chirurgien est réduit jusqu’ici à pratiquer une simple opération décompressive.