‹ Traité de thérapeutique chirurgicale et de technique opératoire. Tome quatrièmeChapitre 123 sur 221 · HABITUS EXTÉRIEUR DU MALADE ET EXPLORATION DE LA RÉGION ÉPIGASTRIQUE · texte numérisé non relu

HABITUS EXTÉRIEUR DU MALADE ET EXPLORATION DE LA RÉGION ÉPIGASTRIQUE

Le coup d’oeil d’un clinicien expérimenté est supérieur, dans la plupart des cas, à toutes les autres méthodes; mais cette intuition clinique est le privilège de quelques-uns seulement.

Il faut avoir opéré des centaines de cas de cancer de l’estomac pour apprendre à juger au premier coup d’œil le teint spécial de ces malades, et particulièrement cette anémie de personnes non encore émaciées, et qui présentent les signes extérieurs de la cachexie cancéreuse, sans avoir éprouvé un trouble considérable de la nutrition.

Ces cancéreux encore gras, mais pâles et anémiques, et qui dépérissent rapidement tout en s’alimentant assez bien, sont en général très faibles et ils ne possèdent qu’une médiocre résistance vitale. La gastro-entérostomie même est grave chez eux parce que les épiploons sont surchargés de graisse et que les sutures tiennent mal dans ces tissus impropres à une bonne réunion.

L’exploration de la région épigastrique permet de reconnaître très tôt l’induration caractéristique, mais cette exploration exige une main très exercée.

Beaucoup de médecins palpent la région avec une certaine brusquerie; ils exagèrent ainsi la contraction réflexe des muscles droits, contraction préexistante dans les cas de cancer au début, et qui entrave la perception de la lésion elle-même.

On ne saurait trop s’exercer à la pratique du palper, car seule une main assez habile pour palper profondément et sans provoquer la douleur peut reconnaître une tumeur très récente.

A côté de ces cancéreux encore adipeux, on observe des cancéreux

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