PLAIES DU FOIE PAR ARMES A FEU
Les plaies du foie par armes à feu de petit calibre sont susceptibles de guérir spontanément ou bien après une intervention chirurgicale. Les plaies du foie par balle de petit calibre et à enveloppe dure guérissent d’autant mieux que le projectile, d’un diamètre inférieur à 8 millimètres, est à peu près aseptique et traverse le blessé de part en part. On a cité depuis 1886 un certain nombre de cas de plaies du foie par coup de feu tiré à bout portant, qui ont guéri a la suite d un simple repos de deux ou trois semaines.
Il en est autrement des balles de revolver en plomb, qui sont très souvent recouvertes d’une couche de graisse remplie de microbes septiques; ces projectiles restent dans la plaie en raison de leur faible vitesse, quelle que soit l’arme vulnérante.
Le blessé tombe habituellement dans un état syncopal aussitôt après le traumatisme. L’hémorragie interne est cependant médiocre, si le projectile n’a pas perforé un gros tronc vasculaire.
La laparotomie doit être faite dès que le blessé s’est relevé de l’état syncopal post-traumatique. Lorsque le projectile a traversé le corps, le rôle du chirurgien se réduit à faire la toilette du péritoine et à lier ou a suturer les plaies vasculaires et intestinales.
On pourra, s’il y a lieu, faire une contre-ouverture et placer une mèche au niveau de l’orifice de sortie du projectile. Lorsqu’il n’y a pas d’orifice de sortie et surtout lorsqu’il s’agit d’une balle de plomb septique, la laparotomie est d’autant plus urgente que ces blessures évoluent d’une manière très insidieuse : le blessé, lorsqu’il a repris connaissance, se trouve dans un état assez satisfaisant et la température demeure pendant b 5, 6 ou 7 jours aux environs de la normale; on remarque cependant, le soir, une élévation de quelques dixièmes de degré. Tout à coup la péritonite infectieuse se déclare et le malade succombe.
La mort survient en général entre le 8e et le 12e jour. Appelé à intervenir in extremis dans plusieurs de ces cas, où l’amélioration survenue dans les premières 48 heures avait été interprétée à tort dans un sens favorable, j’ai constaté dans les flancs et dans la cavité pelvienne plusieurs centaines de grammes de liquide séro-purulent très fétide.
La laparotomie immédiate peut seule sauver ces blessés .
OPÉRATIONS SUR LE FOIE ET LES VOIES RILIAIRES. x3g
OPÉRATION
L'orifice péritonéal antérieur est mis à découvert par une incision verticale, et on fait la toilette du péritoine. Si la première incision est insuffisante, on peut compléter la toilette du péritoine par une laparotomie sous-ombilicale ou par une incision iliaque droite.
La direction du trajet est reconnue à l’aide d’un stylet mousse ou d’une pince droite, que l’on introduit dans l’orifice hépatique.
Si l’on reconnaît le projectile, on l’extraira avec une pince tireballe ou bien à l’aide d’une curette utérine. Si le projectile a traversé le foie, on reconnaîtra la plaie postérieure de ce viscère avec le doigt, après s’être assuré qu’une compresse se tache de sang en un point bien déterminé. La présence du projectile dans l’épaisseur de la paroi abdominale postérieure est facile à préciser par la radiographie. Au contraire, il n’est pas toujours facile d’obtenir un cliché très net d’un petit projectile arrêté à mi-profondeur dans le foie. Si le projectile ne peut pas être découvert, on fera une incision postérieure très large, pour assurer le drainage par une compresse aseptique, et on complétera la toilette du péritoine. On fait ensuite la suture partielle des incisions, en prenant soin délaisser des compresses aux points où l’infection est menaçante.
Le blessé doit être tenu en observation, car une suppuration localisée peut se produire; cette complication nécessiterait une nouvelle intervention.