INSTRUMENTS NÉCESSAIRES POUR LES INTERVENTIONS SUR LE RACHIS
Fig. 289.
De droite à gauche et de bas en haut : 2 bistouris, 2 paires de fort ciseaux droits, 6 pinces à mors courts et à grifles, 6 pinces à anneaux et à g griffes obliques, 4 pinces à mors ovalaires, 2 longues pinces courbes, i longue pince courbe porte-fil.
Au-dessus : i rugine courbe, i rugine droite, 2 pinces coupantes, 6 pinces hémostatiques de Championnière, 6 pinces à artères, i longue pince à mors excentrés, des aiguilles assorties, des drains.
I scie à curseur de Doyen, i rugine-costotome, i maillet, 2 ciseaux droits à craniectomie, 2 aiguilles à manches, 2 pinces porte-agrafes et des agrafes métalliques, une douzaine de pinces-érignes.
ICJO
laminectomie cervicale
L’ouverture du canal rachidien dans la région cervicale peut être nécessitée par quelques affections exceptionnelles.
La figure ado montre la colonne vertébrale cervicale et les 3 pre-
Fig. 24o. — Rachis cervical. Aspect des espaces interlaminaires, qui diminuent de haut en bas et n’existent pas dans la région dorsale.
mières dorsales; on distingue très bien les espaces interlaminaires qui, sur toute la hauteur de la colonne cervicale, permettent l’introduction de la rugine de notre rachitome sous l’arc vertébral.
La figure 24i est destinée à démontrer l’introduction du bec de la rugine, le costotome a été démonté pour mettre mieux en évidence ce temps de l’opération. L’introduction de la branche horizontale de la pince coupante est facile si l’on en a étudié le maniement. La lame vertébrale est sectionnée comme le montre la figure 2 42, soit très près de l’apophyse épineuse, soit plus en dehors. La section est répétée
OPÉRATIONS SUR LE COU. igi
successivement sur les lames qui doivent être réséqnées figure 243. Il suffit alors de saisir successivement avec une pince gouge, le plus près
Fig. 24t. — Introduction de la branche horizontale du rachitome sous la lame vertébrale de la 6° vertèbre eervicale.
possible de sa base, chacune des apophyses dont une des lames vient d’être sectionnée pour fracturer l’autre lame par un mouvement de bascule (fig. 244 et 245). On sectionne les parties molles inter-épineuses
Fig. 242. — Laminectomie cervicale avec la rugine costotome. La dure-mèi'e rachidienne est protégée par la branche horizontale de l’instrument.
et l’on extrait d’un seul coup les apophyses ainsi isolées et leur lame comme le représente la figure 246. Si l’orifice ainsi obtenu n’est pas suffisant, on l’agrandit avec la pince gouge.
J’ai
atteinte
pratiqué cette opération chez une jeune femme qui était de compression de la moelle cervicale par une tumeur du
Fig. 243. — Idem. Section successive des 6% 5' et 4'' lames cervicales du côté droit.
volume d’une fève développée sur le trajet intra-rachidien de la S*" racine postérieure droite. Cette tumeur, qui avait dû croître lentement, s’était
Fig. 244- — Idem. Extirpation de l’apophyse épineuse et des segments de lame vertébrale par bascule de l’apophyse épineuse du côté opposé à la première section .
creusé une véritable loge aux dépens de la paroi latérale droite du canal rachidien qui avait été le siège d’une résorption lente.
La malade me fut conduite presque mourante : elle était atteinte depuis plusieurs semaines de diplégie, intéressant mêmeles muscles respiratoires
- Luxation vers la gauche de la 6^ apoph; pour fracturer la lame vertébrale gauche.
épineuse
Seul le diaphragme, qui se contractait faiblement, servait à entretenir la respiration. La compression siégeait très nettement au-dessus de la 3® cervicale.
ai fait l’opération suivante ;
Temps. — Incision verticale médiane de 8 centimètres, cornant au-dessous de la protubérance occipitale externe.
3'^ Temps. — Resection des deux tiers de l’arc postérieur de l’atlas du côté droit, au-dessous duquel la tumeur faisait une saillie très
Fig. 247. — Agrandissement de l’orifice du canal rachidien à l’aide de la pince gouge.
appréciable et découverte de la tumeur, qui paraissait d’un volume considérable.
4® Temps. — Tamponnement de la plaie pour arrêter l’hémorragie en nappe, assez abondante.
Fig. 248.
— Tumeur de la 3' racine rachidienne postérieure droite comprimant la moelle cervicale.
OPÉRATIONS SUR LE COU. iy5
Les figures 248 et 249 montrent les rapports de ce néoplasme exceptionnel. On voit sur la figure 248 la tumeur logée dans Texcavation qu’elle s’est creusée aux dépens du corps et des apophyses transverses de l’atlas et de l’axis. La tumeur était si étroitement encastrée dans sa loge osseuse qu d était impossible d en évaluer le volume exact.
Elle fut luxée hors de sa loge avec l’aide d’une rugine étroite.
C’est à ce moment que je m’aperçus de ses rapports avec la 3® racine postérieure, sur le trajet de laquelle s’était développé le néoplasme.
La loge osseuse présentait des parois lisses et sa profondeur témoignait que le développement de la tumeur aA’^ait dû exiger un certain nombre de mois.
11 a dû même se produire, longtemps avant l’invasion des accidents mortels, des symptômes fonctionnels très curieux et qui n’auraient pas échappé à un bon chnicien.
La loge osseuse est visible sur la figure 249. Sur la figure 249 bis, la tumeur a été remise en place après incision de la dure-mère. On se rend compte sur cette figure du degré de compression de la moelle cervicale. La paralysie du diaphragme ne s’est produite que dans les
Fig. 249. — Cavité osseuse creusée' par la tumeur dans le corps de l’axis. La concavité dure-mérienne indique le degré de compression de la moelle.
ig0 traité de thérapeutique chirurgicale.
derniers 'jours de la vie, par compression directe des 3“ racines antérieures des deux cotes.
J’avais ajourné l’extirpation de la tumeur à une seconde intervention qui devait avoir lieu au bout de 48 heures. La malade, trop affaiblie, sucomba dans l’intervalle. Elle n’avait que 22 ans. J’ai pu faire l’examen local et recueillir la pièce anatomique. La moelle était creusée d’une encoche profonde. La petite tumeur aurait pu être énuclééecar la
Fig. 249 bis. — Même cas. La dure mère a été incisée et écartée de manière à mettre en évidence la compression de la moelle cervicale.
profondeur de sa loge osseuse n’était pas considérable ; comme elle était extra-dure-mérienne, son extirpation aurait donné un succès opératoire si la malade m’avait été conduite quelques mois plus tôt.
Je ne saurais trop insister, à propos de cette intervention, sur l’insouciance de certains médecins qui ne font pas leur devoir vis-à-vis de l’humanité lorsque, incapables de faire par eux-mêmes un diagnostic précis, ils négligent de solliciter assez à temps un avis plus éclairé.
LÉSIONS TRAUMATIQUES