‹ Traité de thérapeutique chirurgicale et de technique opératoire. Tome troisièmeChapitre 85 sur 249 · PLAIES DE LA PLÈVRE ET DU POUMON · texte numérisé non relu

PLAIES DE LA PLÈVRE ET DU POUMON

Si l’orifice est large, on entend le passage brusque de l’air dans la plèvre à chaque mouvement respiratoire. Si l’orifice est étroit, on observe le plus souvent un hémothorax plus ou moins compliqué de pneumothorax. La hernie du poumon est assez rare. Supposons que le chirurgien soit dans la proximité du heu de l’accident ; le blesse, étendu sur le dos, sera ranimé par les procédés habituels et on fera l’inspection immédiate de la plaie.

Si le blessé n’est pas en danger immédiat, il sera réchauffé et tenu

ig8 TRAITÉ DE THÉRAPEUTIQUE CHIRURGICALE.

SOUS une étroite surveillance. On a vu un duelliste très connu succomber au bout de 36 heures à raccuinulation du sang dans la plèvre

Fig. 25o. — Plaie de l’artère mammaire interne au niveau du 3® espace intercostal droit. Dessin d’ensemble.

par suite de la blessure de l’artère mammaire interne près de son origine. Une intervention sans gravité aurait sauvé ce malheureux, qui était assisté par un médecin inexpérimenté.

S’il y a des signes d’hémorragie interne il faut réséquer immédia¬

tement deux ou trois cotes, lier l’artère qui donne, si c’est une artère pariétale, mammaire interne ou intercostale, et, si c’est le poumon, 1 attirer en dehors et en faire la suture ou la ligature partielle. La

Fig. 25i. — Idem, i®"" temps. Découverte de l’espace inter-cliondro-costal perforé.

Fig. 202. — Idem. 2® temps. Résection partielle du cartilage costal inférieur avec la pince gouge.

moindre temporisation peut être mortelle. On suture rapidement la peau en surjet, après avoir laissé, s’il y a lieu, un tamponnement aseptique et on aspire à plusieurs reprises l’air contenu dans la plèvre avec une seringue de aSo grammes. Pansement compressif, ét expectation. A la moindre alerte le sujet est soumis à une intervention plus complète. Le chirurgien agira suivant les indications du moment.

OPÉRATION

Temps. — Incision verticale des parties molles, de 5 centimètres environ, mettant à découvert l’espace interchondro-costal perforé.

2® Temps. — Dénudation des cartilages costaux supérieur et infé-

Fig. 253. — Idem. 3“ temps. Découverte Fig. 254- — Idem. 3° temps. Ligature de la plaie artérielle, pincement des vais- des deux bouts de l’artère et des veines seaux et section entre les deux pinces. adjacentes.

rieur et résection partielle de ces cartilages avec la pince gouge afin de mettre à découvert la fascia endothoracique.

5® Temps. — Découverte et dénudation de l’artère qui est pincée au-dessus et au-dessous de la perforation et section entre les deux pinces. Ligature des deux bouts de l’artère et des deux veines satellites.

Page 1