‹ Traité de thérapeutique des maladies articulaires (volume 2)Chapitre 12 sur 151 · INTRODUCTION . XVII · texte numérisé non relu

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fraction sont fréquemment changées. L'expérience tend de plus en plus à démontrer que c'est dans cet ordre de fonctionnement, réuni à la destruction des causes morbides, que réside la thérapeutique efficace des affections, souvent si graves et si désespérantes , qui paralysent la sensibilité des yeux.

Le temps n'est pas éloigné où, agissant sur les mouvements du thorax , j'aurai combattu les oppressions qu'entretiennent les simples roideurs des articulations costales, avec autant de succès que je l'ai fait pour les dyspnées suites de l'espèce d'ankylose que présentent les poitrines gravement déformées (1). Quelques faits me permettent aussi d'espérer que l'on n'agira pas avec moins de puissance sur les douleurs et les paralysies dont le point de départ est dans la moelle, entourée d'une colonne vertébrale saine, que dans les ramollissements, suites de gibbosités (2).

Quoi qu'il en soit de ces espérances, la médecine offre assurément un champ plus vaste encore que la chirurgie aux explorations de la thérapeutique fonctionnelle. Les affections internes ont une fréquence et une gravité bien autrement grandes que celles des organes extérieurs ; et si l'on ne peut suspendre les fonctions essentielles à la vie, les actes qui leur sont accessoires, tels que la parole ou le chant pour la respiration, peuvent être soumis à des variétés de repos et d'exercice non moins nombreuses que les sensations et la locomotion elles-mêmes.

En poursuivant ces recherches, on établira une alliance intime entre la physiologie et la médecine pratique. Ces deux sciences vivent encore dans le plus complet isolement. Les médecins invoquent, il est vrai , les notions de physiologie, pour se rendre compte des phénomènes pathologiques; lhistoire des maladies du cœur, du poumon, du

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système nerveux, offre, à chaque page, des exemples de ces rapprochements pour Y interprétation des symptômes et des effets des lésions, mais l'on cherche en vain des déductions analogues dans Tordre thérapeutique. Les maladies des centres nerveux et des organes respiratoires sont traitées par des remèdes, des saignées et des révulsifs, dont toutes les découvertes des physiologistes ne peuvent modifier l'imperturbable banalité. On fait pour les organes internes ce que Ton voit pratiquer tous les jours dans les services de chirurgie, où l'on soigne les maladies des yeux et des jointures avec des méthodes dont aucun élément ne laisse soupçonner qu'on agit dans un cas sur les organes de la vision , et dans un autre sur ceux du mouvement.

Lorsque le temps sera venu où, sans négliger les médications qui combattent les causes, ni celles qui modifient vitalement les divers états morbides, on fera une thérapeutique en rapport avec les usages des parties ; lorsque l'on saura analyser chaque élément des fonctions complexes ; exercer, supprimer, ou ralentir ces actes élémentaires; lorsque l'on tirera parti de la lumière et des couleurs dans les maladies des yeux , du son dans celles de l'oreille, de l'air et des vapeurs dans les affections des voies respiratoires; en un mot, lorsque l'on mettra sans cesse en rapport la spécialité du traitement avec la spécialité de la fonction, la science sera autant agrandie que l'art sera perfectionné; la physique apportera son concours à la thérapeutique aussi bien que la physiologie ; et les sciences médicales offriront un vaste ensemble dont toutes les parties se compléteront les unes les autres et se fourniront un mutuel appui.

Lyon, i5 mars 1 853.

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