‹ Traité de thérapeutique et de matière médciale [sic]Chapitre 152 sur 242 · GENTIANE · texte numérisé non relu

GENTIANE

La Gentiane, Grande Gentiane , Gentiane jaune, Gentiana tutea , est une plante de la famille des Genlianées. Ses racines sont seules employées en médecine.

La racine de Gentiane est douée d’une amertume extrême qu’elle doit à un principe particulier désigné par Henri et Cavenlou , sous le nom de Gentianin. Elle ne contient ni acide gallique, ni tannin ; aussi ne jouit-elle d’aucune propriété astringente.

L'usage médical de la Gentiane est fort ancien. Murray le fait remonter à un demi-siècle avant l’ère chrétienne.

On est assez d’accord sur les propriétés toniques de la Gentiane. .Elle est utile dans la paresse digestive qui succède aux fièvres intermittentes et qui accompagne les maladies nerveuses ; on la prescrit avec succès dans les convalescences difficiles, chez les gens débilités par de grandes pertes de sang, par un traitement mercuriel. L’expérience

I TONIQUES

a prouvé que, mêlée à une substance aromatique et alcoolique, la Gentiane remplissait mieux encore les indications dont nous venons de parler , comme par exemple dans la mixture stomachique de Rosenstein où elle était unie à de l’écorce d’orange dans du vin de Porto , et la fameuse teinture stomachique de Whitt, dans laquelle on mettait une once ou deux d’esprit de lavande par livre de teinture alcoolique ordinaire de Gentiane.

Boerhaave, le premier, vanta la Gentiane dans le traitement de la goutte ; et cette plante entrait dans la fameuse poudre antiarthritique du duc de Portland. Ce n’est pas que la Gentiane puisse rien contre la goutte elle-même , mais elle est singulièrement propre à ranimer les fonctions digestives ordinairement si profondément lésées pendant les convalescences des accès de goutte inflammatoire , et presque constamment chez ceux qui sont tourmentés par la goutte alonique.

Quant à ses propriétés fébrifuges, elles sont milles très-certainement, quoi qu'en aient pu dire les nombreux auteurs qui ont expérimenté sur des fièvres intermittentes vernales , ou sur des fièvres rémittentes qui ordinairement cèdent sans le secours de la médecine.

Plenck l’a conseillée dans le traitement de la scrophule. 11 donnait l’extrait à assez hautes doses. De nos jours , dans la même maladie , on prescrit encore l’extrait et plus souvent le vin de Gentiane. Elle entrait dans la composition de l’élixir amer de Peyriliie.

La Gentiane entre dans une multitude de préparations magistrales qui jadis ont joui d’une grande célébrité et qui aujourd’hui sont oubliées.

En poudre , elle se donne à la dose de 2.4 à 72 grains ; l’extrait , à la dose d’un à deux scrupules; le vin , à la dose de 4 à 6 onces; la teinture, à la dose d’un gros à deux gros. En infusion ou en décoction , la Gentiane se prenait à la dose d’un à deux gros pour une livre d’eau.

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