‹ Traité de thérapeutique et de matière médciale [sic]Chapitre 163 sur 242 · TAN · texte numérisé non relu

TAN

On appelle Tan l’écorce pulvérisée du chêne commun , Quercus rohur. Cette substance est employée au tannage des cuirs. Tamisée, elle reçoit le nom de fleurs de Tan, et c’est sous cette forme qu’on la trouve dans nos officines. C’esldu Tan qu’on extrait ordinairement le tannin, comme l’indique son nom.

L’écorce de chêne n’a de propriétés que celles qu’elle doit au tanninelà l’acidegallique. Aussi estil superflu d’entrer dans d’aulres détails thérapeutiques que ceux que nous avons donnés plus haut.

Un fait très-remarquable et sur lequel nous devons appeler l’attention est celui qui a été observé à l’école vétérinaire de Lyon : on fit prendre de grandes doses d’écorce de chêne à des chevaux et à des chèvres. Un cheval qui en avait pris 20 livres en un mois avait , à l’autopsie , le bang plus rouge, plus visqueux, plus consistant. Il est resté mort deux mois sans donner des signes de putréfaction ; or, on sait que, même pendant l’hiver, pourvu toutefois qu’il ne gèle pas , les chevaux se putréfient en moins de vingt-quatre heures (Compte-rendu des travaux de l’école vétérinaire de Lyon, 1811). De là le précepte de donner de fortes doses de Tan à l’intérieur à ceux dont la gangrène menace d’envahir un membre à la suite de graves blessures; ce précepte, bien entendu , ne s’applique pas ù la gangrène sèche. On doit aussi recouvrir de poudre de Tan les par-

TONIQUES ASTRINGENTS

lies mortifiées, pour arrêter les progrès de la putréfaction. Jusqu'à quel point maintenant conviendrait-il de donner le Tan dans les affections typhoïdes quelles qu'elles fussent; c’est à l’expérience de prononcer sur ce point.

Porta {Revue méd-j t. m, p. 495) a donné l’écorce de chêne à l’intérieur dans les hémorrhagies actives et passives. 11 le prescrit à la dose de 48 grains par jour. Topiquement la décoction de Tan a été également employée contre les hémorrhagies, dans la leucorrhée , et , en un mot, dans tous les cas où nous avons vu conseiller le tannin et la ratanhia.

Quant aux propriétés fébrifuges du Tan , elles nous paraissent fort équivoques, quoi qu’en ait pu dire Cullen dans sa Matière médicale (t. xi, p. 47). Quant au fait rapporté par Barbier d’Amiens ( Mat . méd., tome i . p. 528), savoir qu’il existe dans un faubourg d’Amiens un moulin à Tan dont les ouvriers n’ont jamais la fièvre intermittente, tandis que ceux qui sont occupés dans le voisinage à d’autres ouvrages en sont fréquemment atteints . nous ne le révoquons pas en doute, puisque Barbier l'affirme ; mais comme dans d’autres pays les ouvriers occupés à la mouture de l’écorce de chêne prennent la fièvre d’accès comme les autres , nous croyons que l’immunité dont parle Barbier tient à quelques circonstances qui probablement lui auront échappé.

GLANDS DE CIIÈNE.

Les Glands du Chêne vert , Quercus ilex , sont comestibles ; ceux du Quercus robur ne se donnent guère qu’aux bestiaux. Toutefois , les uns et les autres, qui contiennent à peu près un dixième de tannin, s’emploient en médecine après avoir été préalablement torréfiés comme le café.

Après qu’on les a torréfiés convenablement, on les moud finement, et cette poudre sert à préparer une infusion qui se fait comme le café ordinaire et qui a exactement la couleur de ce dernier. Le goût en est assez agréable , surtout quand on la mêle avec du lait.

Cette infusion caféiforme est fort utile aux enfants après le sevrage , lorsqu’ils prennent ces diarrhées apyrétiques si difficiles à arrêter. On la donne encore avec avantage aux personnes dont les digestions sont laborieuses , et qui éprouvent du dévoiement. En un mot elle doit être conseillée en guise de café aux malades irritables chez lesquels les fondions digestives sont entravées par une phlegmasie chronique.

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