NERPRUN
Le Nerprun ou Noirprun, Rliamnus catharticus, Bourg-épine, est un arbre indigène de la famille de rhamnées. Ses baies sont noires , petites , d’un vert obscur , d’une odeur désagréable , d’une saveur amère , âcre , nauséeuse. Elles sont assez activement purgatives à la dose de vingt à trente.
Le suc de ces baies , que l’on conserve dans les pharmacies , sert à préparer un sirop connu sous le nom de sirop de Noirprun , qui , à la dose de deux onces, purge assez violemment. Toutefois ce sirop est rarernement employé pur ; il sert comme adjuvant dans les potions purgatives.
Le suc et le sirop de Noirprun ne se recommandent par aucune propriété spéciale. Pris à la dose d’une demi-once à une once , le suc passe pour hydragogue , et partant était regardé comme fort utile dans les hydropisies; mais il n’a en réalité aucune vertu que ne possèdent également les autres drastiques.
SUREA.U, HYÈBLE.
Le Sureau , Sambucus nigra , est un arbre de la famille des caprifoliées. Ses fleurs sont employées en médecine dans le but de provoquer la sueur. Nous avons eu déjà occasion d’en parler. Ses feuilles et sa seconde écorce jouissent de propriétés purgatives assez énergigues.
Les feuilles de Sureau sont employées comme purgatif depuis un temps immémorial, comme en fait foi Dioscoride (lib. îv, cap. 1G7). Hippocrate les conseillait dans les hydropisies, dans la suppression des lochies. On les fait bouillir dans de l’eau ou bien encore dans du lait , à la dose d’une once ou d’une once et demie ; cette décoction est purgative. Willemet dit qu’en Lor-
raine les paysans mangent ses feuilles en salade pour se purger.
Mais la seconde écorce du Sureau a beaucoup plus d’énergie. Elle a, comme les feuilles, une odeur nauséeuse et un goût fort désagréable quand elle est fraîche. Sèche , elle est inodore et presque insipide ; mais aussi elle perd presque toutes ses propriétés.
Sydenham regardait la décoction delà seconde écorce de Sureau comme un purgatif hydragogue auquel il accordait une certaine utilité. Boerhaave partageait à cet égard l’opinion de Sydenham. Toutefois, l’usage de ce médicament était en quelque sorte resté dans le domaine des empiriques, lorsque Martin Solon, en 1831, essaya de le réhabiliter. Il employa, comme purgatif hydragogue dans les hydropisies ascites, le suc de la racine de Sureau , à la dose de demionce et même de deux onces par jour. Ce suc procure des selles liquides , faciles , et son action ne dure guère que huit ou dix heures.
La seconde écorce de Sureau s’emploie en décoction à la dose d’une demi-once à une once pour une demi-livre d’eau. Desbois (de Rochefort) la pilait dans du vin blanc , l’y laissait macérer, et la donnait à la dose de deux à trois onces.
Malgré les éloges donnés à l’écorce de Sureau par Sydenham et par Martin Solon, nous lui préférerons en général des purgatifs d’un emploi plus facile et d’une efficacité mieux constatée.
L’Hyèble , Sambucus ebulus , est une espèce de Sureau à tige herbacée , qui croît le long des fossés un peu frais , au bord des chemins , dans presque toute la France. Ses feuilles, sa tige et ses racines jouissent des mêmes propriétés purgatives que celles du Sureau.
Les feuilles de l’Hyèble sont encore employées en décoction comme toniques , pour raviver les vieux ulcères et en hâter la cicatrisation.