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OMBELLIFÈRES AROMATIQUES

Les Ombellifères, à qui nous devons déjà quelques-uns de nos antispasmodiques purs , vont encore nous fournir plusieurs plantes généralement rangées parmi les stimulants , mais qui , à beaucoups d’égards , ont une certaine analogie thérapeutique avec l’asa foetida, par exemple. On a dit que le terrain où croissent les Ombellifères

leur imprimait les différences de propriétés qui les distinguent ; que celles qu'on recueille dans les terrains secs sont stimulantes , tandis que celles qui sont produites par un sol bumide ont une action sédative, narcolico-ûcre , et constituent de vrais poisons. Sauf quelques exceptions, cette manière de voir représente asspz bien la vérité. L’huile essentielle que contiennent ces Ombellifères est probablement ce qui leur ajoute des propriétés stimulantes qui , loin de contrarier leur action antispasmodique , la fortifient et la rendent applicable à une foule de cas que nous allons soigneusement spécifier. Nous rattacherons à l’anis et à l’angélique , qui nous semblent les plus recommandables des Ombellifères dont il va être question , tout ce qui peut être utile au praticien de savoir sur les fréquentes indications qu’elles sont appelées à remplir : nous serons ainsi dispensés de faire l’histoire thérapeutique séparée des autres plantes de la même famille.

ANIS , ANGÉLIQUE

Anisum officinale ; pimpinella Amsunij plante du genre Anisum, de la famille des Ombellifères. L’Anis est une plante annuelle, originaire d’Égypte , de l’Espagne , du Levant. On le cultive en Touraine et dans le Midi de la France. La semence seule est usitée, bien que toutes les autres parties de la plante partagent ses propriétés. Les semences d'Anis sont ovoïdes, à peu près du volume d’une tête d’épingle , d’un vert plus ou moins gris ou jaune , supportées par un pédicule très-délié et plus long que la graine elle-même , celle-ci est plus arrondie à son extrémité supérieure qu’à l’extrémité opposée; elle est rayée de plusieurs lignes qui convergent à son sommet*

ANIS.- ANGÉLIQUE

L’odeur des semences d’Anis est agréable et trèsprononcée ; leur saveur est sucrée , aromatique, un pt-u chaude et stimulante. La variété que nous venons de décrire est celle de l’Anis d’Espagne : c’est la plus estimée. L’Anis de Touraine a des qualités moins marquées : il est aussi plus vert. On obtient des semences d’Anis, par l’expression, une huile fixe , et par la distillation, une huile essentielle, transparente et se concrétant à 12° R. au-dessus de zéro. Cette dernière recèle toutes les propriétés thérapeutiques de l’Anis. Trois livres de semences en fournissent environ une once.

Historique et action thérapeutique .

Ce ne sont pas l’ancienneté et l’unanimité des témoignages qui manquent ù la réputation de l’Anis et de toutes les plantes analogues. Il n’y avait pas loin d« s impressions nécessaires faites sur l’odorat et le goût parles plantes ombellifères, comme par toutes celles qui ont des propriétés aromatiques marquées, à leur application médicamenteuse, naturelle et immédiate. Avant Hippocrate, des boissons, mais surtout des épilhémes fortifiants étaient préparés avec plusieurs parties des végétaux que nous éludions. En parlant de l’Anis en particulier, Hippocrate spécifie davantage, et reconnaît ;) celle plante des vertus qui lu! sont encore de nos jours généralement a llribure-i : ce sont ses vertus emménagogues et diurétiques. Anisum , dit-il , vino macération hibenilum propinatoad uterum expurgandum.

Puis ailleurs, en parlant des maladies des femmes:

confert Anisum et quæ urina/n tnovent. Galien assigne à l’Anis une qualité de plus , et c’est précisément celle qui est la plus incontestable , celle îui laquelle portera presque tout ce que nous avons à dire d’important à propos des ombellifèies , nous voulons parler de leurs propriétés stomachiques et carrmnalives : Anisi semen acre est, subamarum , nrinam ciet , digerit, et/latus ici'» unit. Dioscorule confirme ces opinions : pour lui, VA nis est chaud et sec; il fait loiner , résout les ventosités , fait venir le lait, et provoque à la luxure , eic. , etc. Eaut-il encore l’anlorilé d’Aëlms ? Est cni/n (semen Anisi) in ter. ■io online calefacienlium et siccantium; ob id A urinant ciet, et discussorium est, et infla liones circà ventrem sedat. Or/hase, Avi- :enne, eic., etc., ont témoigné des mêmes faits.

1 est inutile d’ajouter que depuis ces preniers renseignements jusqu’à nous , les mêmes dioses ont été éprouvées et exprimées dans tous

les lieux, tous les jours et par tous les médecins.

Nous serions mal compris dans ce que nous avons ù dire sur l’emploi thérapeutique de la série d’agents dont l’examen va nous occuper, si nous ne cherchions pas ù bien discerner la nature spéciale et les caractères différentiels des états morbides qui présentent des indications pour ce genre de remèdes excitants. Ces états morbides consistent, pour la plupart, en des indispositions , des incommodités, des lésions mal défîmes de la sensibilité du tube intestinal , des accidents qu’on ne peut circonscrire , et qui troublent de mille manières l’accomplissement des fonctions digestives. L’atonie, le spasme, la douleur, la flatulence, les phénomènes dyspeptiques , les vices de l’action sécrétoire, soit primitifs, soit consécutifs aux accidents précédents , s’y combinent de diverses sortes , et en forment les éléments principaux. La nopibreu$e famille des coliques y tient la plus grande place. Entendons-nous bien sur le sens qu’on doit attacher au mot colique , et gardonsnous de l’appliquer à toutes les douleurs , quelle que soit leur cause et leur nature , qui peuvent naître dans les organes de l’abdomen , le canal alimentaire surtout. S’il est vrai que toutes les douleurs intestinales , les apepsies et les dyspepsies, soient constamment les effets d’une irritation ou d’une plilegmasie aiguë ou chronique de quelque portion de la membrane muqueuse du tube digestif, nul doute que l’usage des excitants spéciaux et des carminalifs , ne doive être banni de la thérapeutique, ou au moins restreint à un bien petit nombre de cas exceptionnels ; mais si l’observation apprend que les douleurs ventrales ne sont jamais plus intenses qu’en l’absence de toute inflammation de la membrane interne gastro-iuleslinale, et que lorsque dans ces dernières affections se manifestent des phénomènes de douleur un peu remarquables ou quelque autre altération de la sensibilité, etc., etc., il faut en accuser une complication, l’existence d’un élément pathologique qui s’est ajouté à la maladie primitive , on conviendra que c’est dans une autre classe d’agents thérapeutiques que les antiphlogistiques et les émollients , qu’il est naturel de chercher des moyens de soulagement ou de guérison. L’expénence la plus universelle et la plus ancienne l’usage journalier, la pratique domestique la plus vulgaire, ont consacré dans ces cas les remèdes chauds et aromatiques , les stimulants légers du ^sterne sanguin qui jouissent en même temps d eflels nervins et antispasmodiques. L’invesiigalion des conditions prédisposantes et des causes

MÉDICAMENTS EXCITANTS

occasionnelles , la connaissance du caractère nosologique de ces maladies abdominales confirment il cel égard les données do l’empirisme, comme nous allons le faire voir; ce qui exige quelques mots d’éclaircissement sur la dyspepsie cl les coliques.

C’est rendre it la science un bien mauvais service que de la simplifier aux dépens de l’observation et de la vérité ; on agit ainsi en prétendant que la dyspepsie n’est qu’un symptôme et que ce n’est jamais à elle qu’il faut s’attaquer. Si un malade a de la fièvre , une affection aiguë ou chronique quelconque qui compromette le jeu de toutes les fonctions , etc.,., et qu’il n’ait pas d’appélit , ou que mangeant il digère mal , lentement , difficilement, au milieu de troubles locaux ou généraux variés , ou enfin qu’il ne digère pas du (ont, ce malade aura eu pour le premier cas de l’anorexie , pour le second une indigestion et tout ce qui en peut résulter alors ; mais il y a loin de là à la dyspepsie. 11 n’est presque pas d’états morbides ayant ou non pour siège les voies digestives, qui n’affaiblissent, ne dépravent ou ne détruisent l’appétit, ne donnent lieu à des indigestions lorsque les règles de la diète sont violées. Le thérapeutiste n’a jamais à s’occuper de pareils phénomènes qui ne sont que symptomatiques et nécessaires; aussi la dyspepsie n’esl-elle pas toute lésion de l’appétit, toute impuissance ou difficulté de digérer qu’elle qu’en soit la cause, mais, ce qui est bien différent, une altération primitive des forces digestives qui trouble et enraye l’accomplissement des opérations successives que subissent les aliments avant de passer dans les secondes voies, difjfîcilis et tarda concoctio , suivant l’expression de Yogef qui le premier s’est servi du mot dyspepsie. Empressons-nous d’ajouter que la dyspepsie ainsi définie est très- souvent une des manifestations d’un état général qui la domine , ou le produit d’une maladie qui n’existe plus , mais a frappé de langueur ou de perversion les forces digestives. On se tromperait grossièrement si on assimilait le premier de ces cas aux phénomènes symptomatiques dont nous avons parlé plus haut, et qui ne doivent être l’objet d’aucune médication directe , car ici la dyspepsie n’est pas un effet nécessairement dépendant de l’affection générale dans laquelle elle prend sa source, mais un élément pathologique, et à ce litre elle fournit des indications thérapeutiques. Exemple : la diathèse goutteuse de l’économie donne souvent lieu à la dyspepsie, et l’on peut sans guérir la goutte, traiter ces dyspepsies, ramenefles facultés diges-

tives à leur mesure el à leur type normal ; il est vrai qu’on y parvient plus difficilement et surtout moins radicalement que dans les cas de dyspepsie essentielle , c’est-à-dire ayant en elle la raison suffisante de son existence, ou que dans les dyspepsies qui survivent à des maladies qui ont porté des atteintes profondes à la puissance digestive, mais encore sont-ce des phénomènes secondaires qu’il est fort important d’atténuer et de pallier.

11 y a un assez grand nombre de dyspepsies qui demandent à être traitées par le repos des organes digestifs, la privation de tous les ingesta stimulants, le régime lacté el un retour habilement ménagé au régime ordinaire etc., etc., d’autres exigent l’emploi des excitants antispasmodiques et c’est de cette espèce qu’il va être question dans ce chapitre; en traitant de certains agents qui joignent à ces propriétés des qualités amères el toniques, nous aurons à parler de quelques autres formes de dyspepsie ; enfin quand nous arriverons aux médicaments toniques proprement dits, nous en indiquerons l’usage dans le traitement de dyspepsies spéciales et reconnaissanld’autres causes et d’autres conditions de développement que les précédentes. De celle manière nous aurons passé en revue les nombreuses espèces de dyspepsies et nous aurons exposé la thérapeutique générale et spéciale assez complète de ces maladies si communes dans la pratique, et où, bien plus fructueusement que dans des affections beaucoup plus intenses et mieux caractérisées, l’homme de l’art peut mettre en œuvre ses ressources et sa sagacité.

Les dyspepsies que réussissent à faire cesser les excitants aromatiques fournis par les ombellifères sont celles qu’on a désignées sous le nom de spasmodiques et flalulenles. Les personnes qui y sont sujettes sont pour la plupart des femmes hystériques , des hommes hypochondriaques , mélancoliques, les gens de let» res, les individus tourmentés par de profonds soucis ou même de simples contrariétés , ceux qu’ont affaiblis des pertes de sang trop abondantes, l’abus des purgatifs el des sudorifiques , l’excès dans les plaisirs vénériens. Dans une autre classe de ces personnes il faut ranger les goutteux , les hémorrhoïdaires chez qui les flux sanguins par l’anus ou l’apparition des tumeurs sanguines dans ce lieu n’ont pas lieu comme ils avaient coutume, ceux qui font abus ; des boissons lièdes , du régime végétal , des légu-i mes verts el surtout secs qui ont mérité le nom de venteux, les habitants des pays chauds. Chez ces

ANIS.- ANGÉLIQUE

personnes on observe presque immédiatement après le repas des rapports inodores , le développement de flatuosités non nidoreuses, non acides ou n'ayant (pie l’odeur non altérée des aliments ingérés. Il s’y joint souvent une eardialgie avec gonflement incommode et quelquefois fort douloureux, pongilifou déchirant, puis des coliques, des intumescences de la région épigastrique avec borborygmes, palpitations, sensation de froid ou de pesanteur à l’estomac, émission fréquente d’urines limpides, etc-, etc., Les sécrétions gastrique et biliaire ne paraissent pas altérées et l’indisposition ne consiste qu’eu un spasme de la tunique charnue de l’estomac et surtout de ses deux orifices et en une exhalation surabondante de gaz inodores à la surface de ce viscère , auxquels se joignent probablement ceux qui sont le résultat du dégagement de l’air contenu dans les aliments: trois phénomènes qui se réunissent pour attester un affaiblissement avec perversion dans les forces nerveuses du ventricule. L’indication des excitants antispasmodiques est iciexpresse: aussi une légère infusion d’Anis, d’Angélique , de Menthe, etc., fait-elle assez ordinairement .justice des flatuosités , des spasmes et des gastrodynies et rend-elle la digestion possible en éloignant les conditions pathologiques qui l’enrayaient. Cette manière de prendre les oinbellifères est préférable aux liqueurs faites avec l’Angélique et à celle connue sous le nom d’anisette. On remplace mieux l'infusion en mâchant les semences de l’anis ou les liges confites de l’Angélique. Voilà pour les dyspepsies spasmodiques et flatulentes.

Les coliques qui indiquent l’emploi des oinbellifères telles que l’Aniset les succédanées se montrent à peu près chez les mêmes sujets , dans les mêmes conditions, sous l’influence des mêmes causes avec les mêmes caractères et la même nature que les dyspepsies dont nous venons de parler. Seulement , l’usage des remèdes chauds et aromatiques csl-il peut-être plus général , moins restreint , plus applicable aux différentes espèces de coliques , qu’aux diverses dyspepsies qui les supporteraient mal ou n’en éprouveraient que peu de soulagement, si elles n’étaient pas de l’espèce que nous avons déterminée.

Ou peut dire qu’il n’est presque pas de coliques qui répugnent à leur emploi : mais ils sont , jusqu’à un certain point , spécifiques dans-cellcs que tous les auteursqui ont traité des coliques comme d’une maladie séparée et ayant son existence propre , appellent flatulentes et spasmodiques. On associe l’Auis à certains purgatifs pour neu-

traliser les coliques , les flatuosités , le ténesme , que ces remèdes occasionnent à beaucoup de personnes : il y a de belles considérations à déduire de ce fait pour la thérapeutique des coliques. Dans certains pays , on mêle de l’Anis au pain : ainsi préparé , cet aliment est dit-on plus léger , ce qui veut dire qu’on le digère plus facilement, Nous ne faisons ici qu’indiquer ces objets. Ce point important et tout ce qui s’y raltachesera traité avec détails et développements au chapitre de la Médication excitante , alors qu’il sera question de la distinction entre les éléments pathologiques qui réclament les remèdes chauds et stimulants , et ceux qui les contr’indiquent. Nous examinerons là ce que c’est qu’une colique , comment elle diffère des maladies abdominales qui déterminent de la douleur sans qu’il y ait colique , et quels caractères doit avoir une douleur abdominale pour permettre l’usage des stimulants aromatiques qui jouent un si grand rôle dans la thérapeutique de ces affections. C’est aussi en infusion qu’il fauL prendre les ombellifères contre les coliques. Certains goutteux , beaucoup d’hypochondriaques ne digèrent qu’autant qu’ils prennent après leurs repas une petite quantité d’Aniselle. Plusieurs d’entre eux , ainsi que quelques asthmatiques , dissipenl les flatuosités et l’oppression qu’ils éprouvent alors , en fumant des semences d’Anis. Nous avons vu des nourrices calmer les coliques de leurs nourrissons en buvant elles-mêmes une infusion d’Anis , et nous nous sommes assures que le lait de ces femmes avait une odeur d’Anis assez prononcée. On emploie rarement les ombellifères comme emménagogues bien qu’elles puissent faciliter la menstruation dans les cas où nous avons spécifié l’utilité du castoreuin et du camphre. Leurverlu diurétique est assez prononcée dans le cerfeuil , el surtoul le persil. L’Anis ajoui d’unegrande réputation, comme augmentant la quantité du lait chez les nourrices. Peutêtre n’est-ce qu’en rendant leurs digestions meilleures et plus promptes. 11 serait pourtant , de cette manière, difficile de se rendre compte delà propriété d’accroître la sécrétion du lait attribuée aux cataplasmes et aux fomentations faits avec l’infusion de semences d’Anis et appliqués sur les seins. Comment accorder ces faits avec l’efiicacilé anti-laiteuse attribuée à la menthe , plante qui a tant d’analogie thérapeutique avec celles «pie nous étudions ?

L’action expectorante de l’Anisest faible et bien douteuse. 11 serait administré avec plus de succès comme céphalique, c’est-à-dire, comme pou-

MÉDICAMENTS EXCITANTS

vaut calmer quelque.? céphalalgies , surtout celles des personnes nerveuses, cl celles qui paraissent di pendre d’un mauvais état des voies digestives. La qualité de céphalique le fait recommander aussi dans les vertiges , les éblouissements , en un mot, tous les troubles nerveux du cerveau et des sens , car c’est aux médicaments capables de combattre ces divers phénomènes qu’on a donné le titre de céphaliques.

L’Anisel les médicaments analogues ont toujours passé pour anti-pituiteux. Ainsi on les a préconisés dans les catarrhes froids ou chroniques; comme boisson ordinaire , on les a administrés dans les fièvres catarrhales et dans les fièvres muqueuses, maisbien plus souvent dans cet état particulier des premières voies où l’anorexie, la dyspepsie, les nausées, les vomissements, etc., etc., paraissent sous la dépendance d’une sécrétion vicieuse ou exagérée de la membrane muqueuse gastrique , qui est toujours chargée d’une grandequanliléd’un mucus tenace, très-visqueux, transparent , se détachant avec peine , et donnant lieu , le matin principalement , à des crachotements , des cardialgies et des vomiluritions très-pénibles. Nous reviendrons sur cet état morbide à propos de certaines plantes de la famille des composées , la camomille en particulier , qui sont plus appropriées au traitement de ce genre d’indisposition que l’Anis et ses analogues.

L’infusion théiforme , les semences recouvertes de sucre , connues sous le nom d 'Anisde Verdun , pour la perfection avec laquelle, dans cette ville , on fabrique celte sorte de sucrerie , l’huile essentielle d’Anis sont les formes sous lesquelles ce remède est le plus souvent employé. Cette dernière préparation peut très-avantageusement faire partie de potions anlispasmodiques , calmantes, carminatives, purgatives. Le baume de soufre anisé est composé de soufre et d’huile essentielle d’Anis: on le donne dans les catarrhes pulmonaires chroniques. L'eau générale, l’esprit carminatif de Sylvius , le catholicum , etc., contiennent de celle huile. La dose des semences en infusion est de deux à trois gros pour une livre d’eau bouillante.

L’Angélique , Angelica Archangelica ( ombellifères) , est une plante bisannuelle , qui croît dans le nord de l’Europe et de l’Asie , sur nos montagnes, on la cultive dans nos jardins. L'odeur aromatique suave qu’elle répand lui a mérité son nom. On se sert des liges de l’Angélique avant le développement complet de la plante , ou bien des racines de première année qui ont pour-

tant des qualités médicinales moins prononcées que les jeunes liges : on en faii des conserves , des liqueurs de table. Les confiseurs préparent avec ces tiges un bonbon délicieux, et qui , mangé lorsqu’il est récent, peut remplacer tous les modes d’administration de l’Angélique. Les peuples du nord de l’Europe , les Lapons surtout , en font une incroyable consommation à litre d’aliment , de condiment et de remède. C’est connue puissant sudorifique et béchique qu’ils l’emploient le plus souvent. Dès qu’ils ressentent la moindre colique , ils se mettent à mâcher de l’Angélique comme on fail du tabac.

Après ce que nous avons dit de l’Anis, il y a peu de choses à a jouter sur l’Angélique, si ce n’est qu’elle a de plus que lui des propriétés toniques assez marquées qui la rendent plus recommandable dans les affections muqueuses , les fièvres catarrhalesqui laissent après elles une si profonde langueur de l’estomac, et une tendance interminable à celte sécrétion blanchâtre et pultacée qui tapisse alors la muqueuse buccale , et dont la présence est tout à la fois cause et effet de cette inertie désespérante des forces digestives , qui entraîne des convalescences interminables , et peut-être la source d’une foule de maux ultérieurs. L’infusion des jeunes liges de l’Angélique rendra alors des services évidents. Le dégoût insurmontable des malades est souvent vaincu par l’excellente saveur de cette plante, prise en infusion ou mâchée , telle que la préparent les confiseurs. Ce premier pas fait, l’Angélique développe sa vertu ; l’estomac , la muqueuse buccale , peuvent assimiler lessaburres qui émoussaient leur sensibilité : celle-ci reprenant peu à peu sa vigueur et son type , sa sécrétion recouvre ses caractères ordinaires , l’appétit renaît , et c’était là ce qu’il fallail obtenir ; car du moment où il est possible de le satisfaire , les accidents nerveux se dissipent , la fréquence du pouls , les sueurs partielles et affaiblissantes n’ont plus lieu , et les forces se rétablissent. Ce genre de propriétés bien apprécié, on sent facilement les cas dans lesquels l’Angélique pourra remplir des indications où l’Anis et d’autres ombellifères auraient été inefficaces. Le mélange que quelques nations fontde cette plante avec les aliments les plus ordinaires, prouve mieux que tout ce qu’on pourrait en dire ses vertus stomachiques et anti-coliques Ce n’est sans doute qu’à cause de son action sudorifique qu’on lui a attribué des propriétés alexitères, bien que d’après des expériences de Tringle, elle dût jouir essentiellement de ces propriétés.

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