‹ Traité de thérapeutique et de matière médciale [sic]Chapitre 96 sur 242 · MASSAGE · texte numérisé non relu

MASSAGE

à éloigner et à rapprocher mécaniquement les points d'attache des muscles et des ligaments , à frapper doucement avec le talon de la main les parties les plus charnues des membres, à exercer sur la peau des frictions manuelles et de légers pincements ù l’aide desquels on fait sortir de la cavité des cryptes sébacés l’espèce de suif qu’ils contiennent.

Le Massage s’exerce toujours à une température très-élevée, 25 à 35° Réaumur, soit dans une étuve sèche , soit dans une étuve humide , soit dans le bain. Le médecin peut varier à son gré la température de l’étuve , et modifier de mille manières le milieu dans lequel le malade se trouve pendant ou avant le Massage. Le luxe et la sensualitéont inventé mille moyens accessoires, dont on peut aisément se faire une idée dans le magnifique établissement des Néothermes de Paris.

Le Massage, en tant que moyen hygiénique, est employé chez presque tous les peuples de l’orient et dans le nord de l’Europe. Les personnes qui s’y soumettent prétendent éprouver par celte manœuvre une indicible sensation de bien-être et d’excitation; il leur semble que l’élasticité musculaire de la jeunesse se réveille sous la main qui les presse, que les forces se rétablissent, que le jeu de toutes les fonctions s’exerce plus librement. La fatigue surtout qui résulte de l’abus de la marche, de la veille ou des plaisirs de l’amour, disparaît pendant l’acte même du Massage.

Il est difficile de croire qu’un pareil moyen n’ait pas une influence puissante sur l’homme malade. — Aussi est-il d’expérience que dans les rhumatismes aigus non fébriles , dans les rhumatismes chroniques, dans les paralysies qui sont en voie de guérison, dans l’impuissance vénérienne, celte médication est suivie d’un heureux résultat.

On assure encore que certaines phlegmasies internes, celles surtout de l’estomac et des intestins , et des bronches qui se lient le plus souvent 5 un élald’alonie de la peau , sont avantageusement modifiées par le Massage.

M. le docteur Sarlandière en essayant de se rendre un compte physiologique de l’action modificatrice du Massage ordinaire , et ayant égard d’autre part au sentiment de bien-être que l’on éprouve, et à la manière dont on remédie à la fatigue quand-on déplace un membre qui est longtemps resté dans une même position , ou, ce qui revient peut-être au même , qui a été longtemps exercé de la même manière , pense que c’était en quelque sorte par un déplacement moléculaire des parties constituantes du muscle qu’on pourrait

remédier le plus efficacement aux lésions motrices de cet organe. 11 crut avoir constaté que, si la douleur dont un membre est affecté enchaîne le mouvement que l’on exerce sous l’influence de la volonté , dans la direction naturelle des fibres charnues ; un mouvement imprimé en sens contraire, et par conséquent au moyen d’une force étrangère, rétablissait la sensibilité dans son état d’intégrité , et redonnait l’aptitude aux mouvements naturels et volontaires.

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