‹ Traite de therapeutique et de matiere medicale/ (volume 2)Chapitre 104 sur 335 · COLOMBO · texte numérisé non relu

COLOMBO

Colombo, Columbo, racine du Menixpernnim palmatwn (Lam.). Cocculus palmatus (D. C.) de la famille de Ménispermées.

Caractères génériques. Fleurs dioïques, calice de 6 à 12 sépales, 6 à 8 pétales; 6 à 24 étamines sur les fleurs mâles, 2 à 4 ovaires pédicellés pour les fleurs femelles. Fruits drupacés, réniformes, renfermant une seule graine.

Caractères spécifiques. Arbuste dioïque, sarmenteux, rampant; racine épaisse, ramifiée, tige grêle, volubile, simple, couverte de longs poils roux. Feuilles alternes, pétiolées, orbiculaires, à 5 nervures; fleurs mâles sessiles; calice à (3 sépales, corolle â G pétales épais et cunéiformes. Six étamines plus longues que les pétales.

La racine est seule usitée.

Elle est apportée en rouelles ou en morceaux de 8 â 10 centimètres de largeur, sur 3 à li ceniimètres de diamètre. Eoorce d'un brun verdâtre, épaisse »t rugueuse. L'intérieur est formé de couches concentriques. Odeur désagréable, saveur amèro.

L'analyse faite par M. Planche a donné beaucoup d'amidon, une matière animalisée, une matière jaune amère, un peu d'huile volatile, quelques sels. M. Wittstock en a retiré encore une substance cristallisée qu'il a appelée ( olombine, laquelle est incolore, inodore, très-amère et cristallisée en prismes rhombo'idaux.

Lorsque, en 1820, la racine de Colombo disparut du commerce français, on lui

substitua la racine du Fraseria Walteri (Mich.) de la famille des Gentianées, et qui depuis lors prend le nom de faux Colombo.

Poudre de Colombo.

Préparation. Cette racine est très-friable et se pulvérise entièrement.

Hijdrolé de Colombo.

L'eau agit sur la racine de Colombo de différentes manières, suivant sa température. L'infusion et la macération no dissolvent que le principe amer La décoction, outre le principe amer, entraîne encore la substance amylacée, qui est dans une proportion considérable.

Teinture alcoolique.

Pr. : Racine de Colombo. 1 part.

Alcool à 60 degrés. 5 —

Préparez par la méthode de déplacement comme pour les teintures de quinquina.

Extrait de Colombo.

Pr. : Racine de Colombo pulvérisé, q. v. Alcool à, 60 degrés q. s.

Traitez par déplacement, distillez les liqueurs et évaporez au bain- marie.

Employée, dit-on, depuis longtemps par les Indiens dans le traitement des maladies de l'estomac et des intestins, la racine de Colombo n'a été connue en Europe que vers 1770. C'est aux travaux de Percival {Médical nnd expérimenta/ essoys) et de Cartheuser [Dissertatio de rodice co'ombâ, 1773) que l'on doit la popularisation de ce médicament. On peut voir dans Murray (Apparat, med., t. "VI, p. 154 et suiv.) quels sont les auteurs qui se sont particulièrement occupés de l'application thérapeutique du Colombo.

Au moment où cette substance fut introduite dans la matière médicale, elle prit une importance peut-être exagérée; mais depuis cette époque, elle est tombée, du moins en France, dans une défaveur telle que, dans

.•)3Î MÉDICAMENTS TONIQUES NÊVROSTHÉNIQUES.

Paris, certains pharmaciens n'en vendent pas une seule fois dans le cours d'une année.

Nous avons assez souvent administré ce médicament. Nous dirons dans quelles circonstances il nous a réussi. Dans les troubles fonctionnels de l'estomac, accompagnés d'une légère phlegmasie de la membrane muqueuse, d'amertume de la bouche, d'un sentiment de chaleur et de douleur à la région épigastrique, de nausées et d'un peu de diarrhée, et en même temps de quelques phénomènes fébriles, nous donnons avec avantage, trois ou quatre fois par jour, une tasse d'infusion de 60 centigrammes de racine de Colombo pour 200 grammes d'eau, après avoir préalablement administré un vomitif. Cette infusion est continuée pendant quelques jours, jusqu'à ce que les fonctions de l'estomac soient bien rétablies.

La même médication réussit encore très-bien dans les diarrhées aiguës apyréliques, qui s'accompagnent d'anorexie, d'amertume de la bouche.

Quand il y a dyspepsie, vomissements habituels, diarrhée chronique alternant avec de la constipation, gastralgie, enfln tous les signes qui indiquent un état habituel de trouble du côté des organes digestifs, l'usage longtemps continué de l'infusion ou de la poudre de Colombo, ou de vin dans lequel on a fait macérer cette substance, remettent les fonctions digestives dans leur élat normal. '

Pringle, Cartheuser, Bertrand de la Grésie, employaient le Colombo, même dans la période aiguë delà dysenterie; mais Percival fait observer que ce remède convient mieux sur le déclin de la maladie.

On l'a également conseillé dans le traitement des scrofules.

MODE d'administration ET DOSES.

La racine de Colombo se donne en poudre à la dose de 30 à 1,25 centigrammes trois ou quatre fois par jour.

En infusion ou en décoction, à la dose de 2 à 4 grammes pour 250 grammes d'eau.

La teinture, à la dose de 2 à 4 grammes ; l'extrait à la dose de oO centigrammes à 1 gramme.

QUASSIA AMARA. QUASSIA SIMAROUBA.

Le Oiiassia amara et le Quassia siiiialouba sont deux arbres exotiques de la famille des Rutacées, tribu des Simaroul)i''es.

Caractères génériques. Pleurs hermajibrodites; calice court, persistant, étair,

à cinq divisions profondes; corolle de cinq pétales dressés, beaucoup plus longs que le calice. Dix étamines munies à leur base d'une écaille velue ; arbrisseaux à feuilles imparijiinnées, à folioles opposées.

QUASîIA AMARA. QUASSIA SIMAROUBA.

Quassia amara, Quassie amére.

Partie usitée. La racine. — Nom pharmiccutique, Radix QuassiaB amaiae. Bois \\e Surinam.

Cararlères spécifiques, .\rbrisseau de 2 .•i 3 mètres d'élcvalion, à écorce cendrée, Irès-amèro. Feuilles glabres, quino-pinnées. Fleurs en épi terminal multiflore, dressées, liermapliroditcs, inodores, rouîmes. Corolle de cinq pétales incombants dressés. Ovaires globuleux à cinq côtesj à cinq loges.

La racine que l'on importe dans nos pays est cylindrique, d'une grosseur variable, grisâtre et tachetée extérieurement, blanchâtre en dedans, inodore. Saveur extrêmement amère.

Le principe amer, que Thompson a appelé Quassine, est trôs-soluble dans l'eau et dans l'alcool. Wiggors l'a obtenu Ti l'état de pureté sous forme de prismes blancs; il le nomme Quassit.

On substitue dei)uis quelque temps dans le commerce au bois de Quassia amara, le bois de Bytter asli produit par le Hi/tiei a felirifiiga, arbre qui croît abondamment â l'ile Saint-iN'Iartin et dans les îles avoisinantes. Cet arbre appartient à la famille des Rutacées, tribu des Simaroubées ; on a extrait du bois de Byltera une matière neutre parfaitement cristallisée, que l'on a appelée Ih/llerine, et à laquelle on attribue des propriétés fébrifuges.

J'répartiiions pharmaceuliqiies.Onn'emploie guère la racine de Quassia amara que sous forme de tisane, de vin ou d'extrait.

Tisane de Quassia.

TBois de Quassia râpé ou

coupé menu 8 grammes.

Eau 1,000 —

Faites macérer pendant deux heures et passez.

Extrait de Quassia.

Quassia amara q. s.

Eau q. V.

Pulvérisez la racine, tassez dans un appareil à déplacement et lessivez avec l'eau. Evaporez les liqueurs à consistance d'extrait.

Vin de Quassia.

Pp. : Quassia amara. . 30 grammes. Alcool à 00 degrés 30 —

Vin blanc 1,000 —

Quassia simarouha, simaroubade Guyane, simarouba Guyannensis.

Partie usitée. Ecorce de la racine. — Nvm pharmaceutique, Cortex simourabce.

Caractères spr>cifiques.Tvès-gTa.nd arbre dioïque, atteignant 20 à 2o mètres d'élévation. Feuilles alternes, pinnécs, glabres. Fleurs dioïques blanchâtres, petites, disposées en une très-grande panicnle ramifiée. Fleurs mâles : calice courtement campanulé, pubescent; corolle de 'j pétales dressées. Dix étamines, fdets (h'essés , fdiformes. Anthères intorses.

Fleurs femelles : 10 étamines avortées très-courtes. Pistil plus long que la corolle. Ovaire arrondi à .l coques ovoïdes. Style et stigmate épais.

L'analyse a démontré dans cette écorce une matière résineuse , un peu d'huile volatile, de la Quassine, de l'ulmine, quelques sels.

On n'emploie que l'infusion, qui se prépare comme celle du Quassia amara.

Le Quassia est d'une extrême amertume. Il ne contient ni tannin, ni acide gallique, ce qui le range parmi les amers purs. A très-haute dose, il cause des vertiges et des vomissements, ce qui tient à un principe resté jusqu'ici inconnu, mais qui existe évidemment^ comme le démontrent les expériences de Buchner [Journ. analyt., t. I, p. 535).

Il a été conseillé dans la dyspepsie, lorsque cette maladie survient à la suite de convalescences pénibles, et que rien ne peut faire supposer l'existence d'une inflammation de la membrane muqueuse de l'estomac. .11 convient aussi dans les diarrhées chroniques parfaitement apyrétiques, et dans lesquelles la supersécrétion intestinale n'est pas entretenue par la présence d'ulcérations intestinales.

Vertige stomacal. Nous avons VU (t. I, vuy. Soude) quelle influence heureuse avait l'infusion de QU'issia amara donnée matin et soir, pen-

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dant plusieurs jours, après l'administralion préalable du bicarbonate de soude et de la magnésie, chez les personnes qui étaient atteintes de ces vertiges singuliers, sur lesquels M. Bretonneau a plus particulièrement fixé l'attention des praticiens.

Il a été vanté également dans le traitement des scrofules. M. Schultze, de Spandau, l'a employé avec succès, en décoction, dans le traitement des ascarides vermiculaires. Il donne, pour un lavement, la décoction de 15 à 30 grammes de Quassia amara.

La dose ordinaire de Quassia amara en infusion est de 2 à 4 grammes pour 200 à 250 grammes d'eau bouillante. La teinture vineuse se donne à la dose de 100 à 125 grammes par jour; l'extrait à celle de 1 à 2 grammes en vingt-quatre heures.

Quussia simarouba. On n'emploie en médecine que l'écorce de ses racines.

Cette écorce, dont l'amertume rappelle si bien celle du Quassia amara, contient pourtant une très- forte proportion d'acide galliquc et de tannin.

Elle a joui d'une célébrité beaucoup plus grande que le Qaussia amara. Employée, dit-on, de temps immémorial en Amérique dans le traitement de la dysenterie, elle fut importée en Europe au commencement du dix-huitième siècle, et singulièrement préconisée dans les flux de sang dysentériques. Barrère, Jussieu, Degner, Pringle, Tissot, Zimmermann, lui ont reconnu des propriétés antidysentériques et antiscrofuleuses évidentes [Ane. journ. de inéd., t. LVII, p. 513).

Négligé de nos jours dans le traitement delà dysenterie, le Simarouba n'est plus guère employé que dans les mêmes circonstances que le Quassia amara.

Toutefois, il est bon de remarquer que la poudre de Simarouba jouit de propriétés émétiques évidentes, comme l'ont démontré les expériences de Desbois de Rochefort et de Bichat, qui la rangent parmi les émétiques.

La poudre de Simarouba se donne comme antidysentérique à la dose de 30 centigrammes cinq ou six fois par jour. L'infusion se fait avec 8 grammes d'écorce pour 1,000 grammes d'eau.

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