MOUSSE DE CORSÉ
Jans son Histoire de la médecine, la limaille d'Étain était conseillée, même contre le ténia, à la dose de 2 à 4 grammes, plusieurs jours de suite. De nos jours on a été beaucoup plus loin ; Rudolphi en donnait jusqu'à oO grammes dans un sirop ou dans un électuaire. Le sulfure d'Étain a éVi conseillé dans le même cas, et à la dose de 8 à 16 grammes.
li' électuaire vermifuge de Spielman était composé de 32 grammes d'Étain pur et d'autant de mercure que l'on amalgamait; puis on ajoutait 32 grammes de carbonate de chaux et autant de magnésie, que l'on incorporait à la conserve d'absinthe : puis on ajoutait une suffisante quantité de sirop de menthe.
Quant à la poudre vermifuge de BrugnateUi, qui a joui d'une certaine célébrité, elle n'était autre chose que le sulfure d'Étain. On la prescrivait à la dose de 2 à 4 grammes, trois ou quatre fois par jour, aux personnes atteintes de ténia.
MOUSSE DE CORSE. SEMEN-CONTRA. RACINE DE GRENADIER. FOUGÈRE MALE, etc.
BIOUSSE DE CORSE.
Tous les végétaux fortement amers, en tête il faut placer l'armoise, la tanaisie, l'absinthe, Faurone, la santonine, sont doués de propriétés vermifuges non équivoques. La fève de Saint-Ignace, la noix vomique, l'angusture, le quinquina, le colombo, le quassia amara, la gentiane, jouissent, dit-on, des mêmes propriétés, ce qui est fort douteux. Nous ne nous arrêterons pas à ces médicaments dont nous avons déjcà traité ailleurs; nous nous occuperons d'une manière plus particulière de la Mousse de Corse, du Semen-contra, de la Fougère mâle et de l'Écorce de racine de grenadier.
Le fucus Iielmintocor ton ou Mousse de Corse est un végétal que l'on recueille principalement sur les rochers qui bordent la mer en Corse et en Sardaigne.La Mousse de Corse que l'on emploie dans les pharmacies est presque toujours mêlée de beaucoup d'autres algues marines, qui d'ailleurs jouissent de propriétés semblables aux siennes. L'emploi de la Mousse de Corse, comme anthelmintique, semblerait remonter à une haute antiquité (Mérat et Delens, Dict. de mat. méd., t. IV, p. 497). Toutefois, ce fut en 1773 seulement que, suivant Sprengel, un médecin corse, Stépbanopoli, fit connaître les propriétés anthelmintiques de ce fucus.
Cette plante n'a pas d'amertume notable. On ne comprend guère, d'après son goût et d'après ses principes immédiats, comment elle agit sur les vers. Le fait est pourtant qu'elle est un de nos meilleurs vermifuges. On la donne aux enfants en décoction dans du lait bien sucré, à la dose
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de 4 à 16 grammes. On fait aussi une gelée avec le vin rouge et la cassonade blanche, qui ne dégoûte pas les enfants et qu'on leur donne à la dose de 2 à 3 cuillerées à bouche par jour.