‹ Traite de therapeutique et de matiere medicale/ (volume 2)Chapitre 77 sur 335 · GOMME AMMONIAQUE · texte numérisé non relu

GOMME AMMONIAQUE

Gomme ammoniaque, en hâtant cette évacuation et en la rendant plus facile, abrège la durée des accès et s'oppose même à leur retour par l'action qu'elle partage avec les antispasmodiques contre les affections nerveuses.

Dans les catarrhes chroniques qui ne consistent plus, ou presque plus, qu'en une sécrétion exagérée et morbide de la muqueuse des bronches, nous pouvons, comme pour les cas dont il vient d'être question, attester, l'expérience en main, les bons effets de la Gomme ammoniaque. Mais que l'on comprenne bien notre pensée, et que, par erreur de diagnostic, après avoir administré la Gomme ammoniaque dans des mfiladies du cœur et des phthisies tuberculeuses, oii l'asthme et l'expectoration sont subordonnés à des lésions plus graves et inamovibles, on ne vienne pas nous objecter des faits placés en dehors du cercle où nous renfermons l'action utile de cet agent thérîipeutique, pour ensuite l'inculper et le discréditer. Murray semble se méfier d'une pareille méprise lorsqu'il dit : Quin ipsis plitivsicis opporhimm, si puris ejectio non succedit.

Si, dans les cas d'asthme dont nous avons parlé, l'expectoration est empêchée par la viscosité des crachats, on se trouve très-bien d'unir à la Gomme ammoniaque une quantité égale de savon médicinal. L'alcalinité de ce dernier fluidifie les produits à expectorer et favorise ainsi la cessation de l'accès. Sous tous les rapports, on peut la prescrire avec bienfait dans le catarrhe suffocant, affection épouvantablement grave, et qu'on est fort heureux de pouvoir modifier, même faiblement, par une médic'ition quelconque.

Quant à son action spéciale sur l'utérus, exagérée au point qu'Ali])ert, qui lui refuse toute propriété, même celle qui lui sert à la classer, s'est cru dans l'obligation de la ranger parmi les emménagogues, nous renvoyons à ce que nous avons dit à ce sujet pour la valériane et l'asa fœtida.

Plusieurs praticiens de mérite se louent de son emploi dans les inflammations de la poitrine, lorsque l'expectoration vient à se supprimer. « Si spvta in inflammationihits pe.ctoris moram trahunt vel supprimuntur, pectus libérât. » Combinée avec l'oxymel scillitique, ils l'ont aussi vantée dans toutes les affections atoniques des organes respiratoires.

Comme Murray, nous nous étonnons de voir Cullen attribuer à la Gomme ammoniaque des inconvénients qui ne lui ont jamais été reconnus par ceux qui ont su l'administrer à propos. Cet illustre nosologiste serait-il tombé dans l'erreur que tout à l'heure nous avons fait remarquer ?

Résumons. Avantages sinon constants, au moins incontestables dans les accès d'asthme humide, ou dans ce qu'on nomme aujourd'hui trèsimproprement le catarrhe capillaire chronique avec emphysème.

Nos données expérimentales sont insuffisantes pour nous autoriser à émettre une opinion quelconque sur l'efficacité de la Gomme ammoniaque dans la leucorrhée et les maladies organiques le plus souvent incurables, connues anciennement sous le nom obstructions viscérales.

Comme fondants et résolutifs dans les engorgements froids des membres, des glandes et articulations, on a beaucoup vanté certains cataplasmes faits avec la Gomme ammoniaque délayée et ramollie dans le vin ou le vinaigre.

C'est surtout en pilules qu'on prescrit cette substance. Nous l'iidniinistrons aussi souvent en petite masse telle qu'elle sort des officines. On la donne alors depuis la dose de 75 centigrammes jusqu'à 2 et 4 grammes par jour. Les praticiens la feront, suivant leurs besoins, entrer dans une foule de préparations magistrales qu'il est inutile d'indiquer. (Voyez, dans la Pharmacopée universelle de M. Jourdan l'étonnante quantité de formules de toute espèce où entre la Gomme ammoniaque.)

OPOPANAX, GALBANUM, SAGAPENUM.

MATIÈUE MÉDICALE.

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