MÉDICATION IRRITANT!- TR.VNSPOSITIVE
dans beaucoup d'affections chroniques du derme, sont autant d'applications de la Médication substitutive.
Mais combien plus Fréquentes encore sont ces applications dans le traitement des maladies aiguës et chroniques des membranes muqueuses !
L'usage du nitrate d'argent, du sulfate de cuivre, du sulfate du zinc, du calomel, du précipité rouge, de l'eau très-chaude, dans les ophthalmies, dans les maladies de la membrane muqueuse nasale;
L'emploi des acides chlorbydrique, nitrique, du chlorure sec de chaux, du calomel, de l'alun, du sulfate de cuivre, du nitrate d'argent dans les stomatites, dans les angines les plus graves et les plus rebelles ;
Les cautérisations delà partie supérieure du larynx dans le croup, dans la coqueluche; les inspirations de vapeurs arsenicales, cblorhydriques, mercurielles, iodées, dans les affections chroniques du larynx et des bronches;
Le calomel, les lavements de nitrate d'argent, de sels irritants, de sulfure de potassium, dans la dysenterie, dans les colites aiguës ou chr< iniques; les injections si diverses que l'on pratique dans le canal de l'urètre, dans la vessie; peut-être l'action de l'ipécacuanha, des vomitifs, de certains purgatifs dans les phlegmasies gastro-intestinales, celle des balsamiques dans les flux muqueux, sont du ressort de la Médication substitutive.
Cette médication, qui occupe un rang, suivant nous, si important en médecine, ne peut ici qu'être sommairement exposée ; ses applications seront ou ont été étudiées avec plus de détails, en même temps que l'histoire des médicaments divers qui sont les agents de cette médication.
MEDICATION IRRITANTE TRANSPOSITIVE.
Quand deux actes physiologiques ou pathologiques d'une certaine valeur s'exercent en même temps, le plus puissant atténue l'autre. C'est l'explication du célèbre aphorisme d'Hippocrate : Duobus laboribus simul oborlis, non in eodem loco, vehementior obsewat alterum. Sur ce principe a été fondée la Médication transpositive. Le problème à résoudre était celui-ci : Étant donnée une lésion grave, produire artificiellement, dans un autre lieu, une lésion plus énergique et moins dangereuse, afin d'atténuer la première.
La possibilité de la transposition est subordonnée à des circonstances qu'il est bien essentiel d'indiquer ici, circonstances relatives à la nature, au siège, à l'âge, à l'étendue de la maladie.
Relativement àlanaturede lamaladie. — Parmi les lésions locales, ilen est qui altèrent à peine la texture des organes, et dont la mobilité est telle que la moindre perturbation suffit pour les faire changer de siège. Dans ce cas sont les névralgies qui n'ont point encore amené l'inflammation
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des nerfs, le rhumatisme à son début, les congestions et certaines phlegmasies de la peau, telles que l'urticaire, la roséole, la rougeole, etc., etc.
D'autres, au contraire, sont caractérisées par une adhérence trèsgrande aux organes, adhérence telle que quelquefois nulle médication ne la peut surmonter. Telle est l'éruption varioleuse, telles sont la plupart des inflammations parenchymateuses , les dégénérescences organiques.
Quelques efforts que l'on fasse à l'aide des révulsifs pour arrêter les progrès d'une pneumonie, d'une hépatite, d'une éruption pustuleuse de la peau ou des membranes muqueuses, jamais on n'y parvient; la maladie suit son cours, à moins que d'autres moyens ne viennent en aide au médecin ; tandis que, dans les affections fugaces dont nous avons parlé plus haut, une irritation appliquée à la peau ou sur une membrane muqueuse suffit souvent pour déplacer l'irritation, que l'on fixe ainsi sur le lieu où l'on vient d'appeler la fluxion thérapeutique.
Relativement au siège de la maladie. — 11 esta remarquer que les phlegmasies aiguës des membranes muqueuses sont plus généralement rhumatoïdes ou catarrhales, c'est-à-dire que l'irritation y est passagère, peu tenace, superficielle; tandis que, dans les parenchymes, l'inflammation est plus opiniâtre, plus profonde. Cela tient sans doute à ce que la facilité des sécrétions irritantes sur ces membranes amène un dégorgement immédiat du tissu, et que, dans les parenchymes, les sécrétions retenues deviennent elles-mêmes cause d'une nouvelle irritation. Quoi qu'il en soit de l'explication, l'expérience démontre que la transposition s'exerce facilement des membranes muqueuses sur la peau ou sur une autre membrane muqueuse. Ainsi, l'angine catarrhale aiguë cède souvent, avec une rapidité extraordinaire, à un vomitif, à un purgatif, à un simple sinapisme : il en est de même de certaines bronchites, des coryzas, des gastrites, des entérites, des colites : c'est que, dans ce cas, l'irritation de la membrane muqueuse était probablement de nature rhumatismale. Ur résultat aussi avantageux ne s'observe pas pour les pblegmasies même légères des parenchymes. La transposition n'est pas facile dans les affections parenchymateuses, si ce n'est lorsque l'irritation n'a pas provoqué plus que de la congestion, ou bien lorsque les symptômes aigus sont déjà dissipés.
Relativement à l'âge de la maladie. — Toutes les phlegmasies n'ont pas, comme l'inflammation varioleuse de la peau, une tendance invincible à la suppuration. Il en est qui peuvent être enrayées sans une extrême difficulté, et qui n'ont pas une marche nécessaire. Aussi, nous ne doutons pas que, dans beaucoup de circonstances, des pleurésies ne commencent et n'avortent tout à fait à l'insu du médecin ; qu'il en soit de même pour la pneumonie, pour le phlegmon des amygdales. Dans ce cas, il ne s'est encore développé qu'une simple congestion sous l'influence ou d'une irritation topique ou d'un état général. 11 n'y a pas encore de lésion locale telle qu'il en résulte un grand trouble sympathique : une diarrhée légère