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peau qui avoisinc le lieu malade que les irritants transpositeurs seront mis en contact. lien est de même pour la médication spoliative, à moins pourtant que l'on ne veuille en môme temps rappeler la fluxion vers un point qui préalablement était le siège d'un travail morbide à la disparition duquel il était rationnel d'attribuer la maladie nouvelle. Ainsi, quand la guérison d'un ulcère aux jambes aura été suivie d'une phlegmasie chronique des organes tboraciques, au lieu d'appliquer un cautère ou un selon sur les parois de la poitrine, il sera mieux de mettre un fonticule à la jambe jadis malade, ou de faire suppurer l'ancienne plaie à l'aide d'un vésicatoire à demeure.
Le siège de la révulsion est surtout important à déterminer quand on veut amener l'atrophie d'un organe, ou du moins arrêter le surcroît île nutrition qui va bientôt devenir l'occasion d'un trouble fonctionnel. Ainsi, quand l'iode est inefficace pour amener la guérison du goitre bypertrophique, l'application d'un cautère sur la peau qui recouvre la tumeur est le moyen peut-être le plus utile, comme aussi dans les hypertrophies simples du cœur il est utile d'entretenir de larges points de suppuration sur la peau de la région précordiale.
Nous voulons ajouter encore un mot. Tous ces faits cités plus haut, dont la tradition médicale a vérifié l'exactitude, trouvent-ils dans la physiologie moderne leur explication? Faut-il admettre, par exemple, que l'existence, si bien démontrée aujourd'hui, des actions réflexes puisse en rendre un compte suffisant? 11 est certain, en effet, que des substances qui n'altèrent pas grossièrement les tissus sur lesquels on les applique peuvent, par une action réflexe, aller déterminer sur les organes profonds des modifications importantes et peut-être même durables; mais il en est tout autrement de la révulsion.
Dans la révulsion on détermine, au contraire, sur place une lésion plus ou moins permanente, et non pas une action passagère comme pour obtenir une action réflexe; en outre, pour que l'action réflexe soit active, il faut que la moelle soit séparée du cerveau, etc., etc. Nous ne nions pas pourtant que, dans la révulsion, les actes réflexes soient mis en jeu : ce que nous nions, c'est que ce soit par une action réflexe pure et simple qu'agisse la révulsion.
Nous croyons, au contraire, que la théorie de la révulsion est tout entière dans l'application à la biologie de cette grande découverte de l'unité des forces physiques et des transformations équivalentes de ses différentes modalités, découverte dont la connaissance de l'équivalent mécanique de la chaleur n'est qu'un fragment.
L'homme n'a que deux sources pour puiser les forces qui lui sont nécessaires : l'alimentation et la respiration; la dépense se fait en travail musculaire, en sécrétion, en travail intellectuel, etc., etc. La différence de ces deux termes de l'équation représente l'accroissement et les excrétions. Or, dans le total des forces dépensées, chacun des modes de dépense varie suivant le genre de vie de chacun; l'un dépense davantage
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en travail intellectuel, l'autre en travail mécanique, la nourrice en sécrétion lactée, etc.
Il en est bien vraisemblablement de même dans la pathologie. Une affection étant donnée, tel élément delà maladie pourra prendre plus d'importance qu'un autre, et le travail morbide pourra, à un moment donné, subir une transformation totale en un autre travail équivalent. Nous croyons que c'est là la véritable formule scientifique de la crise de la métastase, et, en particulier delà révulsion. Si bien qu'on pourrait peutêtre dire que la révulsion ou la dérivation consiste à établir, sur un organe d'une importance moindre, un travail artificiel sans danger pour l'organisme, destiné à remplacer le travail morbide, c'est-à-dire à lui être équivalent.
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Il y a spoliation, dans le sens thérapeutique, toutes les fois qu'on enlève au sang un ou plusieurs de ses éléments en proportion plus considérable que dans le mouvement normal de composition et de décomposition organiques.
Les sécrétions anomales ne sont, en effet, que l'exagération des sécrétions régulières de l'économie , et la médication spoliative ne s'exerce que parles sécrétions. Il y a sans doute dans la sécrétion purulente autre chose qu'une sécrétion normale exagérée; mais, en définitive, ce sont toujours un ou plusieurs éléments du sang qui sont sécrétés.
Le ptyalisme, la diarrhée, les vomissements bilieux ou muqueux, les catarrhes divers, la diaphorèse, la diurèse, sont des moyens de spoliation. Plus tard, il sera question des évacuants, c'est-à-dire des agents qui augmentent la sécrétion de la membrane muqueuse du tube digestif et de ses annexes; de la médication antiphlogistique dans laquelle la spoliation par l'évacuation immédiate des vaisseaux joue le principal rôle; des diurétiques, des sudorifiques, etc., etc. Nous ne nous occuperons ici que d'une section de la médication spoliative, celle qui s'exerce par le moyen de la suppuration.
Les analyses chimiques ont démontré, dans le pus, du sérum, de l'albumine et de la fibrine, ces trois éléments dans un état de combinaison nouvelle ; il en résulte que la suppuration entraîne nécessairement hors de l'économie tous les principes du sang, à l'exception d'un seul, le cruor.
Nous ferons un instant abstraction de l'irritation locale et sympathique qui accompagne nécessairement une suppuration quelconque, pour n'étudier d'abord que le fait isolé de la spoliation.
Si tous les jours, si à chaque instant, la plupart des éléments du sang sont employés sans profit pour la nutrition, il arrivera nécessairement que la dépense ne sera plus en proportion de la réparation alimentaire, et que les organes tendront à s'atrophier. C'est aussi ce qui arrive à la suite
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de toutes les suppurations abondantes; le marasme en est la conséquence nécessaire. Ceteilet doit se produire et se produit toujours par suite de la diminution du sang dans les canaux vasculaires. Les expériences physiologiques ont démontré que la saignée, par exemple, favorisait singiblièrement l'absorption ; or, la saignée partielle et continue, comme l'est la suppuration, produit le même résultat, mais lentement et inscnsiblement.
Or, la résolution dans les phlegmasies n'est, en définitive, que la résorption interstitielle dans un organe en particulier, comme l'amaigrissement est la résorption interstitielle dans tous les tissus de l'économie.
Il se passe, sous le rapport des sécrétions dans un tissu enflammé, quelques phénomènes intimes sur lesquels nous glisserons rapidement, mais qu'il est néanmoins essentiel de rappeler ici.
Dans le premier stade de l'inflammation, un appel actif de liquide se fait vers la partie. Ensuite du gonflement vasculaire, la sécrétion interstitielle, augmente et acquiert, dans certains organes, une abondance extraordinaire. Cette abondance n'est nulle part aussi considérable que dans les grandes et les petites cavités cellulaires, telles que les cavités séreuses et le tissu cellulaire proprement dit. Dans les parenchymes jusqu'à un certain point analogues au tissu cellulaire, le poumon par exemple, la sécrétion morbide interstitielle est presque aussi grande que dans le tissu cellulaire proprement dit.
Tant que la cause de la fluxion inflammatoire, c'est-à-dire l'irritation, persiste, la fluxion elle-même est toujours en proportion supérieure à l'absorption, et l'intumescence va croissant; mais quand l'irritation cesse et que l'harmonie générale des fonctions se rétablit, la résorption se fait avec d'autant plus de rapidité que les fluides épanchés se trouvent dans des cavités plus nombreuses, plus vasculaires, et qu'ils ont été sécrétés en plus grande abondance. Il est, en effet, très-remarquable que lorsque la faim se fait sentir chez les convalescents (la faim, qui est l'indice le plus certain de l'activité des résorptions interstitielles), l'absorption s'effectue avec un surcroît d'intensité dans les tissus qui viennent d'être le siège d'une phlegmasie.
Au premier abord, on comprend mal pourquoi, dans le poumon qui a été récemment atteint d'inflammation, la résorption interstitielle se fait avec une activité prodigieuse, tandis qu'elle est nulle ou presque nulle dans les parenchymes sains, tels que les muscles, le foie, la rate, les reins, etc., etc. C'est que le sang, une fois converti en trame ou en parenchyme, vit d'une vie plus énergique, plus complète, plus individuelle, et .acquiert, comme les organes vivants, la propriété d'être réfractaire à l'action absorbante des vaisseaux ; tandis que les sucs épanchés dans les cellules parenchymateuses ne jouissent encore que d'une organisation incomplète, et n'ont de vie que celle des molécules organiques; elles ont l'aptitude à devenir élément de tissus, mais n'ont jusque-là aucune existence individuelle. Aussi sont-ils atteints d'abord par l'action des
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forces digestivcs interstitielles, comme le sont, par exemple, les matières alimentaires contenues dans le canal intestinal.
Une suppuration constante dans un point du corps, en amenant une déplétion incessante du système sanguin, affame donc sans cesse les organes d'absorption (s'il nous est permis de nous servir d'une pareille expression), et, par conséquent, favorise la résolution des produits inflammatoires épanchés.
Toutes les fois donc que, dans un point du corps, il existe une phlegmasie chronique , et que l'irritation ayant presque totalement ou totalement cessé, les produits morbides restent épanchés ou dans les cavités séreuses ou dans la trame des parenchymes, ou bien encore que, comme pour les membranes extérieures, telles que les muqueuses, la peau, les produits sont versés au dehors, il est du devoir du médecin d'établir un point de suppuration, s'il n'a pu obtenir la guérison par les moyens ordinaires.
La spoliation par les exutoires, si continue qu'elle soit, n'est pourtant pas tellement active qu'elle puisse contre-balancer la restitution faite par une alimentation succulente et capable de fournir et an delà aux besoins de réparation des organes. Il s'ensuit que, tant que dure la Médication spoliative, le malade doit être mis à un régime tel que la réparation reste un peu en deçà des besoins, afin que l'absorption ne perde rien de son activité. Il ne s'ensuit pas qu'il faille toujours tenir à la diète le malade qui porte un exutoire ; telle n'est pas notre idée. La diète, ou du moins un régime un peu sévère, est nécessaire tant qu'il reste des produits morbides à résorber; mais, ce résultat obtenu, on peut se relâcher de la sévérité du régime, l'exutoire n'ayant plus besoin d'agir par spoliation, mais par d'autres propriétés sur lesquelles nous reviendrons plus loin.
Il est une question bien grave en médecine, qui pendant des siècles a été considérée comme résolue, et qui aujourd'hui est à peine discutée par les pathologistes : c'est celle de la spoliation de certaines humeurs dégénérées à l'aide des exutoires. Du temps où l'idée des humeurs dominait la pathologie, on croyait fermement que l'exutoire n'agissait qu'en enlevant au sang les matières peccantes, que par une action dépurative. Une pareille opinion avait pour elle de frapper par un fait matériel ; et le vulgaire, et les médecins, qui souvent ne devraient point être séparés du vulgaire, croyaient d'autant mieux à la dépuration qu'ils la constataient en quelque sorte par les sens. Et aujourd'hui que, depuis plus de soixante ans, les doctrines solidistes ont à leur tour dominé l'art médical, c'est tout au plus si les médecins osent heurter une opinion populaire si profondément enracinée et encore si vivace.
Certes, personne ne nous soupçonnera de vouloir réveiller d'absurdes idées humorales et de vouloir remettre en question si, en effet, le pus que rend un séton existait préalablement à l'application de la mèche; mais il y a pourtant quelque chose de vrai dans cette prétendue dépuration, et nous dirons en quoi.
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Pour nous bien faire comprendre, nous rappellerons un fait qui certainement s'est présenté mille fois à l'observation des praticiens, et sur lequel M. Bretonneau aie premier appelé l'attention des pathologistes. Ce
fait, le voici : Un homme peut impunément, pendant longues années, se faire de légères blessures, et même des plaies fort profondes, sans que jamaisi] se manifeste chez lui de suppuration; tout se réunit par première intention avec une grande facilité. Il a ce que dans les campagnes on appelle une peau saine. Que, par hasard, il se fasse une plaie de telle nature que la suppuration en soit la conséquence nécessaire, désormais, et peut-être pendant une longue suite d'années, ce même homme suppurera à la moindre occasion et aura ce que dans les campagnes on appelle une peau venimeuse, c'est-à-dire une peau dont les blessures, même légères, s'enveniment avec une extrême facilité. Chez lui, des éruptions furonculaires, des anthrax, des phlegmasies de mauvais caractère, s'observeront souvent, et les inflammations franches, même celles des organes internes, passeront plus facilement à la suppuration que chez les autres malades.
On remarque aussi que chez les malades qui portent un cautère ou un séton, les accidents que nous venons de signaler ne s'observent pas tant que la suppuration est entretenue, mais qu'ils surviennent, au contraire, au moment où l'on cesse de solliciter l'écoulement du pus, pour disparaître de nouveau quand on rétablit Fexutoire.
L'observation démontre encore que, chez les gens qui ont cette disposition suppurative, les cautères et les sétons donnent une suppuration beaucoup plus abondante que chez le commun des malades.
Est-il alors si ridicule d'admettre que le sang contient, sinon du pus, du moins des éléments qui se convertiront en pus avec une facilité déplorable; que l'irritation développée par le pois de cautère ou parla mèche du séton, en appelant vers un point la fluxion inflammatoire, sollicite vers le point irrité les molécules du sang qui ont la tendance à se convertir en pus, et épuise, qu'il nous soit permis de le dire, ce levain purulent qui circule dans l'économie ? Sous ce point de vue donc, un exutoire est un véritable moyen de dépuration dans le sens où l'entendaient les médecins humoristes des temps passés.
Laissons de côté l'explication ; arrivons au résultat pratique. Si, à l'aide d'un exutoire activement entretenu, on fait cesser la disposition à suppurer que nous avons indiquée plus haut, par ce moyen même on éloignera les chances de toutes ces maladies de mauvais caractère, de ces suppurations des parenchymes si funestes et si faciles dans la disposition organique dont il est ici question. Ce sera donc moins comme moyen curatif que commî remède prophylactique que, dans ce cas, les exutoires seront conseillés.
Et, d'un autre côté, si la suppression d'un cautère, d'un vésicatoire ou d'un séton devient cause d'une disposition générale à la suppuration, il faudra prononcer cette suppression moins légèrement qu'on ne le fait