FAMILLE DES CUCURBITACÉES
vingt-quatre heures dans l'alcool j on ajoute le vin, et, après huit jours île macération, un passe avec expression ctl'on filtre.
Cliaque 30 grammes de vin contient la substance de 87 centigrammes de Coloquinte.
On prépare aussi avec la Coloquinte une pommade purgative avec 4 grammes de Coloquinte pour 32 grammes d'axonge.
ÉLATÊRTUM.
L'Elalerium est un sue que l'on extrait, du Momordica elaterium, L. (concombre sauvage, concombre d'Ane), plante cucurbitacéc du .Midi de la France. I le finit est gros comme la moitié du pouce, de forme olivaire, et garni de piquants; il est vert d'abord, mais jaunit en mûrissant. Le suc qu'on en extrait est d'un vert noirâtre ou d'un blanc grisâtre, sec. friable, d'une saveur très-amère.
Suivant MM. Braeonnot et Paris, le suc d'Elatérium contient une substance particulière à laquelle ils ont donné le nom A'élatine. Déjà avant ces deux chimistes, M. Morrus l'avait décrite sous le nom d'élalérine. Elle est blanche, amère et styptique, insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et l'éther, fusible un peu audessous de 100°.
Pr.
Exhait d' Elaterium.
Fruits mûrs d'Elatérium.
Écrasez les fruits, enlevez les semences, pilez la chair, et exprimez le suc ; faites-
le clarifier à chaud, '-1 évaporez en consistance d'extrait.
Pendant l'évaporation il se dégage des vapeurs extrêmement irritantes, dont il faut savoir se mettre à l'abri.
La liryone, Bryonia dioica, Jacq., Uryonia allm vulgairement routeiirrei", liryane blanche, navet du diable), appartient, aussi à la famille des (lucurbitacées, monoécie polyadelphie de Linné.
Caractères généiques. — Fleurs mâles :
Calice .à cinq dents, corolle à cinq divisions, cinq élimines, dont une seule libre, les quatre autres réunies deux à deux par les filets et les anthères. Fleurs feimlles : Calice et corolle semblables, style trifide, baie lisse, globuleuse, polysperme.
Caractères spécifiques . Feuilles palmées, calleuses et rudes des deux côtés.
Cette plante, originaire du nord de l'Europe, croit le long des haies; sa racine seule est employée à l'état frais ; elle est de la grosseur du bras, quelquefois plus grosse, d'un blanc jaunâtre, d'une odeur nauséeuse, d'une saveur acre et caustique ; sèche, elle est d'un blanc grisâtre a l'intérieur; coupée en rouelles, elle offre des stries concentriques très-marquées.
Analyse. D'après M. Dulong, cette racine contient : résine, fécule, gomme, principe très-amer (bryonine), quelques sels.
La racine de Bryone est employée dans li -s mêmes circonstances que la Coloquinte et l'Elatérium; elle possède des propriétés put gatives énergiques.
La pulpe récente de celte racine est aussi quelquefois usitée comme rubéfiante à l'extérieur.
EFFETS TOXIQl'ES DE LA COLOQUINTE.
Les propriétés actives de la Coloquinte étaient connues de toute antiquité ; on savait qu'à haute dose cette substance produisait des superpurgalions souvent dangereuses, et qu'elle pouvait même causer la mort; on savait aussi que, donnée en faible quantité, elle devenait un purgatif assez sûr.
Les expériences tentées par Orfila sur les animaux vivants ont prouvé que la Coloquinte causait des purgations violentes, et amenait souvent une sécrétion ensanglantée à la surface de l'intestin; mais comme Orfila liait en même temps l'œsophage des chiens sur lesquels il expérimentait, on ne peut rien conclure de positif de ses travaux à cet égard, car il devient impossible d'apprécier dans cette circonstance la part que l'opération a dans la mort des animaux. Toujours est-il que, lorsqu'on donne à un chien d'énormes doses de poudre de Coloquinte sans lier l'oesophage,
l'animal n'éprouve que des vomissements et de la diarrhée, et se rétablit promptement.
Chez l'homme, il en est de même : la substance ingérée est en grande partie vomie, et elle produit d'autant moins d'accidents que l'estomac en a moins retenu. Mais, si la préparation de Coloquinte n'est pas vomie, elle provoque de violentes coliques, desselles très-fréquentes, des déjections sanguinolentes, du ténesme, et la plupart des accidents nerveux qui accompagnent le choléra nostras. Nous ne connaissons que deux cas de mort causée par de hautes doses de Coloquinte ; l'un est rapporté par Orflla (Toxicol., t. I, p. 696), l'autre par Christison, dans son Traité des Poisons, p. 524.
Les faits indiqués par Fordyce {Fragmenta chirurg. et méd., p. 66), celui que cite Tulpius {Obs., lib. IV, cap. xxvi, p. 218), l'histoire rapportée par Christison, et les observations recueillies par Caron, d'Annecy, et rapportées par Orlila, démontrent que si d'énormes doses de Coloquinte peuvent donner lieu à des accidents mortels, le plus souvent elles ne déterminent que des vomissements douloureux et d'abondantes purgations.
Tant que l'on suppose que la matière toxique est encore contenue dans e canal alimentaire, on devra donner aux malades des boissons aqueuses fort abondantes et des lavements réitérés ; plus tard, des bains généraux prolongés, les applications émollientes, les boissons féculentes, et surtout les préparations d'opium suffisent pour dissiper promptement les douleurs et l'inflammation locale.