GOMME-GUTTE
La Gomme-Gulle est un suc concret (gomme-résine;, que l'on a attribué pendant longtemps au Cambugia-Gulta de Linné {Garcinia morella, DC), arbre de la famille des Guttifères. Il parait aujourd'hui constant, d'après la plupart des naturalistes, que la vraie Gomme-Gulte découle du Gullœfera liera, Kœnig (Stalagmitis Cambogioides, Murr.), arbre qui croit dans l'île de Ceylan et dans la presqu'île de Camboge.
On obtient ce suc soit spontanément par rupture des feuilles ou des rameaux, soit par l'incision de l'écorce.
La Gomme-Gutte est en masses cylindriques brun jaunâtre 1 l'extérieur, jaune rougeàtre à l'intérieur. Elle est friable, à cassure brillante, opaque, inodore, d'une saveur faible d'abord, puis acre à la gorge, soluble dans l'eau, à laquelle elle communique une belle couleur jaune d'or.
On trouve dans le commerce une seconde espèce de Gomme-Gutte qui est en masses ou en gâteaux. Elle est inférieure à la précédente et de qualité très-variable.
La solution aqueuse de Gomme-Gutte sert pour la peinture à l'aquarelle.
LaGomme-Gutte renferme de la résine, de l'arabine, de la fécule, du ligneux, de l'humidité (Ghristison).
Poudre de Gomme-Gutte.
On l'obtient par trituration. Cette poudre s'administre le plus souvent en pihdes de 5 à 10 centigrammes.
Teinture alcoolique de Gomme-Gulte.
Pr. : Gomme-Gutte 1 part.
Alcool à 80° (31 Cart.). . . 5
Faites macérer pendant quelques jours et filtrez.
On prépare aussi un savon de Gomme- Gulle qui a une action plus douce que-la Gomme-Gutte isolée.
Cette Gomme-résine entre dans la composition des pilules hydragogues de Bontius, des pilules écossaises, etc.
Mise en contact avec la surface d'une plaie, la Gomme-Gutte détermine une inQammation locale assez vive, due peut-être plutôt à l'irritation mécanique de la poudre qu'à son action stimulante. Ce qui nous le fait croire, c'est que nous avons vu bien souvent M. Bretonneau (de Tours) mettre dans l'œil des chiens de la Gomme-Gutte en poudre sans qu'il en résultât autre chose qu'un peu de douleur locale très-passagère. Aussi hésitons-nous à considérer la Gomme-Gutte comme un poison irritant, et pensons-nous qu'elle n'agit qu'indirectement sur la membrane muqueuse digestive.
Quoi qu'il en soit, la Gomme-Gutte, à la dose de 25 à 30 centigrammes, donne lieu ordinairement à de vives coliques, suivies de garde-robes séreuses abondantes. Elle est donc, ajuste titre, rangée parmi les purgatifs drastiques les plus énergiques.
Rarement on la donne seule; — on l'associe ordinairement au calomel, à Faloès, ou à d'autres substances également purgatives.
L'extrême énergie de la Gomme-Gutte l'a fait conseiller dans les circonstances où il était indiqué d'obtenir des évacuations séreuses très- 8e éd. — t. i. 57
abondantes; ainsi dans l'hydropisie. C'est pour cela que la Gomme-Gutle était regardée comme un des plus puissants hydragogues. Avec la Gomme-Gutte donnée en émulsion plusieurs jours de suite, à la dose de 23 centigrammes à 1 gramme par jour, on obtient quelquefois très-rapidement la résorption des diverses suffusions séreuses, symptomatiques de la maladie de Bright.
Les propriétés drastiques de la Gomme-Gutte l'ont fait conseiller pour une multitude d'affections chroniques dans lesquelles il est souvent utile de provoquer une vive dérivation vers la membrane muqueuse digestive : tels sont la paralysie, l'asthme, le catarrhe pulmonaire.
Enfin, on là considère comme un vermifuge assez actif. Le remède si célèbre de Mme Nouffer contre le ténia n'est autre chose qu'une combinaison de vermifuges et de purgatifs. On donne d'abord au malade 8 à 12 grammes de racine de fougère mâle en poudre ; et quand on suppose que le ver commence à être stupéfié par la fougère, on administre un bul purgatif dans lequel la Gomme-Gutte joue le rôle le plus important.